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Journée internationale des assistants de langues (JIAL)

23 November 2023 at 05:36

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Organisée par France Éducation International, la première édition de la Journée Internationale des Assistants de Langues aura lieu le jeudi 7 décembre 2023.

Cette journée a pour objectif de faire connaître le programme d’échanges d’assistants de langues, de le rendre plus attractif et de fédérer une communauté d’alumni. Elle aura lieu ensuite chaque premier jeudi du mois de décembre.
Des actions, des ateliers de découverte interculturelle, peuvent être organisés en établissements (impliquant élèves, familles, personnel éducatif).

Plus d’informations : cliquez ici

 

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Redoublement, groupes de niveaux : des annonces pour le 5 décembre

23 November 2023 at 05:29

Une image contenant microphone, Visage humain, habits, personne Description générée automatiquement C’est du salon des maires que Gabriel Attal a fait sa dernière annonce : l’annonce d’une série d’annonces le 5 décembre prochain pour « élever le niveau ». Et pour un plan si ambitieux, il promet de lever le « tabou du redoublement » et de créer des groupes de niveaux en mathématiques et en français. Des promesses très loin des préconisations scientifiques en la matière.

Le choix de la date est loin d’être anodin. En effet, c’est le 5 décembre que l’OCDE dévoilera les résultat de l’enquête PISA. Des résultats qui confirmeront, sans nul doute, la place de mauvaise élève de la France qui est un des pays qui réussit le moins à atténuer l’impact du milieu socio-économique sur les résultats scolaires.

Et quant à la formation des professeurs, cela attendra janvier a expliqué le ministre.

 

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Vaux-le-Vicomte attend les familles pendant les vacances

23 November 2023 at 05:25

À travers une programmation festive et familiale, Vaux-le-Vicomte propose aux visiteurs de devenir le temps d’une journée, les hôtes de Nicolas Fouquet. Tous les salons sont mis en scène, et des animations sont particulièrement réservées aux jeunes visiteurs, des automates exceptionnels émerveilleront petits et grands.

 

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Description générée automatiquement Le spectacle, Il était une fois…ou quand l’imaginaire prend vie…attend les familles pour leur faire découvrir une nouvelle version des contes de Perrault où les personnages veulent prendre leur destin en main et tenter de changer le cours des contes.

Dans les jardins, une chasse aux trésors est destinée aux enfants à partir de 3 ans, et sur la façade du château une projection monumentale, Le roi arrive demain !, invite à vivre une journée fiévreuse à l’époque de Nicolas Fouquet.

Toute l’année, les professeurs peuvent organiser des visites libres ou opter pour des visites guidées thématiques et des ateliers adaptés aux niveaux des élèves, de la maternelle au lycée, et aux programmes scolaires d’histoire, de français et d’arts plastiques. Un parcours sonore immersif invite aussi les jeunes, à partir de 6 ans, équipés d’un casque et d’un narrateur, à un voyage sonore en trois dimensions pour découvrir l’histoire du Grand siècle et l’histoire du château. Toutes les scènes ont été tournées dans les pièces mêmes où se déroule l’histoire que l’on écoute, et grâce à des balises situées sur le parcours de visite, les scènes se déclenchent automatiquement. Toutes les activités se réservent impérativement : nathalie@vaux-le-vicomte.fr Il est possible de venir en visite de repérage, avant la sortie scolaire prévue. Un dossier pédagogique de 80 pages est à la disposition des enseignants du primaire et du secondaire.

 

Béatrice Flammang

Le château de Vaux-le-Vicomte

Le dossier pédagogique

 

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Agnès Florin : Une approche globale pour le bien-être à l’Ecole

23 November 2023 at 05:25

On n’améliorera pas le bien être à l’Ecole sans toucher à ses fondamentaux. C’est une des conclusions de la deuxième journée de la conférence de comparaisons internationales organisée par le Cnesco le 22 novembre. Agnès Florin, présidente du Cnesco revient sur cette journée qui a mis en avant les changements opérés dans plusieurs pays pour améliorer le bien être. Malgré l’annonce de cours d’empathie, la France semble encore bien éloignée d’une évolution qui nécessiterait un engagement réel de tous les acteurs de l’Ecole.

 

La première journée de la conférence de comparaisons internationales du Cnesco sur le bien être à l’Ecole avait posé la question des indicateurs et du niveau des programmes. La seconde journée apporte une réponse :pour changer l’Ecole, il faut un réel changement systémique qui demande du temps, de l’argent et de la volonté. C’est ce que montrent les exemples présentés le 22 novembre. Margaret Barry (université de Galway) montre comment la promotion du bien être psychologique dans les écoles irlandaises a nécessité une approche globale déclinée au niveau des établissements mais aussi de chaque classe. Cela nécessite l’engagement des enseignants mais aussi des parents. Bong Joo Lee présente l’exemple sud coréen. Dans ce pays, en tête du classement Pisa, l’obsession pour la compétition scolaire se fait aux dépens du temps de jeu et des relations familiales. Le pays se retrouve champion du mal être scolaire. Au point que le gouvernement réussit à casser depuis 2016 la compétition scolaire, imposant des semestres sans examen où les élèves mènent leurs projets. En Italie, Annalaura Nocentini retrace l’émergence d’un programme de lutte contre le harcèlement, testé en Toscane puis généralisé après une dizaine d’années de tests et d’aller retours entre chercheurs et praticiens. Ce programme repose sur des élèves référents qui forment, sous controle des enseignants, leurs camarades. France Gravelle présente une enquête unique sur le bien être des personnels de direction en France et au Québec. L’épuisement professionnel de ces personnels tient à la charge de travail mais aussi à l’absence de soutien de la hiérarchie, au sentiment d’être “entre l’arbre et l’écorce” pour imposer des réformes précipitées. Ces exemples montrent à la fois qu’il est possible de faire avancer la cause du bien être à l’Ecole. Mais que cela nécessite des changements systémiques profonds.

 

Agnès Florin, connait-on des pays sui ont amélioré le bien-être à l’Ecole ?

Oui on en a plusieurs. On a vu lors de la seconde journée de la conférence l’exemple de l’Italie, de l’Irlande ou encore l’école dehors au Danemark. Ce sont des pays qui initient des politiques ambitieuses.

 

Comment font-ils ?

Ce qui apparait c’est une conception plus globale qui traverse les pratiques quotidiennes dans l’accueil des enfants et des familles et dans les gestes quotidiens de la classe. On a des méta analyses qui montrent les effets positifs du développement des compétences psychosociales sur le sentiment de bien-être et la réduction des problèmes de comportement. L’impact sur les résultats scolaires n’est pas encore attesté car c’est un effet indirect. Mais ce développement améliore le sentiment de capacité des élèves et contribue à leur satisfaction en ce qui concerne leur vie en classe. Cela renforce l’estime de soi.

Tout cela renforce l’idée d’une approche globale du bien être à l’Ecole. On sait qu’il y a un lien entre le bien-être des élèves et celui des enseignants avec des répercussions sur leur vie personnelle.

 

En 2017, le CREN et le Cnesco ont tenu une première conférence sur ce sujet. Quelles évolutions voyez-vous ?

En 2017 on avait élaboré des ressources et un rapport national avec des notes d’experts. Ce qui a évolué c’est que la thématique du bien-être est rentrée dans les textes officiels. Il est admis que l’éducation doit contribuer à la réalisation de soi et l’épanouissement de la personne. Cela apparait dans la note de rentrée par exemple. On se préoccupe du management, de l’aménagement des cours de récréation et des locaux scolaires. On voit se développer la classe dehors.

 

La France est-elle bien placée pour améliorer le bien-être à l’Ecole ?

Nous avons des semaines de 4 jours dans le 1er degré avec des journées trop longues et aussi des effectifs particulièrement lourds. Je vois aussi la différence avec l’Italie pour l’école inclusive : en Italie depuis les années 1970 on a des enseignants spécialisés dans les écoles plutôt que quelques heures d’AESH. Je suis aussi sensible à la situation des enfants face à l’évaluation. Dans l’école française il y a une grande peur des évaluations. On reste centré sur les fondamentaux comme si le reste n’avait pas de valeur pour les enfants. On devrait pouvoir apprendre à l’école les compétences pour la vie enseignées dans d’autres pays : comprendre son fonctionnement psychologique, sa manière d’apprendre, prendre soin de sa santé, prendre la parole…

 

G Attal annonce des cours d’empathie à la prochaine rentrée. Votre conférence montre l’importance des compétences psycho sociales. Qui pourrait faire ces cours ?

On considère qu’il ne faut pas ces cours mais insérer un travail sur l’empathie dans tous les cours. Il s’agit d’apprendre à percevoir et comprendre les émotions d’autrui. Cela relève de jeux de découverte qui peuvent se faire dans toutes les disciplines. Et c’est beaucoup plus efficace quand cela fait partie des gestes professionnels des enseignants. Apprendre à reconnaitre ses émotions peut se faire dès le plus jeune âge. Aujourd’hui l’enquête de Santé France montre que 13% des enfants ont probablement un trouble mental, notamment dépressif. On devrait s’en préoccuper. Et c’est à l’Ecole que c’est le plus évident. L’Ecole doit jouer un role important dans la prévention du mal-être.

 

G Attal est venu ouvrir la conférence , ce qui montre un certain engagement. Il a parlé d’une “école du bonheur”. Auriez vous une préconisation prioritaire pour aller dans cette direction ?

Les enseignants ont besoin de reconnaissance y compris salariale. Les propos sur le bonheur ont pu surprendre mais le mot est utilisé par les économistes qui par exemple veulent inclure le bonheur dans le PIB. Etre heureux à l’Ecole renvoie aussi à un programme de l’Unesco, celui des Happy Schools. C’est uen façon de cibler une approche globale. Pour cela il faut bien sur plus qu’un cours d’empathie une heure par semaine. Il faut vraiment une prise de conscience de la question et voir comment dans chaque établissement on peut faciliter le bien être des élèves et des enseignants. Cela suppose d’entendre les points de vue des uns et des autres, d’examiner les aspects locaux, comme la qualité des bâtiments et l’aménagement du temps ou encore la marge de manoeuvre donnée aux élèves pour choisir des activités. On a vu qu’en Corée du Sud un aspect du bien-être est de donner plus de liberté aux jeunes.

 

La conférence proposait aussi de nombreux ateliers. Quand allez vous publier la synthèse des travaux et des préconisations ?

Les vidéos des plénières seront en ligne début décembre. Après on publiera les rapports de cadrage internationaux et nationaux, les notes d’experts. La collation des ateliers se fera dans le premier trimestre 2024. On a aussi tout un travail sur les conférences jumelles. La conférence initie tout une dynamique de formation initiale et continue avec des Inspe et des écoles académiques de formation continue dans une dizaine d’académies. Par exemple aujourd’hui un atelier participatif a eu lieu avec l’EAFC de Dijon et 200 enseignants. En Martinique une conférence jumelle est décalée. C’est la nouveauté de cette conférence de comparaisons internationales.

 

Propos recueillis par François Jarraud

La conférence sur le bien-être à l’Ecole

La première journée de la Conférence

Sa présentation par A. Florin

La conférence de 2017

 

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APLV : journée d’étude

23 November 2023 at 05:23

Une image contenant Police, symbole, Graphique, logo Description générée automatiquement L’association des Professeurs de Langues vivantes vous propose de participer à sa journée d’étude samedi 25 novembre.

Organisée conjointement avec le Snes-FSU, elle traitera de l’enseignement des langues au collège aujourd’hui et demain.

Trois tables rondes porteront sur l : es aspects institutionnels et le collège de demain, les stratégies actionnelles et l’acquisition des savoirs et les dispositifs innovants et les apprentissages informels.

Plus d’informations et inscription ici

 

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Snes-FSU : « Échec et pacte »

23 November 2023 at 05:23

Pacte enseignant Pap Ndiaye, alors ministre de l’Éducation, promettait au moins 30% de professeur·es pacté·es à la rentrée 2023 (plus précisément au mois d’octobre 2023).

Dans un article publié sur son site, le Snes-FSU revient sur cette promesse. Le syndicat affirme que 75 % des professeurs n’ont pas signé le Pacte selon les chiffres du ministère. « La campagne #NonAuPacte lancée par le SNES-FSU au printemps dernier a donc porté ses fruits » écrit le Snes-FSU. « On notera que depuis ces premiers chiffres ministériels, dans les académies, les rectorats ont diffusé des chiffres utilisant une autre unité : l’administration ne parle plus en % de professeurs qui ont signé le Pacte mais en % de briques consommées. Et comme un professeur peut prendre plusieurs briques, les chiffres frémissent…Vous avez dit tour de passe-passe ? ».

Quant au RDC – Remplacement de courte durée – lorsqu’il est mis en place, le Snes-FSU, témoignages à l’appui, montre que bien souvent, l’enjeu pédagogique est loin d’être une priorité. « Le pacte en Dordogne c’est : un professeur de mathématiques remplacé par un professeur d’espagnol… devant des élèves germanistes ». L’article présente un florilège d’exemples plus farfelus les uns que les autres…

Un article à lire ici

 

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À la découverte du lycée professionnel

23 November 2023 at 05:23

Alors que la réforme du lycée professionnel s’installe malgré l’opposition unanime des syndicats de la voie professionnelle, Caroline Renson, professeure de Lettres-Histoire au lycée professionnel (PLP) Condorcet de Montreuil en Seine Saint-Denis, revient sur l’histoire du lycée professionnel, une histoire presque centenaire.

 

Une image contenant personne, mur, intérieur Description générée automatiquement Le lycée professionnel , devenu « la cause nationale » d’ Emmanuel Macron lors de son passage à Saintes en mai 2023 suscite toutes les convoitises des politiques libérales. Sous prétexte de faire correspondre la carte des formations au marché de l’emploi, conception adéquationniste qui n’a jamais convaincu les chercheurs dont François Dubet (lire ici), c’est maintenant Valérie Pécresse qui dans le « choc de décentralisation » qu’elle souhaite pour la région Ile-de France aimerait bien transformer les lycées pro en « établissements publics locaux d’enseignement régional sous pilotage de la région ».

La dénomination est piquante et rappelle de loin, celle des écoles municipales professionnelles à l’époque où l’enseignement professionnel n’était pas encore rattaché au système éducatif national. La genèse des L.P est une histoire presque centenaire qui révèle les combats successifs de Républicains humanistes convaincus qu’apprendre un métier se faisait tant à l’atelier que sur les bancs de l’école.

En France, les première écoles techniques sont fondées au XVIIIe siècle par les communes, les ordres religieux, les compagnons et l’Etat. Mais c’est surtout au XIXème siècle qu’apparaissent réellement les premières structurations d’un enseignement technique, supervisées ou non par l’Etat.

Au début du XIXe siècle, s’il existe bien des grandes écoles de formation pour les ingénieurs (Conservatoire des Arts et métiers, École centrale des arts et manufactures…) ou pour le Commerce (École supérieure de commerce) chargées de former du personnel d’encadrement pour accompagner l’essor industriel, le système de formation de la main-d’œuvre est plutôt disparate. Il se développe selon des initiatives locales soutenues par des entreprises privées ou des collectivités territoriales et particulièrement en fonction des besoins locaux.

La loi Guizot du 28 juin 1833 est significative d’une volonté politique d’accompagner l’enseignement technique (pour le commerce et l’industrie) plus précocement dans le cursus scolaire. Elle prévoit l’ouverture d’une École primaire supérieure (E.P.S.) dans les chefs-lieux de département et les villes de plus de 6 000 habitants. En ce qui concerne les modèles d’éducation à l’apprentissage des métiers proposés au XIXe siècle, la typologie offerte par Stéphane Lembré dans son histoire de l’enseignement technique questionne « l’enjeu des ateliers dans l’apprentissage » selon quatre modèles distincts : « l’atelier dans l’école », instauré par les congrégations religieuses, dispense un enseignement général le matin et un enseignement technique l’après-midi ; « l’école dans l’usine », un enseignement de trois ans articulé à l’enseignement primaire particulièrement apprécié par le patronat ; « l’école par alternance », dans laquelle les enfants sont à l’école le matin puis chez un patron l’après-midi. « l’école d’apprentis» où les enseignements théoriques et pratiques sont dispensés dans les mêmes locaux. Autrement dit, les formations des apprentis questionnent tout autant la place des enseignements théoriques et pratiques, le lieu où ils sont délivrés, que leur légalité définie par les législations sur le travail des enfants. Dès cette première partie du XIXe siècle se dessinent déjà les axes autour desquels l’identité de l’enseignement professionnel va se déployer. Quels modèles de formation vont se développer ? Quelle place pour l’enseignement technique dans le développement du système éducatif français ?

La période des années 1880 à la Première Guerre mondiale se caractérise par le développement d’un réseau d’écoles techniques dans un contexte de mise en place de la République qui va généraliser la scolarisation. La loi du 11 décembre 1880 vise à offrir un cadre législatif unifié pour des écoles à créer ou déjà existantes. Elle permet l’ouverture des Écoles nationales professionnelles ( la première à Vierzon en 1883, Écoles des métiers d’arts Boulle et Estienne ouvertes à Paris en 1886 et 1887…) qui serviront de modèle aux futures Écoles manuelles d’apprentissage ( E.M.A). En 1892 l’enseignement technique est placé sous le seul contrôle du ministère du Commerce, et commence à se développer. Les 12 Écoles primaires supérieures sont alors rebaptisées École pratique de commerce et d’industrie ( EPCI). En 1895, le ministère du Commerce met en place la Direction de l’enseignement technique ( D.E.T), première administration française en charge de la formation. Cependant, les débats autour du contenu et du lieu des formations des ouvriers ne cessent pas. Ils opposent les membres de l’Association française pour le développement de l’enseignement technique (A.F.D.E.T., constituée en 1902 autour du ministère du Commerce) qui prônent le transfert de toutes les formations techniques au ministère du Commerce, aux défenseurs de l’instruction publique (constitués en 1900 autour du ministère de l’Instruction publique par l’Association amicale des fonctionnaires des E.P.S.) qui souhaitent un enseignement professionnel davantage encadré par l’enseignement général en privilégiant des sections professionnelles dans les Écoles primaires supérieures et en renforçant des cours complémentaires. Ainsi à la veille de la Première Guerre mondiale, l’enseignement technique, principalement encadré par le ministère du Commerce dans les E.P.C.I., reste l’objet des attentions républicaines qui souhaitent le voir se développer au sein des Écoles primaires supérieures.

Les rivalités entre l’A.F.D.E.T. et les défenseurs de l’instruction publique à propos de la place et du contenu des formations de l’enseignement technique tendent à prendre fin avec la Loi Astier (nom du président de la Commission parlementaire du commerce et de l’industrie en 1905). votée en juillet 1919, puis le transfert des différentes écoles professionnelles au sous-secrétariat de la D.ET devenue Direction Générale de l’enseignement technique du ministère de l’Instruction publique. Edmond Labbé et Hypollyte Luc en seront les deux directeurs généraux en 1920 et 1933. Ces deux hommes ont d’une certaine manière contribué à forger une identité spécifique aux enseignements professionnels qu’ils voulaient centralisés dans un ministère de l’instruction publique et non limités à de simples formations techniques qui répondaient aux besoins de l’industrie et du commerce. Dans un rapport à l’inspection générale de l’enseignement technique, Edmond Labbé explique dès 1912 que l’enseignement professionnel doit autant former des ouvriers que des électeurs éclairés et des citoyens. En 1926 , cette conception est réaffirmée par Edouard Herriot, alors ministre de l’instruction publique qui affirme dans une circulaire au personnel de l’enseignement technique « Vous n’oublierez pas non plus que vous êtes des éducateurs et qu’en formant des producteurs, vous devez former des citoyens et des hommes ». Former l’homme, le citoyen, le travailleur sera d’ailleurs un axe important du plan Langevin-Wallon d’après-guerre, et une conception qui sera maintenue dans les diverses formes institutionnelles de l’enseignement professionnel. On doit en effet à Hypolite Luc, resté à la direction de l’enseignement technique sous le régime de vichy d’avoir renforcé le pouvoir de la D.E.T et œuvré à l’unification de l’enseignement technique. Ainsi, entre 1941 et 1944, tous les centres de formation professionnelle sont rattachés à la D.E.T , les E.N.P deviennent des lycées techniques, les E.P.C.I sont transformés en collèges techniques et les écoles primaires supérieures évoluent en collèges modernes. À la libération la filière de l’enseignement technique se verra officiellement administrée par le Conseil supérieur de l’enseignement technique, rattaché au Conseil supérieur de l’enseignement public. Les Centres d’apprentissage vont être renforcés et dotés d’Écoles normales nationales d’apprentissage (E.N.N.A.) chargées de former les maîtres d’atelier ainsi que les maîtres d’enseignement général.

La suite de l’histoire de l’enseignement professionnel est plus connue. La réforme Berthoin de 1959 vise à une unification du système éducatif et fixe un système d’orientation distribué en cinq paliers. L’enseignement technique court est alors dispensé dans des Collèges d’enseignement technique (C.E.T) devenus des lycées d’enseignement professionnel (LEP) en 1976. En novembre 1985, la rénovation de la voie professionnelle aboutit à la création du baccalauréat professionnel et transforme les L.E.P. en L.P. (Lycée professionnel) dans le but de leur conférer une « égale dignité » avec les lycées classiques et technologiques.

Depuis 2022, il semble que l’histoire des LP fasse un grand bond en arrière . En juillet , les lycées professionnels ne sont plus exclusivement administrés par l’éducation nationale, et sont placés sous la tutelle de Carole Grandjean, ministre déléguée auprès du ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion et du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, chargée de l’Enseignement et de la Formation professionnels. Voilà donc les LP sortis du giron exclusif de l’Éducation nationale. Plus récemment, en demandant un élargissement des compétences régionales en matière d’éducation, et en voulant transformer les LP en établissements publics locaux d’enseignement régional, la présidente de la région Île-de-France s’apprête à nous faire revenir un siècle en arrière. C’est à dire, au temps des formations professionnelles disparates et durant lequel on se questionnait sur les visées de l’enseignement professionnel à des fins seulement utilitaristes .

 

Caroline Renson

 

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Les accidents du travail en formation par apprentissage

23 November 2023 at 05:23

Christian Sauce, enseignant en lycée professionnel pendant plus de trente ans, se voit comme un « lanceur d’alerte ». Depuis plusieurs années, il sensibilise les enseignants sur ce qui se joue dans l’enseignement professionnel et l’apprentissage. Aujourd’hui, il livre aux lecteurs et lectrices du Café pédagogique son analyse des liens entre apprentissage et accident de travail.

 

Une image contenant personne, Visage humain, habits, plein air Description générée automatiquement Personne n’a pu échapper au bilan quantitatif de l’apprentissage. Il est parfaitement résumé dans un article de Ouest-France (03/03/2023) : “Un million d’apprentis par an. L’objectif fixé au début du premier quinquennat d’Emmanuel Macron paraissait presque irréaliste. La France s’en rapproche pourtant à grands pas : fin décembre 2022, on comptait 980.000 apprentis, un effectif en hausse de 14 % sur un an. C’est plus du double du niveau de 2017.” Certes, des mauvaises langues vous diront que ce bilan chiffré est loin d’être surprenant puisque cette main d’œuvre est quasi gratuite pour les employeurs la première année du contrat, ce qui génère d’ailleurs un certain nombre de dérives ! Mais ne pinaillons pas : la France est très proche du million d’apprentis !

Mais qui parle d’apprentis parle de travailleurs, de salariés et non pas d’élèves en formation en lycées professionnels puis en stages en entreprises pendant un nombre conséquent de semaines. L’apprenti en formation est sous la responsabilité d’un chef d’entreprise, l’élève et stagiaire de lycée professionnel est sous celle de l’Éducation nationale et de ses représentants dans l’établissement où il est affecté. Cela change tout !

L’apprenti recruté se retrouve le plus souvent en entreprises avec les mêmes conditions de travail que les salariés en CDD/CDI de ladite entreprise. Certes, il doit bénéficier légalement d’un maître d’apprentissage mais c’est très loin d’être le cas. En moyenne, 27 % des apprentis n’ont pas de tuteurs dont 38 % en CAP pour des jeunes de 15/18 ans (source : L’étudiant) ! C’est inadmissible, d’autant plus que tous les employeurs perçoivent des aides publiques pour recruter des apprentis. Et malheureusement, ce qui doit arriver arrive : des milliers de jeunes sont victimes d’accidents du travail dont certains extrêmement graves ! Entrons dans le détail grâce aux organismes qui recensent ces accidents !

En ce qui concerne la sinistralité des apprentis hors secteur agricole, c’est L’Assurance Maladie. Pour l’année 2021, elle en recense 15966 : 12094 accidents du travail (AT) et 3872 accidents de trajet (ATT). Ils ont entraîné la perte de 563.883 journées de travail, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas de simples bobos. Pour l’année 2020, année Covid : 12.328 (9;503 AT, 2.825 ATT). Pour 2019 : 13.411 (10.301 AT, 3.110 ATT). Soit 31.898 accidents du travail et 9.807 accidents de trajet en 3 ans ! Le plus grave est qu’ils ont provoqué la mort de 39 apprentis : 10 en entreprises, 29 sur le trajet pour aller au travail !

En ce qui concerne le secteur agricole, c’est la MSA qui recense la sinistralité au travail des apprentis. Nous disposons de statistiques pour la période 2012 – 2016 : 3.180 accidents d’apprentis agricoles (2.800 AT, 380 ATT). Ils ont entraîné la mort de 22 apprentis !

La formation par apprentissage, qualifiée d’excellente et de voie royale par de nombreux adultes, blesse gravement des milliers de nos adolescents et en tue une quinzaine par an. Dans l’indifférence quasi générale. Pire, cela s’aggrave avec l’augmentation constante du nombre d’apprentis :+ 17,5 % d’accidents du travail et + 24,5 % d’accidents de trajet entre 2019 et 2021(hors secteur agricole). Preuve que tout le monde se moque du qualitatif ! L’important est de faire du chiffre. Il est même envisagé d’abaisser à 17 ans l’âge d’obtention du permis de conduire pour pouvoir exploiter encore plus tôt cette main d’œuvre gratuite !

Pour conclure, je m’adresse à tous les personnels de l’Éducation nationale. Certains sont très favorables à l’idée d’ouvrir des sections d’apprentissage (souvent concurrentielles) dans les lycées professionnels. A l’avenir, pensez à ces quelques titres de la presse avant de décider de ce qui est bon pour les enfants des autres : « Dans l’Aude, un apprenti boulanger a eu la main écrasée dans une machine à 5 h du matin » ; « Un apprenti de 18 ans sérieusement blessé dans un atelier de métallerie à Saint-André de Cubzac » ; « Nanterre : un jeune apprenti (15 ans) brûlé dans un accident du travail » ; « Rive-de-Gier : le bras d’un jeune apprenti boucher happé par une broyeuse » ; « Albiac : la main d’un apprenti agricole de 17 ans prise dans un semoir » ; « Isère : un apprenti de 16 ans dans un état grave après une chute de 8 mètres sur un chantier » ; « Biscarrosse : coincé sous un engin de levage, l’apprenti forestier de 20 ans est décédé » ; « Saint-Phal : un apprenti bûcheron de 17 ans est décédé. Une branche de 10 mètres de long lui est tombée sur la tête »; “Cher : un apprenti meurt dans un accident de tracteur.” !

 

Christian Sauce

Pour information : la sinistralité des 630.000 élèves et stagiaires des lycées professionnels et des EREA est très faible. 129 accidents du travail en 2021, 31 accidents de trajet. 0 décès !

 

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Réforme du lycée professionnel : toujours plus d’entreprise et moins de cours

23 November 2023 at 05:20

Mercredi 22 novembre, Carole Grandjean, ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnelle, présentait le parcours de terminale des lycéens de la voie professionnelle. Au programme de la scolarité des élèves du lycée professionnel, des heures de cours en moins et toujours plus d’entreprise.

 

Une image contenant microphone, Visage humain, habits, personne Description générée automatiquement Annoncée par le Président lui-même en mai dernier, la réorganisation du lycée professionnel, « pour faire mieux réussir les élèves » selon la ministre, se poursuit. Une réforme qui poursuit trois objectifs, rappelle-t-elle, « réduire le nombre de décrocheurs, mieux accompagner les jeunes dans l’insertion dans l’emploi et dans les études supérieures pour ceux qui font le choix de la poursuite d’études ». Carole Grandjean a tenu à saluer la qualité de ses échanges avec les organisations syndicales d’éducation qui ont permis de faire évoluer le projet du gouvernement, « le dialogue social, c’est la force du compromis. Nous avons entendu les demandes d’une meilleure d’articulation entre les périodes de stage et de cours, la nécessité de repenser la place du chef-d’œuvre ou encore celle de plus d’EPS ».

 

203 heures de cours en moins

Alors que les élèves de lycée professionnel bénéficient de 2 520 heures de cours aujourd’hui– enseignements professionnels et généraux, un élève qui entrera en seconde professionnelle à la prochaine rentrée aura 203 heures de cours en moins.

En seconde et première, cela se traduit par deux de cours en moins par semaine.

L’année de terminale se composera d’un bloc commun de 30 semaines de septembre à mai avec 22 semaines de cours – « une augmentation des savoirs fondamentaux de 10% ». Une augmentation qui s’effectuera à moyens constants a oublié de préciser la ministre puisque c’est au détriment de l’accompagnement personnalisé, du chef d’œuvre et de la co-intervention.

À ces 22 semaines, s’ajouteront 6 semaines de stage en entreprise – « organisées à l’échelle des établissements dans le respect des filières métiers des jeunes » a déclaré Carole Grandjean. Enfin, deux semaines d’examens clôtureront le bloc commun.

« En terminale, les élèves auront 1 heure et demie de cours en plus par semaine » a tenu à préciser la ministre. Une affirmation qui est loin de refléter la future réalité d’un élève de terminale de lycée professionnel. Si, en effet, il bénéficiera de 31 heures et demie de cours au lieu des trente heures actuelles, ce sera sur 22 semaines et non plus les 26 actuelles. 4 semaines de classes, c’est 120 heures de cours, 1 heure 30 de cours en plus par semaine, représentent 33 heures de cours… Les élèves de lycée professionnels auront donc 87 heures de cours en moins malgré les 1h30 de plus hebdomadaires.

 

Six semaines de cours pour les élèves qui poursuivront des études, mais avec quels moyens ?

La fin de l’année de terminal est constituée du « bloc personnalisé » qui s’appuie sur le projet de l’élève. Ce bloc dure six semaines de fin mai à début juillet. « Les jeunes auront deux possibilités. S’ils ont un projet d’insertion professionnelle, ils effectueront six semaines de stages pour que ce stage devienne en quelque sorte leur premier emploi”. Un premier job rémunéré 100 euros la semaine…” S’ils font le choix de la poursuite d’études, ils auront 6 semaines de préparation aux études supérieures ». « Je souhaite que nous puissions être agiles, nous sommes au service de la réussite des jeunes », a affirmé Carole Grandjan lorsqu’elle a été interrogée sur le risque qu’un élève change d’avis dans son choix de parcours – préparation au supérieur ou à l’entrée sur le marché du travail.

Quant aux épreuves du baccalauréat, elles auront lieu pour la plupart en mai sauf celles de Prévention Santé Environnement et du chef d’œuvre, renommée « oral de projet » qui auront lieu en juin. C’est un recul pour la ministre qui souhaitait que les épreuves soient positionnées en mars.

Si le report des épreuves est une victoire pour les organisations syndicales, c’est une victoire en demi-teinte. « Les épreuves du baccalauréat auront lieu aux alentours du 6 mai. On a gagné un peu plus d’un mois. La mobilisation et l’annonce de la grève l’ont fait reculer », nous a déclaré Sigrid Gérardin, secrétaire générale du Snuep-FSU. « Mais la ministre n’a pas renoncé à son projet de moins d’école et plus d’entreprise. Les élèves perdent 203 heures de cours sur la totalité de leur scolarité en lycée ».

Autre sujet d’inquiétude de la responsable syndicale, le mode de financement des six semaines du bloc personnalisé de poursuite d’études. «  Avec quels moyens ces heures supplémentaires seront-elles financées ? ». Une question à laquelle la ministre n’a d’ailleurs pas répondu lorsqu’elle a été interrogée par un journaliste lors de la conférence de presse. « Cette réforme est en contradiction totale avec les déclarations de Gabriel Attal qui clame vouloir élever le niveau. Les jeunes de la voie professionnelle perdent l’équivalent de sept semaines de cours ». « Nous sommes dans la continuité de Blanquer qui a fait perdre 10 semaines de cours aux lycéens professionnels. Cette réforme poursuit le saccage du lycée professionnel », dénonce Sigrid Gérardin.

 

Lilia Ben Hamouda

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Défi ecosystem : Sensibilisez vos classes de cycles 2 & 3 à la seconde vie des équipements électriques

23 November 2023 at 05:20

Une image contenant habits, intérieur, table, personne

Description générée automatiquement Le Défi ecosystem est un projet pédagogique clé en main, composé de 8 activités à réaliser en classe pour sensibiliser les élèves du CP à la 6e à la réparation, au don et au recyclage des appareils électriques et électroniques et des ampoules.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous inscrivez votre classe sur le site www.ledefi.eco
  2. Nous vous envoyons gratuitement un kit pédagogique : Découvrir le kit
  3. Vous réalisez en classe des activités ludiques et pédagogiques :

Conçues pour s’inscrire dans le programme de l’Education nationale, elles sont modulables et adaptables à votre projet de classe, au temps que vous souhaitez y consacrer… En savoir plus sur les activités

  1. Vous validez les défis réalisés sur le site.

Le projet repose sur une mécanique solidaire avec les ONG Electriciens sans frontières et l’Ecole du Bayon : les activités validées alimentent un compte de défis relevés par l’ensemble des classes inscrites :

1 000 défis validés = 1 projet solidaire financé par ecosystem

Inscriptions sur www.ledefi.eco

 

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Eustory, un concours sur le sport entre la France et l’Allemagne

23 November 2023 at 05:20

Une image contenant texte, capture d’écran, carte de visite, personne Description générée automatiquement À destination des élèves français et allemands de la 4ème à la terminale, la thématique choisie pour l’édition 2023/24 propose de plonger dans le passé sportif commun de nos deux pays et/ou d’explorer l’histoire sportive du pays voisin.

Ce concours est une opportunité de mettre en lumière des moments clés, des figures emblématiques et des événements sportifs qui ont façonné nos sociétés actuelles et notre passé commun.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au lundi 18 mars 2024 sur le site internet d’Eustory 

 

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Le Sénat en passe de changer l’EMC

23 November 2023 at 05:10

Le Sénat examine en séance le 23 novembre la proposition de loi Cabanel “tendant à renforcer la culture citoyenne”. L’objectif est de modifier l’enseignement moral et civique (EMC) pour le limiter à la connaissance des institutions et, si possible, la révérence envers leurs membres. Un projet réactionnaire, entamé par la réforme des programmes de 2018 et qui sera probablement voté.

 

Le retour de l’instruction civique

Le texte présenté en séance ne comprend que 7 articles. Le premier décide que ” l’enseignement moral et civique a pour objet d’amener les élèves à devenir des citoyens responsables et conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Il comporte, à tous les stades de la scolarité, une formation aux valeurs de la République et à la laïcité. Son objectif est de permettre aux futurs citoyens de connaître le fonctionnement des institutions françaises et européennes. Il vise également à leur faire comprendre les enjeux internationaux, sociétaux et environnementaux du monde contemporain.”

Les autres articles visent à faciliter le vote par procuration et surtout à autoriser l’envoi de tracts électoraux par voie électronique aux élections législatives, des conseils départementaux, municipaux et du parlement européen. Un dernier article facilite l’exercice des fonctions d’élu pour les étudiants.

 

Un projet qui vient de loin

Cette proposition de loi résulte du rapport de la Mission d’information du Sénat, pilotée par Stéphane Piednoir (LR) et Henri Cabanel (RDSE) en juin 2022. Quelques mois après un rapport dénonciateur de la Cour des Comptes sur l’EMC, ils demandaient un recadrage de l’EMC. ” “Il faut recentrer l’EMC sur ce qu’elle était au départ, sur le fonctionnement des institutions avec des documents plus valorisants pour ceux qui pratiquent la démocratie au quotidien“, demandaient les deux sénateurs. Plus question de débats sur les défis que doit affronter la société pour former les futurs citoyens. Les deux sénateurs demandaient le retour à un enseignement du fonctionnement des institutions comme au bon vieux temps. Ce retour à l’instruction civique allait dans le sens de la réécriture des programmes d’EMC par JM Blanquer en 2018 et des voeux de S. Ayada, alors présidente du Conseil supérieur des programmes en janvier 2022 : “il est temps de revenir à une instruction civique classique où on n’est pas en lutte contre tous les maux de la société“.

 

Les amendements

Des amendements ont été déposés par le PS pour nuancer le texte en ajoutant à cette “culture citoyenne” “les enjeux du renforcement de la cohésion nationale, de la mixité sociale, de l’égalité femme-homme ainsi que de la lutte contre les préjugés sexistes et homophobes et à celle contre la violence au sein des couples“. Un autre amendement demande au gouvernement un rapport sur l’EMC organisé en lieu et place de l’enseignement religieux obligatoire en Alsace Moselle pour les élèves dispensés. Gageons que ces amendements ont peu de chance de passer avec la majorité de droite du Sénat. La laïcité a des limites…

 

François Jarraud

La proposition de loi

Sa présentation en mars 2023

La mission Piednoir Cabanel

Le rapport de la Cour des Comptes

 

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L’Expresso du 22 novembre 2023

22 November 2023 at 06:55

Après Rennes, Roubaix, Dax, Lyon, Orléans, Nantes, Bordeaux, Paris… le Forum des Enseignantes et Enseignants Innovants revient et fera souffler le vent de la créativité dans les Salons de Blossac à Poitiers du 8 au 9 décembre 2023.   Deux jours de pause pour oublier, un peu, combien les temps sont difficiles pour les profs,…

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Le Forum des Enseignants Innovants, initié par le Café pédagogique en 2008, constitue un événement dans le paysage éducatif français. Ce rendez-vous a pour vocation de mettre en lumière les pratiques pédagogiques novatrices et de favoriser les échanges entre les acteurs de l’éducation.   Depuis ses débuts, le FEI témoigne de l’évolution constante des démarches…

L’Expresso du 22 novembre 2023

- Le fait du jour -

Que faut-il faire pour améliorer le bien-être des enseignants et des élèves dans les écoles et établissements ? Est-ce un problème systémique ou d’établissement ? Le Cnesco réunit les 21 et 22 novembre une conférence de comparaisons internationales, dont le Café pédagogique est partenaire, sur le bien-être à l’Ecole. Si l’objectif semble admis par tout…

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L’AFEF – Association Françaises pour l’Enseignement du Français – lance un appel à résister à la déconstruction de l’école. Pour ce faire, elle propose un premier temps d’échange à tous les acteurs et actrices de l’école le mercredi 13 décembre prochain. Viviane Youx, présidente de l’association explique aux lecteurs et lectrices l’objet de cet appel.…

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Les priorités, le ministre de l’Éducation nationale les multiplie depuis sa nomination à la rue de Grenelle. Claude Lelièvre, historien, revient sur cet enchainement d’annonces.   Cela n’a pas manqué : Gabriel Attatl s’est empressé au premier jour du salon Educ@tech d’ajouter un cinquième élément à sa liste des fondamentaux et à sa longue liste…

Le Cafe pédagogique vous propose de redécouvrir les pépites des précédents Forum des enseignantes et enseignants Innovants. Et si c’était vous pour le FEI12?   Jessica Lamaze a conçu ce projet innovant pour sa classe de CM1 en section internationale Britannique à l’Ecole élémentaire Europe Adriatique de Reims. Son but était de sensibiliser ses élèves…

- Les disciplines -

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Dans ses chroniques, Maitresse C partage le quotidien de sa classe. Aujourd’hui, elle raconte aux lecteurs et lectrices du Café pédagogique son projet de prêt de jeux avant les vacances d’automne.   C’est bientôt les vacances mais c’est pas encore l’hiver. Les frimas du matin sont pourtant là pour nous rappeler que ça vaut la…

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Jean Perbet est professeur des écoles depuis 25 ans, PEMF depuis 12 ans et militant au GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle). Comme tous les enseignants et enseignantes, il a été invité à remplir l’enquête « exigence des savoirs ». Un exercice auquel il s’est plié mais auquel il reproche de ne pas laisser la possibilité de formuler…

- L'élève -

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D’où vient la force d’attraction de la Haute Finance auprès d’une jeune ambitieuse, étudiante brillante et originaire d’une famille modeste ? Pour son deuxième long métrage après « L’Age atomique » en 2012, très remarqué et lauréat entre autres du Prix Jean Vigo, Héléna Klotz, scénariste (ici avec Emily Barnett et Noé Debré) et réalisatrice –à la suite…

- La classe -

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3-8 ans Pour faire un livre il faut… des mots, même si parfois on s’en passe. Et puis, du papier. Deux livres pour parler de mots et de papier. L’un poétique, qui donne envie de le prolonger à l’infini. L’autre, petit documentaire concis et précis pour tout savoir sur ce support pas si banal.  …

- Le système -

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Le FNEC FP-FO appelle à une grève et à une manifestation le jeudi 25 janvier 2024 pour dire « Stop au chaos et à la mise en danger des personnels et des élèves dans les établissements scolaires, non à l’inclusion systématique et forcée, non à l’Acte 2 de l’École inclusive ». Ce que dénonce le syndicat,…

- La classe -

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C’est le nom du nouveau site réalisé par le mouvement du Nid présenté à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant. Une boîte à outil pour prévenir le risque prostitutionnel et qui choisit de s’adresser spécifiquement aux collégiens et collégiennes.   Alors que le risque prostitutionnel se situe désormais à l’âge de 13…

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Les enseignantes et enseignants référents à la scolarisation des élèves en situation de handicap (ERSEH) ont leurs assises nationales. Les ERSEH, qui font le lien entre les familles, l’équipe éducative et l’ensemble des professionnels qui accompagnent l’élève en situation de handicap, contribuent « à la mise en place des moyens nécessaires pour permettre aux élèves en…

- Les disciplines -

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Le Festival d’Angoulême propose aux classes de l’école primaire – pour les élèves de 5 à 10 ans, et aux classes spécialisées quel que soit l’âge des participants de réaliser une bande dessinée dont le thème est libre. Le concours s’adresse aux élèves des établissements scolaires français, en France et à l’étranger, de la grande…

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L’académie de Tours met à disposition des professeur·es des écoles un dossier thématique autour des styles musicaux avec des fiches de présentation des différents styles de musique. Et il y a en a pour tous les gouts : punk, swing, classique, soul, reggae ou encore le hip hop… Il revient aussi sur la place de la…

L'édito

L’École, toujours debout

Aujourd’hui, cela fait trois ans. Trois ans que l’infâme a frappé notre école en plein cœur. Trois ans que le terrorisme a attaqué ce qui fait notre République. Alors que nous pleurons encore Samuel Paty, il y a trois jours, l’infâme a à nouveau frappé. Dominique Bernard est mort, assassiné par un ancien élève. Un…

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Les disciplines

Les derniers Expressos

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Le Film de la semaine : « La Venus d’argent » d’Héléna Klotz

22 November 2023 at 05:27

D’où vient la force d’attraction de la Haute Finance auprès d’une jeune ambitieuse, étudiante brillante et originaire d’une famille modeste ? Pour son deuxième long métrage après « L’Age atomique » en 2012, très remarqué et lauréat entre autres du Prix Jean Vigo, Héléna Klotz, scénariste (ici avec Emily Barnett et Noé Debré) et réalisatrice –à la suite de débuts en 2003 dans la création sonore pour le théâtre- met en scène avec maestria « La Venus d’argent » et offre à Claire Pommet (la chanteuse Pomme et actrice impressionnante) son premier rôle à l’écran.

Fille de gendarme, habitant avec son petit-frère et sa petite-sœur dans une caserne en banlieue parisienne, Jeanne Francoeur, solitaire sans amour (malgré l’insistance sentimentale d’un militaire et amie d’enfance), rêve de franchir la frontière sociale invisible et de pénétrer le milieu fermé des traders. Une voie insolite pour se réinventer et conquérir sa liberté ? La cinéaste nous propose en tout cas une fiction étrange et dérangeante, dessinant sous nos yeux le portrait d’une jeune femme ‘moderne’, en guerrière farouche, transgressant les assignations sexuelles et sociales, dans une solitude affective infinie, aux confins d’un monde déshumanisé.

 

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Du scooter à la Rolls Royce, une quête paradoxale de liberté

Cadrée de dos en plan large, filant dans la nuit du périphérique, une silhouette casquée à bord d’un scooter. Temps d’arrêt devant un magasin de luxe. La jeune conductrice en fracasse la vitre (et se blesse à la poitrine en commettant l’effraction). Elle s’empare d’un costume d’homme, future tenue pour pénétrer dans l’inconnu. Avec, à même la peau et visible à l’œil nu, cette blessure ouverte qu’elle nettoie régulièrement et dissimule par des bandages qui écrasent ses seins et composent, avec sa coupe de cheveux au carré, une allure androgyne.
Chez elle, dans la chaleur de la nuit, en banlieue parisienne, elle retrouve son point d’ancrage (la petite-sœur et le petit-frère câlinés) et son père gendarme et veuf (Grégoire Colin) ; sa chambre d’enfance et d’étudiante en économie (don deux ans à Saint-Cyr), à la fois cocon et étouffoir de grands aspirations. Et le copain de longue date, militaire souvent en mission en Afrique francophone (Niels Schneider), visiblement attaché à celle qui nous paraît le tenir à distance en raison d’une première expérience amoureuse traumatique, jamais explicitée.

Dans la lumière crémeuse et blafarde du jour, dans les derniers étages des tours de La Défense, Jeanne, chemise blanche et costume gris, traits impénétrables, fourbit ses premières armes. De simple stagiaire d’une entreprise de trading où elle se fait vite remarquer par son agilité à observer et à traquer graphiques chiffrés et affichages des flux de capitaux virtuels comme par sa capacité à manier le langage codé des professionnels à son embauche par Farès (Sofiane Zermani, également rappeur connu sous le nom de Fianso), ‘ponte’ de la société World Aid, à la maîtrise corporelle et mentale ostensible, Jeanne devient en un temps record une battante et virtuose dans un domaine où semblent régner virilisme notoire et absence d’affects.

Elle découvre brutalement une soirée pour initiés organisée dans son hôtel particulier par Elia (Anna Mouglalis),‘mécène’ corruptrice à la voix rauque, capable d’ébranler émotionnellement son invitée comme une apparition envoutante et vénéneuse. La professionnelle aguerrie se glisse aussi aux côtés du conducteur auto-satisfait à bord d’une Rolls silencieuse, fendant l’espace comme si les passagers étaient protégés par une bulle sans attache avec le commun des mortels. Et pourtant, l’héroïne, sous sa carapace neutre et asexuée, n’est pas à l’abri d’un retournement de situation ni d’autres séismes intimes, propres à des reflux et des flux de désir auxquels elle ne s’attend pas. Impossible d’en dévoiler davantage tant l’issue ouverte de cette histoire de conquérante vulnérable se veut, dans sa forme, au diapason de la transformation en cours et de son opacité irréductible.

 

D’un monde à la l’autre, une mise en scène rigoureusement tenue

Ainsi Héléna Klotz construit-elle, avec le concours de son directeur de la photographie, Victor Seguin, un univers froid et métallique, fait de grandes baies vitrées et d’espaces vides et blancs sans vis-à-vis, un univers ritualisé jusqu’à la deshumanisation engendré par la toute puissance de l’argent. Et circulant entre cet espace sans âme (les tours de la Défense, voire l’hôtel particulier et ses recoins capitonnés) et le lieu de ses origines (la chambre d’enfance, les barres d’immeuble), la jeune héroïne androgyne, coiffée et habillée à la garçonne,  tente de se construire un destin, comme  un Julien Sorel ou un Martin Eden du XXI ème siècle selon les vœux de la cinéaste, dans la volonté vraiment déterminée, faussement impassible, de dépasser les identités de classe et de genre, dans un mouvement de fluidité en accord avec les tendances lourdes d’une époque où chacune (et chacun) est tenue de devenir l’héroïne de sa propre vie (au détriment souvent des liens avec les autres et des fondements du contrat social), tout en voulant garder le contrôle sur ses émotions, ses élans amoureux et sa sexualité.

« La Venus d’argent » nous confronte donc à une fiction dérangeante sur un pari fou d’émancipation, celui d’une jeune femme d’aujourd’hui comptant sur ses propres forces dans un milieu hostile,  comme s’il suffisait d’en connaître la langue (ici celle de l’argent et des ses agents) pour trouver sa place en territoire ‘étranger’. Aussi, portée par les partis-pris musicaux audacieux du compositeur Ulysse Klotz, en décalage saisissant avec les images et leur montage, la fiction troublante questionne sans ménagement l’exigence de liberté.

 

Samra Bonvoisin

« La Venus d’argent », film d’Héléna Klotz-sortie le 22 novembre 23 ; sélection officielle, Toronto International Film Festival

 

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Les styles de musiques

22 November 2023 at 05:22

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Description générée automatiquement L’académie de Tours met à disposition des professeur·es des écoles un dossier thématique autour des styles musicaux avec des fiches de présentation des différents styles de musique. Et il y a en a pour tous les gouts : punk, swing, classique, soul, reggae ou encore le hip hop…

Il revient aussi sur la place de la musique dans les programmes de cycle 2 et 3, propose des documents d’accompagnement et des jeux.

Ce dossier offre même d’aller voir comment le cerveau traite la musique.

Un dossier à découvrir ici

 

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J’suis pas bonne en maths moi non plus

22 November 2023 at 05:20

Dans ses chroniques, Maitresse C partage le quotidien de sa classe. Aujourd’hui, elle raconte aux lecteurs et lectrices du Café pédagogique son projet de prêt de jeux avant les vacances d’automne.

 

Une image contenant arbre, plein air, sol, parc Description générée automatiquement C’est bientôt les vacances mais c’est pas encore l’hiver. Les frimas du matin sont pourtant là pour nous rappeler que ça vaut la peine de mettre l’écharpe molletonnée ou le bonnet fourré. Non, le temps s’affiche déjà hivernal, les matins gris souris et les sourires crispés.

Les vacances sont pour les enseignants ce que le chocolat est au pain : attendues avec impatience, souvent mirifiées, dégustées sans modération, dévorées avec précipitation et qui laisse un goût doucereux et inachevé dans la bouche et une étrange amertume. Alors on en est là, sur le perron de l’école dans l’attente de ce moment que l’on voudrait inoubliable et qui n’est bien souvent qu’une mise en reflet de nos instants quotidiens.

Pour ces vacances, je propose aux enfants et donc à leurs parents d’emmener un jeu de société à la maison. La question du choix se pose :

choix de l’élève ? qui veut profiter du jeu pour lui tout seul sans devoir supporter le collectif,

choix des parents ? qui veulent prendre un peu de temps et qui pour une fois se dégageront de leurs obligations sans un regard pour leur passé,

choix de la maîtresse ? qui veut faire travailler une compétence pas encore atteinte et qui se déleste des valises de culpabilité qu’elle promène au hasard de ses classes.

Quelques-uns répondent par l’affirmative, d’autres refusent, certains ont d’autres chats à fouetter, comme ces lettres qu’on a oubliées d’envoyer et qu’au soir de nos vies, on se rappelle ces moments fugaces où la vie aurait pu se conjuguer ailleurs.

La maman d’E. me répond par mail, me signalant :

Bonsoir

Tout d’abord merci pour cette belle attention oui nous sommes intéressés E. et moi .

Encore merci et bonne soirée à demain

Je m’y attendais un peu à cette réponse, de la part de cette maman. Elle est soucieuse de la réussite de son fils. Elle me demande de l’informer si j’avais quelque inquiétude. Elle s’inquiète, cette maman trop alerte. Elle pressent que l’école ne va pas garantir les mêmes trajectoires à son fils qu’aux autres enfants.

Alors oui ! Par Jules Ferry ! Prêtez-nous un jeu de société ! Que l’on apprenne un peu plus à défaut de comprendre ou de décoder les usages et habitus qui font que l’on réussit à l’école.

J’en parle avec « mon  ASEM ».

Les doubles guillemets sont nécessaires : c’est Mon ASEM, celle qui fait que les journées de classe seront plus douces ou pas, celle qui fait que les enfants(petits) seront chouchoutés un peu plus, quand la maîtresse, figure tutélaire, se plie à son rôle, tance et contraint. J’ai beaucoup de chance, Mon ASEM donc, appartient à la famille fort peu nombreuse « des bonnes fées ». Je lui dis, y compris devant les élèves. Ca lui fait plaisir. Elle me le rend bien.

ASEM donc car notre pays a le goût des acronymes et je me demande toujours ce que les enfants comprennent quand dès leur plus jeune âge, on leur dit que leur école est en REP, que PISA n’a pas rendu de bons commentaires, qu’il faut remplir leur PAI pour qu’ils arrivent à un horaire décalé suite à un rendez vous médical, et qu’ils ont APC à 15h…

Mon ASEM valide le fait de prêter des jeux.

Le lendemain, les élèves emportent leurs jeux.

Je dis à la maman d’E que j’ai choisi un jeu qui aidait à compter.

« Ah me dit-elle, c’est bien !!! Oui c’est vrai qu’il n’est pas très bon pour compter. Ça va nous faire du bien ! J’suis pas bonne en maths, moi aussi ! »

Je la regarde, mon sourire gêné affiché sur mon visage. Cette femme qui s’avoue « pas bonne en maths (elle non plus) » n’hésite pas à clamer son incompétence en la matière. Je suis touchée par son honnêteté, sa franchise, son absence de pudeur même pas impudique.

Elle me sourit. Je ne saurai jamais si elle devine ou comprend ma gêne.

D’un sonore « Bonnes vacances maîtresse et merci encore ! », elle quitte la classe.

Y’a des jours, je les aime ces parents !

 

Maitresse C.

 

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Peut-on améliorer le bien-être à l’Ecole ?

22 November 2023 at 05:20

Que faut-il faire pour améliorer le bien-être des enseignants et des élèves dans les écoles et établissements ? Est-ce un problème systémique ou d’établissement ? Le Cnesco réunit les 21 et 22 novembre une conférence de comparaisons internationales, dont le Café pédagogique est partenaire, sur le bien-être à l’Ecole. Si l’objectif semble admis par tout le monde, G. Attal promettant même “le bonheur” à l’école, la recherche est loin d’être unanime sur le chemin. A l’OCDE et la Finlande qui mettent en avant des réformes de système, B. Galand répond en montrant à quel point la mise en œuvre est difficile. Une seule certitude à la fin de cette première journée : le problème est particulièrement grave en France. Le Cnesco poursuit l’enquête aujourd’hui…

 

Le constat échappe à G. Attal

Commençons par le constat. Marie-Noël Vercambre-Jacquot, de la Fondation d’entreprise pour la santé publique, publie les résultats de l’enquête internationale i-Best (11 pays). La France et la Belgique se distinguent par un mal-être enseignant particulièrement élevé, la moitié des professeurs manifestant de l’angoisse ou étant dépressif. Les enseignants français déclarent le plus que qu’ils se sentent dévalorisés dans la société et par la hiérarchie et d’être laissés à l’écart des décisions. Ils sont particulièrement insatisfaits de leur salaire, des possibilités d’évolution et de formation.

Une situation qui ne semble pas perçue par Gabriel Attal. Le ministre est venu en personne ouvrir la conférence du Cnesco… pour y développer le thème du bonheur. “Le premier objectif de la politique c’est de créer les conditions du bonheur dans le société“, explique-t-il. “C’est le cœur du projet de l’école. Je revendique pas seulement le bien-être à l’Ecole mais le bonheur à l’Ecole“.

 

 

La ségrégation scolaire est l’ennemi du bien-être

Prenons-le au mot. Comment établir ce bien-être ? Deux interventions mettent en avant des réponses systémiques qui ne vont pas toujours satisfaire le ministre. Ruochen Li, de l’OCDE, montre, à partir de Talis et Pisa, que la satisfaction des enseignants est liée au type d’établissement où ils travaillent. Les professeurs qui travaillent dans des établissements à recrutement privilégié montrent un plus haut niveau de satisfaction que les autres. La répartition des élèves et des enseignants, deux données systémiques, influent donc sur le bien-être. R. Li en tirent deux conclusions où il ne cite pas la France même si elle est clairement visée. La première c’est que les systèmes éducatifs ségrégatifs génèrent davantage de mal-être enseignant sans améliorer les résultats des élèves. La comparaison entre la Lettonie et la Finlande, deux pays nordiques, établit cela nettement. Seconde conclusion : affecter les enseignants inexpérimentés dans les établissements difficiles, une particularité que la France partage avec quelques autres pays développés, génère du mal-être. Pour réduire le mal-être enseignant, on peut jouer sur l’affectation des élèves et des enseignants, suggère R. Li. G. Attal envisage d’augmenter la ségrégation scolaire en créant des classes de niveau. Quant à changer le mode d’affectation des enseignants cela ne serait possible qu’à travers des aménagements de carrière qui semblent inatteignables…

 

L’école gratuite gage du bien-être ?

C’est l’exemple finlandais que Kirsi Pyhältö, de l’université d’Helsinki, met en avant pour sa réussite sur le terrain du bien-être à l’école. Pour elle le bien-être impacte à la fois les résultats des élèves et le sentiment de satisfaction des enseignants. Et il peut être renforcé par une approche systémique associant des éléments pratiques et pédagogiques. Sur le plan pédagogique, cela passe par une pédagogie coopérative promouvant les interactions sociales et la sécurité socio-émotionnelle des élèves, ce qu’on ose à peine évoquer en France par le mot “bienveillance”. Le versant pratique c’est une école où la scolarité est réellement gratuite (y compris les transports, la cantine, le matériel d’apprentissage). Et où l’élève a un accès facile à de l’aide : psychologues, infirmières, enseignants spécialisés et assistants sociaux font partie du personnel scolaire. “C’est plus simple si l’approche est systémique et globale, si elle couvre toute la journée, toute la semaine et si tout le monde y participe“, explique Kirsi Pyhältö.

Benjamin Cleveland, Melbourne School of Design, et Ed Baines, University College London, montrent d’autre aspects systémiques. Le premier présente un programme australien pour ouvrir les écoles à leur communauté. Le second démontre l’importance des pauses pour le bien-être des élèves, notamment pour développer leur autonomie et leur socialisation. Or la tendance actuelle est à réduire les temps de pause (une heure en moins dans le secondaire en Angleterre) et à les encadrer davantage.

 

Insaisissable bien-être…

Après ces interventions, ça y est ! Nous tenons les chemins du bien-être à l’Ecole ! Il est à portée de mains. Et bien non ! Car Benoît Galand, UCL, brise nos certitudes à partir de l’expérience belge. Suite au “Pacte pour un enseignement d’excellence” (2014) dans le système éducatif francophone de Belgique, l’amélioration du bien-être et du climat scolaire est retenu comme objectif principal par de nombreux établissements scolaires. Une enquête est lancée en 2019 pour élaborer des indicateurs de bien-être, collecter des données et faire des recommandations. La première difficulté c’est d’élaborer des indicateurs tant le bien-être a une dimension subjective, et de définir des échelles. L’équipe y arrive et montre par exemple que les élèves ont un fort sentiment de satisfaction dans leurs relations avec leurs camarades et les professeurs. C’est ce qui est appris à l’école qui a le plus faible taux de satisfaction. Du coté des enseignants, des minorités importantes sentent “vidés” chaque semaine et même “au bout du rouleau” pour un professeur sur sept. Mais que faire de ces indicateurs ? “Transposer des indicateurs systémiques au niveau local n’est pas pertinent“, explique B. Galand. Le bien-être varie peu d’un établissement à l’autre. Dans chaque établissement la majorité des personnes (élèves comme personnels) rapportent un niveau modéré à élevé de bien-être et quelques personnes se sentent très mal. Il est donc plus efficace de dépister ces personnes et de leur apporter de l’aide, y compris pédagogique, que faire un programme local. Par suite, les indicateurs ne sont pas nécessairement adéquats pour les acteurs locaux. Et on prend le risque, en se focalisant sur eux, d’avoir des stratégies de surface et de normaliser sans effet majeur.

 

La conférence de comparaison internationale du Cnesco nous laisse avec ces interrogations. Le 22 novembre d’autres pistes sont étudiées. Comment promouvoir le bien-être psychologique ? Comment adapter les enseignements ? Comment lutter contre le harcèlement ? On mesure le chemin parcouru depuis la conférence organisée par le Cnesco et le Cren en 2017. Le chemin du bien-être se dessine peu à peu. Les clés du bonheur restent à trouver…

 

François Jarraud

La conférence sur le bien-être à l’Ecole

Sa présentation par A. Florin

La conférence de 2017

Un dossier de 2014

La France le pays où le bien-être compte le moins

O Zanna sur l’empathie

 

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Et si votre classe participait au concours de la BD scolaire ?

22 November 2023 at 05:13

Une image contenant texte, Dessin animé, illustration, affiche Description générée automatiquement Le Festival d’Angoulême propose aux classes de l’école primaire – pour les élèves de 5 à 10 ans, et aux classes spécialisées quel que soit l’âge des participants de réaliser une bande dessinée dont le thème est libre. Le concours s’adresse aux élèves des établissements scolaires français, en France et à l’étranger, de la grande section de maternelle à la terminale. Les établissements et classes spécialisés (IME, SEGPA, CLIS, ULIS, etc) peuvent également participer.

« C’est l’occasion de “se prouver à soi-même qu’on peut finir une bande dessinée” conseille Jasmine, 12 ans, participante de l’édition 2022-2023 du Concours de la BD scolaire » peut-on lire sur le site du festival d’Angoulême. « “J’étais fière de moi et surprise à la fois” se remémore Camille, 11 ans, lorsqu’elle a découvert qu’elle faisait partie de la liste des Petits Fauves d’Argent 2023 ».

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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Exigence des savoirs ? Mais de quels « savoirs » parle-t-on ?

22 November 2023 at 05:13

Jean Perbet est professeur des écoles depuis 25 ans, PEMF depuis 12 ans et militant au GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle). Comme tous les enseignants et enseignantes, il a été invité à remplir l’enquête « exigence des savoirs ». Un exercice auquel il s’est plié mais auquel il reproche de ne pas laisser la possibilité de formuler une parole libre. Il a décidé de la livrer cette parole aux lecteurs et lectrices du Café pédagogique. « Vous avez besoin de nos réponses à votre questionnaire ? Nous on a besoin de vous au quotidien ! On a besoin de votre courage politique, de votre pensée complexe, de votre intelligence et que vous mettiez vous-mêmes en œuvre une exigence des savoirs qui soit une exigence intellectuelle, de respect de soi et des autres » écrit-il.

 

Une image contenant Visage humain, habits, personne, Menton

Description générée automatiquement Les professeurs des écoles ont été invités récemment (25/10/23) par leur ministère à répondre à un questionnaire en ligne sur « l’exigence des savoirs ». Je suis allé voir ce questionnaire et ai tenté de le compléter. Je note toutefois qu’il n’y a pas d’espace « libre » où nous pourrions exprimer des points qui ne sont pas orientés par le questionnaire. Que les questions concernent essentiellement la question de l’instruction (comment aider les élèves à mieux apprendre les savoirs scolaires ?) mais, également, la restauration de l’autorité enseignante (comment rendre les élèves plus obéissants et les parents plus dociles ?).

Tout d’abord, qu’appelons-nous « savoirs » ? Pour ma part, j’ai été fortement influencé dans mon parcours par les travaux du groupe ESCOL, de Bernard Charlot en particulier et du GFEN sur le rapport au Savoir. J’invite les potentiels lecteurs de cet article à la lecture d’ouvrages sur la question. Pour ma part, j’en retiens que ce qui est au centre de l’école c’est le rapport au Savoir des élèves. Chacun d’eux a un rapport singulier. Mais le « savoir » ne se résume pas à l’instruction des éléments du programme. Bernard Charlot précise dans son livre « éléments pour une théorie du rapport au Savoir » qu’il entend « Savoir » (avec un grand S) de façon large. Dans le « Savoir » à enseigner, il y a certes les savoirs scolaires (la lecture, la numération de position etc..) mais également le rapport à soi-même et le rapport aux autres.

Je ne fais pas ce métier d’enseignant uniquement pour transmettre des savoirs scolaires ! Pourquoi ? Parce que j’ai rencontré nombre d’élèves dans mes classes primaires ou d’adolescents et d’adultes dans la formation ou dans mon quotidien qui maîtrisent un grand nombre de savoirs scolaires, qui ont « réussi » leurs études et qui pourtant ne sont pas très heureux dans leur vie. Manque de confiance en soi, difficulté à vivre sous le regard des autres, à se décentrer de soi, etc. Je ne veux pas instruire pour construire des dépressifs soumis !

Je ne fais pas non plus ce métier en visant uniquement les savoirs scolaires et le rapport à soi-même ! Pourquoi ? Parce que notre monde est pétri de personnes très instruites et diplômées qui n’ont aucun scrupule à utiliser leurs « savoirs » et leur confiance en elles pour exploiter les autres et la planète pour des questions de pouvoir et d’argent !

Ainsi, sans la dimension du rapport aux autres, quel sens y a-t-il à enseigner aujourd’hui ? Que chacun ait un bon métier ? De l’argent ? Même si c’est au détriment de l’ensemble de l’humanité ? Les grands « dirigeants » (politiques et économiques) de ce monde sont des gens instruits et confiants en eux ; non ? Quand on parle d’ « échec scolaire » on imagine tout de suite les personnes qui sortent sans diplômes du système scolaire ou ces jeunes qui incendient des voitures. Et si l’échec scolaire était avant tout l’échec de ceux qui réussissent et qui conduisent le monde à sa perte pour des raisons de pouvoir et d’argent ?

Il me semble essentiel de définir ce qu’on appelle « savoir » et qu’à cette occasion, on s’interroge sur le sens même de notre métier.

Dans mon quotidien de professeur des écoles, je prends en compte et j’essaye d’accompagner les enfants que je croise sur ces trois aspects du « Savoir ».

Alors comme je n’ai pas eu la possibilité dans ce questionnaire de donner réellement mon point de vue, le voici sous une autre forme :

J’aimerais une refonte complète des programmes scolaires où soient prises en compte ces trois dimensions du rapport au « Savoir ». J’aimerais une formation exigeante sur ces trois aspects (à l’heure actuelle les formations sont essentiellement didactiques ou « moralisatrice » (harcèlement, laïcité)). J’aimerais que l’on puisse « exiger » non pas seulement des élèves et des professeurs mais de la part des personnes qui ont réussi scolairement et dirigent le monde, une exemplarité dans leur rapport aux autres ! Questionner à ce sujet les médias, les réseaux sociaux, les choix économiques et politiques, les stratégies de communication manipulatrices. N’est-ce pas interrogeant de constater que notre actualité quotidienne est si riche en situations où des gens instruits et diplômés ont des comportements ou des actes qui mettent en danger autrui et le monde en général ?

Il y a plus de 100 ans au sortir de la première guerre mondiale, des éducateurs de tout bord inventaient l’Education Nouvelle avec cette idée « Comment éduquer pour que les Hommes ne se conduisent plus de façon « inhumaine » et ne cherchent plus à s’entretuer en cas de désaccords ? »

A l’heure actuelle, que peut être une éducation « nouvelle » dans cette société nouvelle et inédite (bien éloignée de celle du début du siècle dernier !) ? Dans une société où l’information circule si vite et contient tout et n’importe quoi. Une société où la place des médias est si importante mais où portant, le rapport critique à ces médias est défaillant (par exemple nombre de personnes pensent réellement qu’une information transmise sur CNews est digne de confiance !!!). Une société où chaque jour des dirigeants de ce monde sont en procès avec la justice pour des raisons diverses et variées.

L’exigence des « savoirs » exige une politique forte et complexe qui ne ciblerait pas seulement le monde enseignant ! Comment éduquer sereinement actuellement ? Comment restaurer une quelconque autorité enseignante alors que les médias, réseaux sociaux invitent sans cesse aux expressions les plus triviales ? Que les intérêts financiers nous poussent sans cesse vers plus d’activités « pulsionnelles » où priment le « tout tout de suite » et le « moi d’abord » ?

Que peut faire l’école si la société ne change pas fondamentalement et que les hommes politiques ne saisissent pas cette complexité et ne mènent pas des politiques fortes (pas des réformettes de surface pour faire du buzz). Par exemple : comment redonner de la mixité sociale au pays ? Cette question est pour moi un bon exemple : On peut remanier sans cesse les programmes ou faire croire que les enseignants sont écoutés, mais que faire devant la ghettoïsation des espaces du pays ?

Je demande donc à nos dirigeants en réponse à leur questionnaire sur l’exigence des savoirs de ne pas cloisonner la réflexion au monde scolaire, de réfléchir dans la complexité ! Tant qu’on laissera s’installer des ghettos urbains (favorisés également par une école à deux têtes (publique et privée sous contrat), tant qu’on laissera impunément certains médias et personnes sur les réseaux dire n’importe quoi sur leurs « chaînes », tant que nos « modèles » de réussite scolaire seront aussi peu des « modèles » pour l’avenir …à quoi bon penser que changer des programmes scolaires pourrait être utile ?

Ne nous méprenons pas : je ne pense pas qu’il y ait des « méchants » qui conduisent le monde à sa perte volontairement et que moi (en tant que gentil) dénonce des personnes en particulier. Je pense qu’être exigeant au niveau des savoirs est une chose complexe et que chacun de nous pourrait s’interroger plus sur son exemplarité (à partir de quelques « principes » de base par exemple : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » et « agis vis-à-vis des autres comme tu aimerais qu’on agisse envers toi ». Non pas de façon moralisatrice. Juste s’interroger sans cesse à ce sujet. Nous sommes tous concernés.

Ainsi, aimerait-on que ses proches ou ses enfants soient employés abusivement pour fabriquer des vêtements à bas prix qu’ils ne porteront jamais, que ses propres enfants soient employés dans des mines pour extraire des métaux précieux (pour nos téléphones portables) ? Que sa maison soit polluée afin de permettre d’avoir plus de profit ? Que ses parents se nourrissent d’aliments « dopés » avec des produits chimiques et intoxiquent leurs corps ainsi ? Que ses propres enfants soient utilisés pour faire la guerre à des personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ont eux aussi leurs propres enfants ?

Cet écrit est une interpellation d’ordre politique : « Comment voulez-vous que l’on ait de l’espoir en l’éducation nationale et en ses visées quand on voit le monde actuel ? Ou alors éduquons franchement à la révolution pour changer ce monde. Dirigeants de ce pays, prenez position s’il vous plaît ! Restaurez vous-même l’autorité d’une éducation publique exemplaire ! Comment puis-je demander à mes élèves d’être exemplaires dans leur rapport à autrui, d’être pertinents dans leurs argumentations, de faire preuve d’esprit critique mais à la fois d’écoute constructive et bienveillante alors qu’ils baignent dans un quotidien où le monde adulte fournit sans cesse des exemples à ne pas suivre ? Vous souhaitez restaurer l’autorité du monde enseignant ? Commencez par soutenir réellement vos employés contre la démagogie et les abus des médias « faciles ». Faites des dépôts de plainte institutionnels pour nous prémunir du prêt à penser et des bruits de couloirs néfastes à l’exercice de notre profession. Ne vous comportez pas comme des généraux frileux qui envoient leurs soldats au front en restant tranquillement protégés à l’arrière !

Vous avez besoin de nos réponses à votre questionnaire ? Nous on a besoin de vous au quotidien ! On a besoin de votre courage politique, de votre pensée complexe, de votre intelligence et que vous mettiez vous-mêmes en œuvre une exigence des savoirs qui soit une exigence intellectuelle, de respect de soi et des autres.

Nous avons besoin de chacun de nous pour tenter d’allier le pessimisme de la raison avec l’optimisme de la volonté. Nous avons besoin de personnes engagées, qui veulent améliorer le monde et d’une formation qui y conduise explicitement ! Voilà ce que j’aurais aimé pouvoir répondre.

 

Jean Perbet

 

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Y’a quoi dans ma banane ?

22 November 2023 at 05:12

C’est le nom du nouveau site réalisé par le mouvement du Nid présenté à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant. Une boîte à outil pour prévenir le risque prostitutionnel et qui choisit de s’adresser spécifiquement aux collégiens et collégiennes.

 

Une image contenant dessin, bateau, clipart, illustration

Description générée automatiquement Alors que le risque prostitutionnel se situe désormais à l’âge de 13 ans, cela reste une réalité relativement méconnue avec pourtant, selon l’estimation de plusieurs associations et organismes dont le centre de victimologie, 7000 à 10000 mineur·es concerné·es.

Aussi, c’est à l’occasion de la journée internationale des droits de l’enfant, ce lundi 20 novembre que le mouvement du nid a présenté un nouvel outil pour aider les collégiennes et collégiens à repérer les situations de violence, de danger et convaincre les victimes à demander de l’aide.

Toujours à portée de main dans un sac-banane virtuel, les supports et ressources proposées font appel à l’imagination mais surtout à la participation du jeune public. L’objectif est de les aider à construire des relations affectives et sexuelles libres, égalitaires et sans violence et de pouvoir activer des « anticorps » de défense pour des situations de confrontation à des violences sexistes et sexuelles.

Y’a quoi dans cette banane ?

Quatre type de ressource sont disponibles sur la plateforme en ligne :

  • Un portable qui mène vers trois histoires interactives pour comprendre dans le détail où commence la violence.
  • Une manette pour entrer dans un jeu immersif où les jeunes s’exercent à repérer différentes situations d’emprise et de violence.
  • Une BD sensible pour inviter à sortir de l’isolement, apprendre à demander de l’aide et à refaire confiance
  • Enfin un agenda pratique avec des témoignages à lire et à écouter et des liens vers des numéros d’aide.

Le Mouvement du Nid est un association reconnue d’utilité publique qui vient en aide aux personnes en situation de prostitution. Le Mouvement du Nid dispose d’un agrément de l’Éducation nationale et intervient dans le cadre de l’éducation à la sexualité pour promouvoir l’égalité femmes hommes et faire reculer l’ensemble des violences sexistes et sexuelles.

Vers la plateforme interactive « dans ma banane  »

Le mouvement du Nid

 

Laurent Bernardi

 

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Rubrique littéraire : Des mots et du papier

22 November 2023 at 05:12

3-8 ans

Pour faire un livre il faut… des mots, même si parfois on s’en passe. Et puis, du papier. Deux livres pour parler de mots et de papier. L’un poétique, qui donne envie de le prolonger à l’infini. L’autre, petit documentaire concis et précis pour tout savoir sur ce support pas si banal.

 

Une image contenant texte, livre, dessin humoristique, fiction

Description générée automatiquementLes mots sont des trésors, d’Emma Robert, ill. Romain Lubière, Ed. Cipango

Trois mots qui enclenchent une petite poésie de trois vers : telle est la structure de ce joli livre.

Toucan, Phénix, Condor : Les mots sont des oiseaux. / Je voyage à leurs côtés/ vers des mondes inconnus.

Chalutier Brigantin Goélette : Les mots sont des bateaux./J’affronte à leur bord / des eaux bleues déchainées.

Chut Murmure Silence : Les mots sont des secrets./je me cache avec eux / dans un jardin mystérieux.

Et ainsi au fil des pages les mots sont couleurs, fleurs, étoiles, paysages, musiques, trésors… Les illustrations offrent un écrin merveilleux à ces mots qui dansent. Les crayonnés entrainent dans des décors aux couleurs lumineuses. L’enfant qui ouvre le livre aux premières pages s’endort sur les dernières, le livre à la main, avec la même douceur qui a traversé tout l’ouvrage. Une douceur et un plaisir des mots, les nouveaux, les difficiles, les habituels mais qui, mis ensemble, forment en eux même une aventure… Tous ces mots donnent envie de s’essayer à son tour au choix de trois mots pour les faire sonner ensemble.

 

Une image contenant texte, roue, Véhicule terrestre, véhicule

Description générée automatiquementUn tour du monde en papier, de Martina Manya, Ed. Rue du Monde

Rue du Monde nous emmène une nouvelle fois autour du monde, pour raconter comment on fabrique du papier, puis l’histoire du papier, et du voyage de cette invention à travers les siècles et les continents. Un petit album au texte très synthétique et au graphisme efficace et réjouissant. Des formes découpées dans des papiers colorés racontent une histoire qui devient absolument compréhensible même par des tout-petits. Du nuage à la feuille de papier, on savoure l’art de la mise en page associé à l’utilisation de lettrages différents pour cibler les mots importants. Deux petits personnages à vélo quittent l’usine de papier pour aller voir les Egyptiens et leur papyrus, la Chine et le Japon avant de revenir en Europe. Un message écolo aussi puisque s’il faut couper un arbre pour faire du papier, on en replante d’autres. Un documentaire à mettre dans toutes les bibliothèques, tout près des livres, nom d’un petit papier !

 

 

 

Marianne Baby

 

 

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ERSEH : premières assises nationales

22 November 2023 at 05:06

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Description générée automatiquement Les enseignantes et enseignants référents à la scolarisation des élèves en situation de handicap (ERSEH) ont leurs assises nationales.

Les ERSEH, qui font le lien entre les familles, l’équipe éducative et l’ensemble des professionnels qui accompagnent l’élève en situation de handicap, contribuent « à la mise en place des moyens nécessaires pour permettre aux élèves en situation de handicap d’étudier dans les mêmes conditions que leurs camarades ». Ils ont également un rôle de médiateur entre tous les partenaires au sein de l’école, de la famille, des centres de soins, de la MDPH (maison départementale des personnes handicapées).

L’association ADER13 (association départementale des Enseignants référents) a pour but la reconnaissance, la valorisation et la défense de la fonction et de l’exercice du métier d’enseignant référent pour la scolarisation des élèves handicapés. Elle ambitionne aussi de faciliter les échanges et la mise en commun de réflexions et de pratiques professionnelles

Les assises nationales auront lieu le samedi 23 mars.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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École inclusive : une grève pour dire non à l’Acte 2 de l’école inclusive

22 November 2023 at 05:06

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Le FNEC FP-FO appelle à une grève et à une manifestation le jeudi 25 janvier 2024 pour dire « Stop au chaos et à la mise en danger des personnels et des élèves dans les établissements scolaires, non à l’inclusion systématique et forcée, non à l’Acte 2 de l’École inclusive ».

Ce que dénonce le syndicat, c’est la mise en place des PAS (Pôles d’Appui à la Scolarité ) qui permettrait à l’institution de décider du nombre d’heures d’accompagnement nécessaires aux élèves en situation de handicap. Institués par un article dans le projet de loi de finance 2024, ils sont en passe d’être effectifs grâce au 49-3.

« L’acte 2 de l’École inclusive annoncé par le président Macron confirme qu’il veut aller jusqu’au bout de la destruction des structures spécialisées et adaptées, plaçant tous les personnels, les élèves et les familles dans des situations insupportables et maltraitantes. La mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) a déjà été imposée à l’Assemblée nationale avec l’article 49-3. Les PAS permettraient à l’Éducation nationale de mettre la main sur les notifications MDPH de manière à réduire encore l’accompagnement dû aux élèves !

Les économies sur le dos des services publics, des élèves les plus fragiles et des personnels, ça suffit ! ».

Plus d’informations ici

 

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Afef : École en danger, résistons tous ensemble

22 November 2023 at 05:06

L’AFEF – Association Françaises pour l’Enseignement du Français – lance un appel à résister à la déconstruction de l’école. Pour ce faire, elle propose un premier temps d’échange à tous les acteurs et actrices de l’école le mercredi 13 décembre prochain. Viviane Youx, présidente de l’association explique aux lecteurs et lectrices l’objet de cet appel.

 

Une image contenant Visage humain, personne, sourire, habits Description générée automatiquementVous lancez un appel à résister. De quoi s’agit-il?

Il s’agit, pour l’AFEF, de mobiliser le plus grand nombre d’acteurs de l’éducation afin de réfléchir ensemble à l’état de l’école, parce que nous croyons à la force du collectif. Notre réflexion sera plus nourrie et approfondie si nous nous réunissons : associations de spécialistes, syndicats, chercheurs, formateurs, professeurs, parents d’élèves, inspecteurs, chefs d’établissement, tous les acteurs de la communauté éducative… À l’instar du séminaire de réflexion que nous avions initié en novembre 2020 sur le numérique éducatif et qui avait rassemblé un large collectif autour d’une réflexion de grande puissance, nous souhaitons rassembler à nouveau un collectif pour repenser l’école et réaffirmer les valeurs de l’humanisme.

 

Le terme de résistance est assez fort. L’état de l’école est-il si inquiétant ?

Les enseignants et enseignantes souffrent, depuis plusieurs années. L’assassinat terroriste de Dominique Bernard, après celui de Samuel Paty, a encore accentué leur mal-être. Il s’agit d’une lame de fond qui se creuse d’année en année. Les personnels d’éducation dans leur ensemble se sentent dévalorisés, ils ont été régulièrement attaqués depuis plusieurs années par un autoritarisme qui a considérablement réduit le rôle des corps intermédiaires, et une politique d’économies qui prive le système des moyens nécessaires à son fonctionnement. L’Université est dans un état catastrophique qui creuse les inégalités sociales et envoie ceux qui ont les moyens vers des institutions privées. Le nombre de démissions de professeurs et de stagiaires augmente, des postes d’enseignants ne sont pas pourvus, le métier n’attire plus. La formation est fortement menacée. Il est urgent de repenser le cœur du métier d’enseignant, et les valeurs de l’école.

 

L’un des points du sommaire est « Le diagnostic docteur! Avant de proposer faire l’état des lieux s’impose ». Qu’en est-il ?

Nous assistons à une valse de programmes et de mesures jamais évalués. Les évaluations nationales ne sont pas conçues pour aider les enseignants et enseignantes à ajuster les apprentissages à leurs élèves. Les programmes des cycles 2-3-4 de 2015 ont été en partie réécrits en français et mathématiques, sans évaluation préalable, par décision ministérielle, et par exemple « l’étude de la langue » qui avait été pensée dans une progression tout au long du socle commun a perdu toute sa cohérence. Les travaux de la recherche, indispensables pour penser la didactique des disciplines et la pédagogie, sont ignorés, méprisés. Une réécriture de programmes ne peut pas se faire dans la précipitation, sans évaluation, par une simple consultation par questions fermées des enseignants. La consultation des associations par la DGESCO et l’Inspection générale s’est montrée ouverte et bien renseignée, mais nous ne savons pas si les décisions politiques tiendront compte des rapports de la Mission « Exigence des savoirs ».

 

Que reprochez-vous à la manière de faire du ministre?

Nous sommes partagés. Nous constatons une plus grande écoute, sans comprendre quels effets pourront avoir nos demandes et observations. Le questionnaire pour les enseignants et enseignantes, envoyé précipitamment, ne respecte aucune condition d’un remplissage et d’un traitement efficaces. Et si nous partageons certaines idées générales annoncées par le ministre, comme une attention à l’écriture, la lutte contre les inégalités sociales à l’école, les annonces rapides, apparemment destinées au grand public, posent des dictats, sur des classes de niveau par exemple, dont nous ignorons si sera possible une discussion appuyée sur la recherche.

Vous invitez enseignants, enseignantes, associations à se saisir de cet appel pour un grenelle alternatif de l’école. Qu’en escomptez-vous?

Nous cherchons à constituer un collectif qui pourra être force de contreproposition. Durant cette année scolaire, ce collectif élaborera des propositions pour une école humaniste. L’AFEF propose un texte « École en danger : résistons, tous ensemble ! » accessible en ligne.

Le premier rendez-vous aura lieu en ligne le 13 décembre, le collectif réuni décidera de la suite du processus et d’autres dates de rendez-vous.

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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L’Expresso du 21 novembre 2023

21 November 2023 at 06:45

Après Rennes, Roubaix, Dax, Lyon, Orléans, Nantes, Bordeaux, Paris… le Forum des Enseignantes et Enseignants Innovants revient et fera souffler le vent de la créativité dans les Salons de Blossac à Poitiers du 8 au 9 décembre 2023.   Deux jours de pause pour oublier, un peu, combien les temps sont difficiles pour les profs,…

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Le Forum des Enseignants Innovants, initié par le Café pédagogique en 2008, constitue un événement dans le paysage éducatif français. Ce rendez-vous a pour vocation de mettre en lumière les pratiques pédagogiques novatrices et de favoriser les échanges entre les acteurs de l’éducation.   Depuis ses débuts, le FEI témoigne de l’évolution constante des démarches…

L’Expresso du 21 novembre 2023

- Le fait du jour -

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L’Institut des Politiques Publiques remet aujourd’hui un rapport sur la ségrégation sociale en milieu scolaire au Conseil d’Évaluation de l’École. Rédigé par trois économistes : Pauline Charousset, Marion Monnet et Youssef Souidi, il répond à une commande de l’institution. Son objectif ? « Dresser un état des lieux des articles publiés en économie sur les…

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Peu de chances que les élèves de Graulhet aient classe aujourd’hui. Sur les cinq écoles de la ville du Tarn, deux seront fermées fautes de professeurs, deux autres fortement perturbées. La raison ? La décision pour une majorité des enseignants et enseignantes de la commune de se mettre en grève mardi 21 novembre à la…

« C’est la nouvelle tendance dans le monde de l’entreprise : pour manager une équipe, il faut instaurer de la confiance et chercher le consentement plutôt que d’imposer des décisions par la coercition » écrit Laurence De Cock. Pourtant, les enseignants et enseignantes résistent à cette tendance, ils résistent « face à cette transposition des méthodes entrepreneuriales dans…

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Le Cafe pédagogique vous propose de redécouvrir les pépites des précédents Forum des enseignantes et enseignants Innovants. Et si c’était vous pour le FEI12?   Comment rendre attractif la culture et la langue de l’autre ? Comment faire de ces différences des supports d’apprentissage riches ? « Le voyage de Piron » est un projet…

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La Cité des sciences et de l’industrie programme pour les enfants de 6 à 15 ans des stages de science pendant les vacances de Noël. Huit thématiques sont proposées aux jeunes sur une journée: Archéologie, Une journée électrique, Dessin animé, Initiation à la robotique, Robot humanoïde, Initiation à l’astronomie, Biologiste en herbe, À l’époque des pharaons.…

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Un nouveau mécanisme de transfert d’ADN entre bactéries a été découvert par des chercheurs de l’Inserm, du CNRS et de l’université Claude-Bernard de Lyon 1. Grâce à des techniques de microscopie innovantes, les chercheur ont pu mettre en évidence que le transfert d’ADN peut également se produire entre des cellules physiquement distantes. Détaillée dans la…

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Le BRGM présente une série courte sur la pollution des sols, mettant en avant les polluants courants, leur description et leur activité. Le but de cette initiative est de sensibiliser le public aux effets de la pollution des sols répandu dans notre vie quotidienne. Les animations pédagogiques expliquent les sites et les sols pollués et…

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L’ouvrage de 204 page “Du labo à la classe : Écologie de la santé” est proposé sur le site de l’APBG. Créé grâce au soutien de l’académie de Montpellier, de l’enseignement agricole et de l’université de Montpellier, la production riche en contenu trouvera sa place sur le bureau des professeurs de SVT pour préparer ses…

L'édito

L’École, toujours debout

Aujourd’hui, cela fait trois ans. Trois ans que l’infâme a frappé notre école en plein cœur. Trois ans que le terrorisme a attaqué ce qui fait notre République. Alors que nous pleurons encore Samuel Paty, il y a trois jours, l’infâme a à nouveau frappé. Dominique Bernard est mort, assassiné par un ancien élève. Un…

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Les disciplines

Les derniers Expressos

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Une enseignante menacée

20 October 2023 at 05:07

@Philippe Bazin, Calais 2022

Quelques heures après l’attentat d’Arras, Sophie Djigo professeur de philosophie dans l’académie de Lille, était la cible de cyberharcèlement et de menaces de mort de la part de la fachosphère. Son tort ? avoir mené un projet interdisciplinaire sur le thème de l’exil et des frontières avec une sortie pédagogique à Calais et des ateliers pour permettre aux étudiants de rencontrer des bénévoles au contact quotidien des migrants. C’était en janvier dernier, et déjà elle avait fait les frais d’une campagne de calomnie sur les réseaux sociaux.

Dans un article, le Huffingtonpost décrit l’enchainement des évènements le vendredi 13 octobre dernier. « Ce vendredi 13 octobre, il est midi et seize minutes quand Damien Rieu, cadre chez Reconquête ! en charge de la propagande numérique, publie un tweet visant à la fois l’enseignante et la journaliste qui lui a donné la parole. « Il y a 24 heures, la Voix du Nord et [Laurie Moniez] offraient une pleine page à une prof militante LFI dirigeante d’une association pro migrants pour expliquer que le danger à l’école, c’était les Parents vigilants de Reconquête. Aujourd’hui, un fan du Hamas frappe un lycée à Arras », tweete ce proche de Marion Maréchal Soit moins d’une demi-heure après la première alerte AFP sur l’attaque commise par Mohammed M., diffusée à 11 h 49. Ce samedi 14 octobre dans la matinée, ce message avait été vu plus de 350 000 fois, selon le compteur de vues affichées sur la publication. Puis c’est le compte de Pierre Sautarel, aux commandes du navire amiral de la fachosphère, Fdesouche, qui publie un tweet similaire, avec la même capture de l’article : plus de 480 000 vues. Une viralité qui a entraîné son lot de commentaires orduriers, voire de menaces à l’encontre de l’enseignante, comme l’a rapporté Libération. Ce samedi, il suffit de taper le nom de Sophie Djigo dans la barre de recherche de X (ex-Twitter) ou de consulter les citations de la publication de Damien Rieu pour constater que de nombreuses menaces sont toujours en ligne. « Sophie Djigo était encore sous le choc de ce qui venait de se dérouler au lycée Gambetta d’Arras lorsqu’elle a découvert ce torrent de haine. Elle nous indique avoir procédé à un signalement auprès des forces de l’ordre et dit accuser le coup », écrit Libération ».

Plusieurs syndicats, dont la FSU, le SNES-FSU, soutiennent l’enseignante.

 

L’article du Huffingtonpost

 

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L’Expresso en vacances

20 October 2023 at 05:07

Une image contenant plein air, ciel, plage, rive Description générée automatiquement Du 21 octobre au 5 novembre, votre Expresso prend des vacances. Cependant nous restons actifs quotidiennement sur notre fil Twitter. Et nous continuons à suivre l’actualité.

 

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Jean-Paul Delahaye : « Une école commune… et pas seulement pour ceux qui vont bien »

20 October 2023 at 05:00

C’était il y a 15 jours, le 5 octobre, lors de la journée des enseignants, le ministre de l’Éducation promettait un « choc des savoirs » et annonçait une mission de huit semaines pour tout réformer : recrutement des enseignants au niveau bac pour une formation au sein « d’écoles normales du XXIe siècle », fin des cycles, généralisation les classes de niveau, labellisation les manuels scolaires… Jean-Paul Delahaye, ancien DGESCO, nous livre son analyse de ces annonces. Selon lui, ces annonces ne règlent pas la question des inégalités qui « ne nuisent pas à tout le monde » . Comment ne pas voir qu’il existe une véritable lutte de classe dans notre système éducatif ? » interroge-t-il. « Cette situation, mesurons-le, met en danger la cohésion de notre pays ». Il répond aux questions du Café pédagogique.

 

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Description générée automatiquementQue vous inspirent les annonces du 5 octobre dernier de Gabriel Attal ?

Une série d’annonces ne fait pas une politique d’ensemble et communiquer n’est pas réformer, il faut donc attendre un peu avant de se prononcer. Ce que je peux dire, à ce stade, c’est qu’on court le risque que les huit semaines prévues par le ministre pour préparer des mesures ne laissent pas beaucoup de temps pour faire partager le diagnostic sur l’état de notre école à l’ensemble des citoyens et singulièrement aux familles populaires. Et sans diagnostic partagé, il est difficile de construire du consensus ensuite. Ce sont les enfants des familles populaires que l’on retrouve massivement parmi les élèves en difficulté, ces familles ont des choses à nous dire sur l’école, écoutons-les, notamment grâce aux associations qui les représentent le mieux comme ATD Quart-Monde ou le Secours Populaire par exemple. Ces familles ne veulent pas d’un traitement à part de leurs enfants, elles veulent une école commune, conçue pour tous dans le cadre de la scolarité obligatoire, et pas seulement pour ceux qui vont bien. Compte tenu des problèmes que nous rencontrons, une réforme de l’école ne peut plus sortir toute ficelée d’un seul travail d’experts, aussi compétents soient-ils. Les pays qui s’en sortent mieux que nous dans la lutte contre les inégalités ont su construire sur la durée un consensus politique et se rassembler autour de leur école et de ses personnels

En d’autres termes, il faut davantage de débat politique sur l’école et sans doute moins d’emprise technocratique, surtout quand cette emprise prend une coloration scientiste et autoritaire comme on a pu le voir ces derniers temps.

 

Un débat politique qui se ferait sur quelles bases ?

Il faut se poser des questions qui placent les sujets essentiels au bon endroit.

Donne-t-on la priorité à l’intérêt général ou aux intérêts particuliers ? Est-ce qu’on valorise le collectif pour faire ensemble ou des parcours individuels qui se rapprocheraient d’un sauve-qui-peut général ? Est-ce qu’on scolarise ensemble pendant la scolarité obligatoire ou est-ce qu’on laisse faire un côte à côte qui est d’ores et déjà un face à face mortifère ?

Développe-ton des savoirs pour émanciper et qui fassent sens pour tous les élèves ou empile-t-on des disciplines qui se disputent les meilleures places pour servir à la sélection sociale ? Est-ce qu’on promeut la coopération et le commun qui réunissent ou favorise-t-on la compétition et la sélection précoce qui divisent, une école de la culture qui rassemble ou une école qui fracture ? On pourrait continuer cette énumération mais on voit bien que selon qu’on privilégie telle ou telle option, on ne construit pas la même école et on n’a donc la même société à l’arrivée. Vous voyez qu’on est assez loin de la question de l’uniforme à l’école.

 

Comment expliquez-vous qu’il soit aussi difficile de réformer dans le sens que vous indiquez ?

Regardons les choses en face : les inégalités à l’école ne nuisent pas à tout le monde. Globalement, elles ne nuisent pas aux enfants des milieux favorisés, aux enfants d’enseignants, de journalistes, de cadres supérieurs et des élites dirigeantes. Le plus désolant sans doute, c’est que certaines politiques mises en œuvre répondent aux demandes des élites sociopolitiques, quel que soit par ailleurs leur positionnement politique, à droite, au centre ou à gauche. Celles-ci veulent conserver leur position dominante dans le système éducatif et ont un comportement qui vise plus à restaurer d’anciennes pratiques pour protéger leurs enfants qu’à refonder pour tous (redoublement, classes de niveau, examen de passage en sixième tant qu’on y est…).

Le problème, c’est que les bénéficiaires potentiels d’une politique éducative plus juste n’ont pas les moyens de se faire entendre. Les milieux populaires ne pèsent pas sur les politiques scolaires. Mais ils ne sont pas aveugles et ils voient clairement les injustices à l’œuvre dans notre école. Comment ne pas voir qu’il existe une véritable lutte de classe dans notre système éducatif ? Cette situation, mesurons-le, met en danger la cohésion de notre pays. Si nous n’allons pas résolument vers davantage de justice en faveur des plus démunis, nous courons le risque de voir surgir des mouvements sociaux qui ne se borneront pas à l’occupation de quelques ronds-points. Personne ne peut le souhaiter

Et nous ne répondrons pas à cette demande d’égalité sans un effort collectif de solidarité et, sans doute plus encore, de fraternité. Cela ne relève pas de la seule responsabilité de l’école. C’est Antoine de Saint-Exupéry qui disait « Une démocratie doit être une fraternité, sinon c’est une imposture ».

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

Dans le Café pédagogique

Sur les annonces du 5 octobre

 

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La présidente du jury du CAPES de philosophie remerciée

20 October 2023 at 05:00

Sylvia Giocanti, professeure des universités, était présidente du jury de Capes-Cafep de philosophie depuis trois ans. Elle aurait dû assurer la présidence encore un an, il est d’usage que les jurys se renouvellent tous les quatre ans. Pourtant, en juillet dernier, elle a reçu un courrier l’informant que l’institution mettait fin à ses fonctions. Elle répond aux questions du Café pédagogique.

 

Vous avez été évincée de la présidence du jury de Capes-Cafep de philosophie…

En effet, j’ai reçu un courrier en juillet m’informant que je ne présiderai plus au jury de ces concours. Il y est fait état de ma « volonté de m’écarter de l’application des consignes de l’administration visant au bon déroulement des concours ». Il m’est aussi reproché d’avoir « procédé à la promulgation par ordre alphabétique (et non de mérite) des résultats des concours en matinée sans attendre la publication du ministère, en violation des dispositions du dernier alinéa de l’article 18 de l’arrêté du 25 janvier 2021 fixant les modalités d’organisation des concours ». Les publications des résultats – sur le site du ministère et en présentiel – doivent être simultanées. Le jury avait envoyé les documents à 16 heures la veille, j’avais confirmé, à la demande du ministère, que je promulguerais les résultats à 10 heures, horaire fixé de longue date. Les candidats et candidates étaient présents pour entendre les résultats, mais aussi pour rencontrer les membres du jury et comprendre les raisons de leur échec, pour ceux qui ne l’ont pas réussi. Le ministère connaissait notre organisation, ils ne m’ont pas informée que les résultats ne seraient mis en ligne qu’à 15 heures. J’y vois une forme de stratagème pour me mettre en difficulté.

Ne recevant pas les listes signées par le ministère, j’ai attendu une heure puis j’ai promulgué les résultats en précisant bien que c’était sous réserve de l’officialisation du ministère. Il n’y a eu aucune erreur, bien heureusement.

Mais la raison réelle, c’est le reproche qui m’est fait de m’écarter à « plusieurs reprises de l’application des consignes de l’administration visant au bon déroulement des concours »

 

Quels sont donc ces écarts qui vous sont reprochés ?

On me reproche mon indépendance, qui appartient normalement à toute présidence de jury de concours. On me demande, on nous demande, une application des textes sans aucune marge de liberté dans l’interprétation même de ces textes.

Par exemple, selon l’administration, lors des entretiens professionnels des candidats, on devrait exclure toute évaluation de type disciplinaire, en lien donc avec les compétences en philosophie. Leur idée c’est qu’il y a contradiction entre l’évaluation des savoirs et l’évaluation professionnelle. Pour eux, la professionnalité se résume à l’attitude à avoir en classe avec les élèves.

Lors de l’épreuve professionnelle, on interroge les candidats sur la conduite à tenir si un élève remet en cause certains principes, tels que la laïcité ou l’égalité. Face à la contestation possible des valeurs de la république – déclinée dans plusieurs situations, l’institution attend des futurs enseignants qu’ils convoquent les différents textes réglementaires – au sens de la loi et de l’établissement, pour une application sans réflexion. Elle attend d’eux qu’ils déploient des attitudes toutes prêtes en tant que fonctionnaire. Ils refusent qu’il y ait également une analyse philosophique de ces situations. Pour l’institution, c’est un écart. La posture institutionnelle est à l’encontre même du principe d’éducation.

On attend donc des professeurs qu’ils appliquent les directives, qu’ils prêtent allégeance, qu’ils montrent qu’ils obéissent à la loi de l’État et au règlement de l’établissement. Ils refusent les initiatives personnelles qui viennent de la discipline (enseignée) elle-même. Finalement, le simple fait d’analyser, de discuter, c’est faire preuve d’insoumission, c’est se rebeller.

En tant que jury, on trouve cela inacceptable. Pour sortir du conflit, il ne s’agit pas seulement de faire un rappel à l’ordre, mais aussi d’expliquer, de répondre de manière avisée aux objections

 

Mais pourquoi ne pas appliquer les directives ?

Si on demande à un professeur des universités de présider un jury de concours, c’est parce que justement c’est une personne indépendante, non inféodée à l’institution. Avoir un universitaire permet, d’une part, d’avoir une caution scientifique du point de vue disciplinaire et d’autre part, dans le cadre d’une société démocratique, d’avoir un esprit critique qui s’exerce par rapport à l’institution. La mission n’est pas celle d’une pure obéissance.

Je dépends d’un autre ministère, pour moi assurer la présidence, c’est faire preuve de dévouement, c’est servir l’institution autrement que par l’adoption d’une attitude de soumission.

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

Signer la pétition de soutien 

 

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La formation, c’est du temps de travail POUR et AVEC nos élèves

20 October 2023 at 05:00

Dès sa conférence de rentrée, Gabriel Attal annonçait que plus une seul heure de cours ne serait perdue à cause de la formation des enseignants. Cette annonce, faite à quelques jours de la rentrée, est venue chambouler l’organisation des plans de formations décidés longtemps à l’avance. Une annonce faite en dépit des très nombreuses recherches qui rappellent que la souffrance au travail et, donc le manque d’attractivité des métiers du professorat, est aussi liée au manque de formation. Cette annonce, elle ne passe pas pour Daniel*, professeur de français en Seine-Saint-Denis, et formateur depuis 10 ans. Cette année, il a décidé de refuser d’animer des temps de formation. Il explique les raisons de ce refus.

 

Une image contenant habits, personne, Visage humain, intérieur Description générée automatiquement Formateur d’enseignantes et d’enseignants (de la maternelle à l’université) depuis bientôt 10 ans, professeur de français en Seine Saint-Denis depuis bientôt 20 ans, témoin du fait que des collègues ont repris goût au métier et ont retrouvé le sens de leur travail après avoir vécu des formations, je vais pourtant être contraint de refuser d’en animer.

En effet, à l’occasion de cette rentrée 2023, nous avons appris que les formations devront avoir lieu en dehors du temps professionnel. L’objectif est qu’« à l’horizon de la rentrée 2024, 100 % des formations [soient] assurées en dehors du temps de face-à-face pédagogique ». C’est pourtant contraire au travail des enseignantes et enseignants, comme aux missions des personnes qui les forment.

 

Pourquoi ce refus ?

Avant tout, les enseignants ne sont pas « face-à-face » par rapport aux élèves. Dans une classe, la priorité nationale est de former des citoyens, c’est-à-dire « de l’école au lycée, […] s’adresse[r] à des citoyens en devenir qui prennent conscience de leurs droits, de leurs devoirs, de leurs responsabilités ». Nous sommes donc, en classe (comme en formation), AVEC nos élèves. Chaque jour, nous cherchons la meilleure manière de mettre en place des situations d’apprentissage qui permettent à chaque élève d’acquérir des connaissances en s’appuyant sur le groupe. Cela contribue à constituer la classe en un collectif de recherche qui formule et institutionnalise, avec l’aide du professeur, les savoirs et règles à apprendre. C’est ce qui permet à chaque élève de dépasser ses confusions, ses lacunes, de développer compétences et culture.

Si nous pensions que le groupe classe n’était pas nécessaire, il suffirait, comme nous l’avons précisément connu pendant les confinements récents, que chaque élève soit seul devant une machine. Nous avons pu constater à quel point cela a été déstructurant pour les élèves tant au niveau des apprentissages que des liens sociaux.

Il en est de même pour les enseignants. Nous avons besoin, nous aussi, d’être réunis, en groupe, en présences issues d’horizons différents, d’approches disciplinaires différentes –voire de terrains d’exercice différents–, pour nourrir et mettre en questionnement nos pratiques pédagogiques et trouver les meilleures manières d’enseigner pour nous et nos élèves.

Ainsi, quand des enseignants se forment, ils sont, effectivement, physiquement absents de leurs cours. Cependant, ils travaillent POUR et AVEC leurs élèves en tête. Ils sont mentalement présents avec leurs classes. Et, quand ils reviennent en cours, ils sont davantage prêts à aborder les difficultés des élèves par d’autres biais.

Ceci implique un double constat.

Pour être sérieusement formés : les enseignantes et enseignants ont besoin d’être formés en groupes et en présence (pas en trinômes, binômes, face à face ou à distance) et les enseignantes et enseignants ont besoin d’un temps spécifique (et pas après leurs heures de cours, entre deux cours, les jours de fins de semaine ou les jours de vacances).

Être en présence, en groupe, dans un temps prévu, permet de vivre, partager et analyser des situations grâce auxquelles il est possible d’« élaborer l’expérience », de « provoquer le dialogue » et d’ouvrir des possibles.

Ne pas tenir compte de ces constats, c’est non plus former les enseignants, mais tout juste, et dans le meilleur des cas, les informer. C’est aussi aller à l’encontre des principes étudiés lors de la certification nationale de Formateur Académique (CAFFA) et des raisons pour lesquelles je suis devenu formateur.

 

Pourquoi je suis devenu formateur ?

En 2005, lors de mon entrée dans le métier, ce sont les formations, c’est-à-dire des formatrices et des formateurs intervenant pendant le temps professionnel, qui m’ont permis d’avoir le temps de devenir un (meilleur) enseignant pour et avec les élèves.

En entrant dans le métier, j’ai plongé dans la complexité de l’enseignement. J’ai été dépassé par la multitude de choix qui fait le quotidien de notre activité. J’ai immédiatement constaté qu’« enseigner, c’est prendre des décisions », sans cesse, avant, pendant et même après les cours. Dans ce tourbillon, un repère solide : la formation. Formation de l’académie de Créteil ; formation en lisant notamment les Cahiers pédagogiques, revue conseillée par une formatrice de Créteil et, plus particulièrement, formation animée par des représentantes et représentants du mouvement de recherche et de formation en éducation – reconnu d’utilité publique : le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN). Elles et ils étaient venus faire vivre à l’équipe pédagogique dont je faisais partie, sur le temps des heures de cours, des démarches pour nourrir et interroger nos positionnements.

Ce temps précieux m’a permis de me construire quelques repères –toujours à actualiser– pour effectuer mes choix, de trouver les priorités cohérentes avec les cadres de l’institution et des programmes. Surtout, cela m’a permis –et me permet encore– dans mes cours, d’embarquer les élèves dans des travaux d’exploration littéraire, de les engager dans l’écriture et la prise de parole, d’étudier la langue française avec eux. J’ai pu mettre en place des activités qui font sens pour eux comme pour l’enseignant, et qui les font progresser dans leur conquête de la culture écrite.

Quand on m’a proposé de devenir formateur, j’ai accepté parce que j’expérimentais les effets de ces apports déterminants et fondamentaux dans mes classes.

J’ai constaté que, pour faire évoluer nos pratiques et nos positionnements, il nous faut vivre nous-mêmes des moments de travail ensemble qui permettent de découvrir qu’il y a d’autres manières possibles de mettre en œuvre les mêmes programmes, et lesquelles, parmi ces autres manières, ont du sens et parvenir à faire vivre aux élèves ce que nous avons vécu : une découverte, redécouverte, des questions et savoirs, parfois millénaires, que nous transmettons et leur histoire.

C’est ce que je fais vivre, depuis des années, à des enseignantes, des enseignants, des personnels de direction et d’encadrement, des inspectrices et des inspecteurs, des collègues de la maternelle jusqu’à l’université, en passant par les lycées professionnels et techniques, les IUFM, puis ESPE puis INSPE.

Cette année, je devais encore le faire.

Je voudrais encore le faire.

 

Une décision ministérielle qui contredit les priorités nationales et académiques

Il y a un réel problème d’effectif d’enseignants. Mais supprimer la formation sur le temps de travail, pour la déplacer sur des temps où les enseignants ne doivent pas être pris dans leur journée de travail, ce n’est pas résoudre tout ou partie de ce problème, c’est l’accentuer.

Les personnels formés ne seront pas disponibles, seront tout juste informés de manières d’exercer leur métier. Nous savons bien, pourtant, que « chacun ne reçoit pas en partage une expérience prête à l’usage ». Les enseignantes et enseignants ont besoin d’un lieu et d’un temps pour comprendre et prendre conscience de possibles permettant d’étendre la palette de leurs outils et gestes professionnels. Il leur faut traverser d’autres pratiques qui interrogent nos pratiques quotidiennes, qui poussent à penser et voir différemment ce qui est proposé à chaque élève toujours singulier, chaque classe toujours unique.

Ces défis, chaque fois nouveaux, se présentent en termes de difficulté, de rapport à l’apprentissage. Mais si un sentiment d’impuissance à faire progresser les élèves persiste, le nombre de personnels démobilisés continuera à augmenter. Le problème d’effectif ne fera, en fait, qu’empirer.

Chercher à résoudre le manque d’enseignants en modifiant la forme des temps de formation est une destruction du contenu –et du sens même– de ces formations. Le message de ces formations est directement atteint par l’altération du medium qui est annoncé.

Nous le savons au moins depuis 1964, quand Marshall Mc Luhan écrivait : « le médium, c’est le message ». Supprimer les temps de travail longs durant le temps professionnel, indispensables pour objectiver les difficultés rencontrées, au profit d’« extension du calendrier » et d’« hybridation des formations » va accentuer la distance entre enseignants. Dans les faits, c’est détruire leur formation continue.

Seul le temps long, inclus dans le temps de travail professionnel, permet de se former, de réfléchir à ses pratiques, d’en vivre de nouvelles. Car c’est accepter un temps où nous prenons le risque de changer, d’évoluer.

Ce qui nous est imposé est d’ailleurs contraire aux conclusions du Grenelle de l’éducation, qui insistaient pourtant sur l’importance de la formation.

Cela contredit aussi les priorités académiques de Créteil qui mettent judicieusement en avant « la maîtrise et le partage des savoirs, la construction de trajectoires de réussite, l’ouverture sur le monde, la qualité de la vie professionnelle ».

Dans le cadre de temps de travail inclus dans le temps professionnel, les formations peuvent rester des moments de transformation de notre rapport à ce métier qui évolue sans cesse, pour et avec les élèves.

C’est cela, notre travail à nous, enseignantes et enseignants ; pour que nos élèves (re)trouvent des mobiles d’apprentissage, se mettent au travail et puissent développer leur pensée, agir dans et pour notre monde qui change.

 

Daniel*, un enseignant formateur qui ne sera plus formateur cette année

*pseudonyme

« J’enseigne, oui, j’enseigne, et quand puis-je apprendre ?

Grand Dieu, je ne suis pas aussi savantissime

que ces messieurs de la Faculté de Philosophie.

Je suis bête. Je ne comprends rien à rien.

Je suis donc forcé de boucher les trous de mon savoir.

Et quand puis-je le faire ? »

Bertolt Brecht, La vie de Galilée (1955).

Traduction d’Eloi Recoing

« Les milieux ne sont pas des contenants passifs,

mais des processus actifs. »

Marchall Mc Luhan, Pour comprendre les médias (1964).

Extrait de l’introduction à la deuxième édition.

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Bruno Devauchelle : L’image, une question d’éducation ?

20 October 2023 at 05:00

A l’heure où l’image est constante, qu’elle distille informations et fake news, Bruno Devauchelle, chercheur spécialiste du numérique en éducation, analyse la place de son éducation dans le cursus scolaire des élèves, place très limitée. « Il semble nécessaire que l’image, fixe ou animée, fasse réellement l’objet d’un travail constant en éducation, aussi bien à l’école qu’en dehors. Cela commence par une sensibilisation des enseignants dès leur formation initiale » écrit-il.

 

Une image contenant texte, Appareil de communication, fournitures de bureau, Appareil de communications portable Description générée automatiquement La simple observation des usages des smartphones et de certains réseaux sociaux numériques met en évidence la place prise par l’image fixe ou vidéo dans notre vie quotidienne. Le monde scolaire, arc-bouté sur le lire, l’écrire et le compter, sait-il a quel point il est urgent de s’emparer de la question des images comme élément désormais central du développement personnel et collectif ? Chaque évènement est désormais traduit par la diffusion de photos ou de vidéos issues de nos smartphones, comme en témoignent les vidéos de l’attentat d’Arras ou de Bruxelles. Mais, plus encore, notre vie quotidienne est désormais accompagnée d’un aller-retour constant entre la visualisation d’images partagées ou non, et la prise de photos ou de vidéos, partagées, elles aussi ou non. Ainsi que le note André Gunthert dans un entretien à Libération, on conserve davantage de ces photos qu’on ne les partage, mais ce partage a été amplifié dans l’espace numérique social. Or le partage public par les parents de photos de leurs enfants n’est pas sans interroger les pratiques privées publiques autour de l’image de soi, l’image des proches. De même l’exposition de soi par les jeunes et les enfants eux-mêmes confirme l’importance de pratiques qui, chez les adultes, sont très courantes, au risque de détournements devenus de plus en plus courants… du fait des moyens technologiques de retouche voir de modification profonde d’image et de vidéo, quand ce n’est pas simplement la fabrication automatique (deep fake…).

 

La place de l’image en éducation, pas vraiment nouveau !

L’éducation à l’image n’est pas nouvelle ! Et pourtant elle n’a pas dans la scolarité la place qu’elle a dans la société actuelle. On se rappelle cet ouvrage régulièrement réédité : “petite fabrique de l’image” (Forzat JC, Garat AM, Parfait F. Magnard, 1988) dont l’objectif était de fournir un outil au service de l’éducation à l’image, qui était prévue dans le cadre des programmes des enseignants de lettres au collège. Rappelons aussi le travail de René la Borderie dans son ouvrage de 1996 “Education à l’image et aux médias” qui fait suite à un travail initié dès 1964, ce qui témoigne de la permanence de la question de la place à donner à l’image en éducation. Rappelons encore l’histoire de l’association “Langage Total” au travers de cet article : ” Du ciné-club à la pédagogie du langage total” (A. Vallet, Études 1966/7 (Tome 325), pages 31 à 45) qui montre aussi l’importance de cette articulation école/société. L’école peut-elle encore ignorer l’image, elle qui l’utilise de plus en plus au quotidien.

Si vous allez dans la plupart des salles de classe, vous y découvrirez un vidéoprojecteur ou un tableau numérique interactif. Du primaire au lycée, l’affichage en grand est désormais permis pour les images numérisées, fixes ou animées. Les plus anciens se rappellent avec nostalgie ces panneaux colorés, cartes géographiques, historiques, ou schémas de toutes sortes destinés à expliquer aux élèves. Les autres se rappelleront aussi les diapositives projetées sur un mur et même dès le début des années 60 – 70, l’utilisation des vidéos pour illustrer un enseignement (l’auteur se rappelle le documentaire télévisé consacré à Gaston Bachelard projeté en classe de philosophie en 1973). Les enseignants ont depuis toujours identifié le potentiel mobilisateur et pédagogique des supports visuels. Est-ce pour autant qu’ils en maîtrisent les codes et savent les analyser, les comprendre, les expliquer ?

 

Quelques repères sur l’image et ses usages

On propose en premier lieu de (re)lire l’ouvrage “L’image partagée, La photographie numérique” d’André Gunthert (textuel 2015) qui fournit de nombreuses clefs de compréhension et d’analyse que l’on peut prolonger par le suivi de son blog qui actualise ce travail. On propose ensuite de s’interroger à propos des pratiques “visuelles” des élèves. Outre la fréquence de visualisation, les sources qu’ils utilisent, leurs fabrications, pour l’enseignant, il s’agit de situer la manière dont les élèves “vivent” avec les images pour ensuite pouvoir intégrer cela à leurs propres usages pédagogiques des supports visuels. On propose aussi aux enseignants de fabriquer eux-mêmes des vidéos et de faire des photos pour en mesurer et comprendre le passage du fait à sa représentation. Lors de l’engouement pour les classes inversées, nous avons pu observer l’analyse critique que font des enseignants des productions de leurs collègues. Nous avons pu observer combien le regard est formaté par les habitudes personnelles basées sur les pratiques culturelles de l’image, en particulier lié à la télévision. En proposant à des élèves de lycée professionnel regarder un journal télévisé traditionnel, il y a près de quarante années, nous avons pu observer combien l’accès à la compréhension des contenus était diversifié et souvent très réduit. Outre la compréhension des commentaires, cela croisait la perception des images et vidéos utilisées pour illustrer les sujets abordés, ce qui amenait les élèves à ne se souvenir que de peu de choses et d’évacuer rapidement tous les passages qui ne les intéressent pas directement (biais de conformité oblige) ou qu’ils ne comprenaient pas (biais d’ignorance).

 

Éduquer aux images : et le contexte !

Il semble nécessaire que l’image, fixe ou animée, fasse réellement l’objet d’un travail constant en éducation, aussi bien à l’école qu’en dehors. Cela commence par une sensibilisation des enseignants dès leur formation initiale. Apprendre à identifier nos faiblesses d’analyse personnelle est un élément essentiel pour commencer. Par la confrontation des lectures possibles, par des mises en situation de consommation et de production pédagogique, suivis d’une approche critique de tous ces supports visuels, il s’agit d’engager l’enseignant dans une posture de distance critique avec les supports visuels. L’un des aspects les plus importants de cette approche est celui de la contextualisation du support. Image fixe ou vidéo, le support visuel a une histoire un contexte, un avant et un après, un champ et un hors champ… et aussi une intention. Envahis que nous sommes au quotidien par la multiplicité des images, il nous arrive souvent d’en oublier la complexité même et donc les significations possibles.

 

Le doute pour construire le sens

Vis à vis des élèves, le questionnement des supports visuels doit être constant et présent dans toutes les disciplines. D’abord parce que ces images ne sont que la “fabrication” technique de faits réels ou imaginés. Ensuite parce que la complexité d’un support visuel est toujours à expliciter. Enfin parce que l’image touche aussi aux émotions voir à l’affect et qu’il faut accepter de reconnaître cela pour soi, car cela amène à des compréhensions partielles ou partiales. Chaque jour les élèves, les jeunes utilisent des images pour leur propre loisir et intérêt en dehors des activités scolaires. Il suffit d’observer l’usage de ces vidéos courtes, de ces images de toute nature, qu’une personne regarde sur son smartphone lors des moments dits interstitiels (transports, récréations, attentes…) pour comprendre que la première perception est avant tout une “im-pression”. La perception initiale d’un contenu visuel est d’abord sensible, affective, bref cela touche à nos émotions et à nos centres de préoccupation et d’intérêt avant même toute forme de prise de distance et d’analyse critique. On rétorquera qu’il faut vivre avec son temps et accepter cela ! Nous proposons plutôt une éducation au doute, à l’interrogation, même a posteriori pour que le sensationnel ne prenne pas le dessus sur le réel !

 

Bruno Devauchelle

 

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Réécrire le règlement intérieur en langue égalitaire ?

20 October 2023 at 05:00

Hubertine Auclert écrivait dans « Le Radical » le 18 avril 1898 « L’omission du féminin dans le dictionnaire contribue plus qu’on ne le croit à l’omission du féminin dans le droit. L’émancipation par le langage ne doit pas être dédaignée ». Aurait-elle imaginé que 128 ans plus tard la question n’aurait toujours pas été réglée, que la légitimité de celle-ci serait encore discutée, jusqu’aux bancs mêmes de l’Assemblée Nationale le 12 octobre 2023 ? Convaincue que la langue peut être un vrai levier en matière de lutte contre les discriminations, et menant de nombreux projets autour de l’égalité entre les filles et les garçons, la Cité scolaire de l’Iroise à Brest s’est lancé le défi de réécrire en langue égalitaire son règlement intérieur. Myriam Lechevalier-Bekadar, professeuse d’Histoire-Géographie au collège, et Chantal Philippe, professeuse-documentaliste au lycée, reviennent, pour l’ensemble du groupe investi dans le projet, sur ce travail de rédaction à plusieurs mains.

 

Une image contenant ciel, plein air, arbre, bâtiment Description générée automatiquementSur quelles convictions votre projet s’appuie-t-il ?

Quand on croit aux « forces de l’écrit », on sait bien que le monde ne changera pas vraiment sans que ne changent les mots pour le dire, et donc qu’une représentation plus inclusive par une langue plus égalitaire est un outil certes insuffisant, mais précieux pour lutter contre l’invisibilisation des femmes, et donc pour l’égalité entre les femmes et les hommes.

C’est d’ailleurs ce que ne cessent de préconiser de nombreux textes officiels depuis la « Commission de terminologie chargée d’étudier les possibilités de la féminisation des noms de métiers, titres et fonctions » mise en place en 1984 par Roudy, jusqu’au B.O de 2021, sous le ministère Blanquer « Règles de féminisation dans les actes administratifs du ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et les pratiques d’enseignement », en passant par le guide publié sous le gouvernement Jospin « Femmes, j’écris ton nom… », ou la Circulaire du 21 novembre 2017 relative aux règles de féminisation et de rédaction des textes publiés au Journal officiel de la République française sous celui de Philippe.

Car si on retient parfois de certains de ces textes uniquement ce qu’ils proscrivent (essentiellement l’usage du point médian), on oublie qu’absolument tous prescrivent l’usage d’une langue moins sexiste par le recours à la féminisation des métiers, voire à l’usage de la double flexion ou de la forme épicène.

L’Education nationale a bien évidemment un rôle prépondérant à jouer dans ce mouvement de démasculinisation et reféminisation de la langue, et se doit, elle qui a au cœur de sa mission la lutte contre les discriminations, de montrer l’exemple. Alors qu’attendions-nous pour nous attaquer au règlement intérieur justement destiné à la totalité de la communauté éducative (y compris aux élèves et aux familles) et consultable par tous et toutes ?

 

Comment le groupe s’est-il constitué et comment a-t-il travaillé ?

Pour comprendre notre travail, il faut remonter un peu dans le temps. Depuis plusieurs années un certain nombre d’actions étaient menées dans l’établissement autour de l’égalité filles / garçons, mais de manière assez confidentielle, un peu chacun.e dans son coin, et en ayant du mal à se diffuser et à créer de véritables synergies.

A la rentrée 2016, a germé alors l’idée de monter le « Groupe Mixité », avec l’aide de la référente académique de l’époque, Nicole Guenneugues. Son objectif était de fédérer, mutualiser un peu tout ce qui se faisait, de donner aussi davantage de légitimité, de poids, de visibilité, de cohérence, de susciter les bonnes volontés, d’impulser une dimension plus collective…Pendant un an, en réalité cela en a pris deux, le groupe s’est donné pour objectif de rédiger une Charte « Egalité filles / garçons » pour formuler un certain nombre d’engagements collectifs de l’établissement.

Mais une fois défini.es des orientations et des enjeux, il fallait aussi accompagner la mise en œuvre de cette Charte. Pour mener à bien ces nouveaux défis, le groupe s’est peu à peu renouvelé, de nouvelles personnes se sont inscrites dans le dispositif, venant enrichir la réflexion. Se sont organisés aussi des temps de formation en direction de l’ensemble des collègues. Le groupe, par exemple, a ainsi fait venir Gaël Pasquier et Fanny Gallot pour une présentation de leur livre J’enseigne l’égalité filles-garçons.

Un des articles de la Charte proposait de « Favoriser l’utilisation d’une communication sans stéréotype de sexe ». Article compliqué à formuler et à mettre en œuvre, car sur ce sujet, malgré les directives ministérielles, demeurent pas mal d’incompréhension et d’idées reçues, donc d’hostilité, exprimée plus ou moins explicitement. Mais nous avons eu la chance que les chefs qui se sont succédé depuis la constitution du groupe, aient tous été favorables au travail que nous menions.

A la rentrée 2022, une équipe réduite, composée de trois femmes, enseignantes, et d’un homme, conseiller principal d’éducation, s’est donc attelée, avec l’appui sans faille du Proviseur de la Cité scolaire, et l’assentiment de l’ensemble du C.A, à la réécriture du règlement intérieur du Lycée pour le mettre aux normes d’une langue plus égalitaire. Nous avons commencé à travailler en étant convaincu.es qu’en 2 ou 3 heures de relecture le tout serait bouclé. Cela a été en réalité « un peu » plus long, car bien que l’établissement soit actif sur les questions d’égalité filles/ garçons, le règlement intérieur n’avait jamais été toiletté sous cet angle. Il restait donc assez « archaïque » : fonctions encore uniquement masculinisées ou féminisées, selon les unes et les autres, usage systématique du masculin invisibilisant totalement les femmes, aucun recours aux formes épicènes ou à la double flexion … Mais tout chronophage qu’il ait été, ce travail de fourmi a aussi été beaucoup plus enthousiasmant que ce que nous imaginions, se transformant en véritable jeu de traque. Et nous avons pu présenter le nouveau règlement au C.A de juin 2023 qui l’a adopté à l’unanimité.

 

Pouvez-vous donner quelques exemples de réécriture ?

Certaines situations sont simples à résoudre par l’utilisation de la double flexion : « Le chef d’établissement » devient « Le chef ou la cheffe d’établissement », ou d’une forme épicène  « Les parents » deviennent « Les responsables ». Il faut toutefois gagner en astuce parfois pour alléger le texte d’une double flexion systématique. Par exemple « Tout élève » peut bien sûr devenir « Tout et toute élève », mais ce redoublement systématique est lourd ; donc on va alors plutôt chercher une reformulation telle que « Chaque élève ».

Mais d’autres situations sont plus complexes, en particulier lorsqu’on veut éviter d’utiliser le masculin comme un neutre universel, ou le laisser « l’emporter sur le féminin ». Dans ce cas on se trouve face à un véritable jeu de réécriture. Par exemple : « Les lycéens doivent être ponctuels pour ne pas perturber le bon déroulement du cours par correction à l’égard du professeur » va devenir « Les élèves ont une obligation de ponctualité pour ne pas perturber le bon déroulement des cours par correction à l’égard de l’équipe enseignante ». Autre exemple : « L’inscription d’un élève vaut adhésion aux dispositions du présent règlement et engagement de s’y conformer pleinement. Tout membre du personnel est habilité à faire respecter ce règlement … » va devenir « L’inscription de chaque élève vaut adhésion aux dispositions du présent règlement et engagement de s’y conformer pleinement. Toute personne appartenant au personnel est habilitée à faire respecter ce règlement … ».

Cette lecture nous a aussi permis de réaliser combien les mentalités ont évolué ; à l’article sur les discriminations il n’était fait mention ni de la question du handicap, ni de celle de l’identité de genre, que nous avons donc ajoutées au passage.

 

Quelques regrets et quelques conseils pour ceux et celles qui voudraient se lancer dans un tel projet ?

Des regrets bien sûr : ne pas avoir, par exemple, pu finaliser aussi le règlement intérieur du collège, ne pas avoir impliqué d’élèves, mais cela aurait demandé un temps de formation dont nous ne disposions pas, ne pas avoir présenté au moins le résultat terminé au CVL, mais là aussi le temps nous a manqué, ou imaginé d’idées d’exploitation par les P.P … Mais tout cela peut encore se construire.

Quelques suggestions méthodologiques, mais à chacun.e d’inventer ses modalités :

S’assurer des soutiens institutionnels (chef.fe d’établissement + membres du CA), avoir un argumentaire simple en tête si besoin, et s’inscrire dans une démarche plus globale afin de légitimer plus facilement le projet.

Rester dans un cadre légal, et parler d’écriture égalitaire plutôt que d’écriture inclusive, l’expression étant souvent mal comprise.

Travailler dans un 1er temps sur format papier, à plusieurs (mais en équipe réduite), en présentiel, de manière synchrone pour se mettre au fur et à mesure d’accord sur la reformulation, et sur des plages horaires réduites : au bout de 2 heures ça pique vraiment les yeux !

Varier la reformulation : éviter le recours systématique à la double flexion qui rallonge le texte, et ne règle pas tous les problèmes d’accord, ne pas toujours mettre le masculin avant le féminin, ou l’inverse. L’ordre l’alphabétique est préconisé, mais la variété est bienvenue…

Derniers conseils : se dire qu’il y aura forcément des oublis, mais que ce n’est pas bien grave, et surtout, surtout RESTER CALME FACE AUX OBSTACLES !

 

Propos recueillis par Claire Berest

Ecriture inclusive ; la circulaire est publiée sur le site du Café pédagogique.

Eléonore Baude : enseigner un français égalitaire, enfin sur le site du Café pédagogique.

Lien vers le guide Femmes, j’écris ton nom…

 

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Conférence des terrains Innovants à Educatech le 17 novembre

20 October 2023 at 05:00

Une image contenant texte, Visage humain, habits, capture d’écran Description générée automatiquement La prochaine conférence des Terrains Innovants aura lieu le 17 novembre à 9h30 au salon Educatech.

Vanda Luengo, professeure d’informatique à la Sorbonne Nouvelle, parlera « Feedback et intelligence artificielle dans les ressources pédagogiques »

De nombreux travaux ont déjà démontré l’impact positif sur l’apprentissage des rétroactions (ou feedbacks) dans les environnements informatiques pour l’apprentissage humain (EIAH). Au-delà de la cognition de l’apprenant, les rétroactions peuvent également impacter son état émotionnel, sa motivation ou des aspects métacognitifs tels que son sentiment d’auto-efficacité.
A travers des exemples et retours d’expériences, nous mettrons en avant que la montée en puissance des IA génératives est un réel terrain de jeu pour l’écriture de rétroactions élaborées et personnalisées à l’état de l’apprenant sur le plan cognitif, métacognitif et émotionnel.

Pour s’inscrire et bénéficier d’un badge visiteur, c’est ici

 

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Prix Samuel Paty 2023-2024

20 October 2023 at 05:00

ImageSamedi 14 octobre, le prix Samuel Paty était remis à trois classes de collège et trois classes de lycée dans le majestueux amphithéâtre de la Sorbonne.

Pour 2023-2024, l’APHG organisatrice de l’évènement propose aux élèves de plancher sur le thème : « La laïcité à l’École : un principe pour se respecter ? »

Cette édition, la troisième, est destinée aux élèves du cycle 3 de l’école élémentaire – CM1 et CM2, aux classes des collèges, aux classes des lycées généraux et technologiques, et des lycées professionnels.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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L’expo de la semaine : « Explorer l’infiniment… »

20 October 2023 at 05:00

Pourquoi explorer ? Comment explorer ? Qui explore ? Jusqu’au où ? Le musée des Arts et Métiers répond à toutes ces questions. Sa nouvelle exposition temporaire, « Explorer l’infiniment… » se penche sur des aventures scientifiques exceptionnelles, à la découverte de mondes lointains, fascinants, et parfois inaccessibles. Elle propose aux visiteurs de partir à la découverte de cinq domaines : les infiniment loin, profond, ancien, petit et grand. Elle présente plus de 120 objets, témoins de défis scientifiques hors normes. Les jeunes sont très attendus à cet événement, en famille ou avec leurs enseignants, beaucoup d’activités leur sont particulièrement réservées. Un livret d’aide à la visite est disponible pour les 4-6 ans en famille, un livret est prévu aussi pour les adultes. Les enseignants peuvent organiser des visites libres gratuites de l’exposition, sur réservation.

 

Une image contenant texte, capture d’écran, affiche, art Description générée automatiquementCinq univers

Les sujets d’exploration étant multiples, l’exposition s’est focalisée sur cinq thèmes : les espaces lointains avec la figure emblématique d’un explorateur, les profondeurs des océans, le passé de la Terre, la structure de la matière et les mondes planétaires. Chaque section a une ambiance distincte avec des jeux de couleurs variés.

Le parcours embarque tout d’abord les visiteurs sur les traces de Jean-Baptiste Charcot, à la découverte des pôles, environnement hostile et dernière terra incognita. L’exploration se poursuit par une immersion dans les abysses sous-marins, riches en trésors et en ressources. Vient ensuite un voyage dans le temps : comment arrivons nous à comprendre notre passé et celui de notre planète ? Cette section met l’accent sur les techniques au service de cette remontée du temps grâce notamment à la stratigraphie et explore les différentes façons de dater la matière. La suite du périple, l’Infiniment petit, mène dans les tréfonds de la matière, sur la piste de particules élémentaires. L’une d’elles, le neutrino, pourrait détenir la clé d’une des énigmes de la physique : l’absence d’antimatière dans l’Univers. Enfin, dans l’Infiniment grand, les visiteurs sont invités à scruter le ciel, de la Lune jusqu’à Mars, frontière actuelle de l’exploration physique, et à s’interroger sur la question vertigineuse de l’existence de la vie au-delà de notre planète. Une dizaine de dispositifs de médiation complète le parcours de l’exposition.

 

Une installation artistique

Une installation artistique prolonge l’exposition dans le parcours permanent du musée des Arts et Métiers. La sculptrice Anilore Banon est sur le point de réaliser un projet hors du commun : envoyer une œuvre d’art sur la Lune, un phare pour la paix. Sa sculpture, Vitae, embarque un million d’empreintes de mains symbolisant l’humanité rassemblée. Sa présentation est accompagnée par des croquis explorant la démarche artistique de la sculptrice.

 

Autour de l’exposition

À l’occasion de l’exposition « Explorer l’infiniment… », le musée propose une programmation ludique et familiale, pour appréhender toutes les facettes de l’exploration. La saison culturelle 2023/2024 est rythmée par trois grands week-ends événementiels et de nombreuses propositions pour les nocturnes du vendredi, en accès gratuit.

Trois week-ends sont particulièrement réservés aux familles, avec rencontres, ateliers, contes, visites, jeux et activités proposés en lien avec des organismes de recherche : Les 4 et 5 novembre 2023, Explorer l’Espace, en partenariat avec le CNES, les 17 et 18 février 2024, Explorer l’Océan, en partenariat avec le CNRS, les 4 et 5 mai 2024, Explorer la Terre, en partenariat ave l’Inrap.

De novembre 2023 à avril 2024, une fois par mois, le musée programme un cycle de projections suivies de rencontres avec des scientifiques et des cinéastes pour échanger sur les grands enjeux de l’exploration, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Des visites guidées de l’exposition sont prévues chaque week-end et tous les jours durant les vacances scolaires, elles peuvent être suivies d’ateliers. Le musée propose aussi aux enfants accompagnés d’un adulte, une visite atelier, En route moussaillon aux 4-6 ans, et une visite atelier, Partons en exploration ! aux 7-12 ans.

 

Pour le public scolaire

Les professeurs peuvent organiser des visites libres de l’exposition, elles sont gratuites, pour les élèves de moins de 26 ans et leurs accompagnateurs, mais doivent se réserver sur le site du musée. Pour plus d’information, il est possible de contacter l’équipe des professeurs-relais : musee.profsrelais@lecnam.net Des dossiers documentaires sont également à la disposition des enseignants sur des objets phares du musée.

 

Béatrice Flammang

L’exposition «  Explorer l’infiniment… »

https://www.arts-et-metiers.net/musee/explorer-linfiniment

L’espace réservé aux enseignants

https://www.arts-et-metiers.net/musee/scolaires

 

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Claire Dreyfus : Une enquête de terrain en réalité augmentée

20 October 2023 at 05:00

“On doit mobiliser tous ses sens pour faire appréhender l’espace”. Professeure au collège Rosa Parks de Toulouse, Claire Dreyfus invite ses élèves à un jeu de découverte de la ville grâce à un jeu installé sur leur smartphone. Une démarche qui amène les élèves à une découverte sensorielle de leur environnement et les professeurs à coopérer.

 

Un jeu de piste sur le terrain via son smartphone

A l’origine de cette démarche l’application Gaya, développée par le studio montpelliérain Atlantide pour créer des jeux historiques ou des visites guidées. Claire Dreyfus, avec ses collègues Valentin Sanouiller, Lucile Landragin, Karine Nguyen, Christine Hernandez et Perrine Gourio, s’en empare. De là naissent deux jeux téléchargeables. Un pour réaliser une enquête de terrain dans l’environnement du collège. Et un autre, axé sur les risques naturels locax, présenté au festival de géographie de Saint Dié.

“On utilise une application numérique”, rappelle Claire Dreyfus. “Mais le jeu se fait dehors, en jeu de piste, sur le terrain”. Des énigmes, incluses dans l’application, guide les élèves. A Saint Dié par exemple, le jeu axé sur le changement climatique invite à visiter une cour d’école végétalisée, un ilot de fraicheur, une voie cyclable,les traces d’un glissement de terrain, des ruches, un verger pédagogique, une résidence construite en bois – paille et une usine expérimentant des brise soleil.

 

De la géo de terrain

“L’idée de base c’est de sortir de faire de la géo de terrain”, explique Claire Dreyfus. “On s’arrête pour écouter des bruits, on observe. On est en prise avec le réel”. Le numérique est là pour guider et amener le coté ludique qui peut séduire les élèves au point qu’ils en oublient d’avoir mal aux pieds. “C’est une entrée plus évidente pour faire sentir des activités et toucher d’une autre manière l’habité”.

D’après Claire Dreyfus, l’application Gaya est facile à utiliser et on peut ainsi l’adapter pour les sorties géographiques que l’on rêve faire. Selon l’âge des élèves l’encadrement adulte sera plus ou moins important. Les élèves circulent en groupe avec un seul smartphone équipé de l’application. Ils solutionnent ensemble les énigmes. Les élèves doivent ensuite réaliser un croquis géographique. Ces croquis sont repris en classe entière pour un apprentissage de la cartographie et la réalisation d’une trace écrite commune.

 

Coopérer en équipe

“Je suis convaincue que la dimension sensible doit être intégrée en géographie. On doit mobiliser tous ses sens pour faire appréhender l’espace”, nous dit Claire Dreyfus. “Cette expérience m’a confortée dans l’idée que c’est bien de sortir avec les élèves pour faire de la géo”.

Elle tient aussi à une autre dimension de la sortie géographique. “Cette sortie aide aussi au travail en équipe. C’est une façon de coopérer entre professeurs. Et ça aussi c’est important…

 

Propos recueillis par François Jarraud

La séquence Saint Dié

 

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Histoire : De l’ennui jaillit la séquence

20 October 2023 at 05:00

“C’est d’un échec qu’est né mon désir de créer quelque chose de ludique pour mes classes de 2nde professionnelle. Il y a deux ans, lorsque j’ai fait l’introduction du premier thème d’histoire : L’expansion du monde connu, la réaction des élèves n’était pas celle que j’attendais. Les élèves soufflaient, bavardaient et ne faisaient pas le travail. En faisant à nouveau chez moi le travail demandé aux élèves durant cette séance, le constat était sans appel : on s’ennuie. Des cartes, des cartes, des cartes. Ce n’était pas varié, pas assez concret”. Quentin Torres-Rebours, professeur au lycée professionnel D Papin de La Courneuve (93) se lance dans la réalisation d’un jeu vidéo sur le voyage de C Colomb. Les élèves naviguent dans le jeu et tiennent un journal de bord.

Sur le site de Créteil

 

 

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La flamme de l’égalité ne s’éteint pas

20 October 2023 at 05:00

“Résister à l’esclavage : survivre, s’opposer, se révolter”, c’ets le thème de la 9ème édition du concours La flamme de l’égalité. Les élèves ont jusqu’au 31 mars pour s’inscrire et mener un projet sur ce thème. Autour d’un travail de mémoire et d’histoire, il est proposé aux élèves de réaliser collectivement une production de forme libre (témoignage, dessin, texte lu, chanson, spectacle, exposition, BD, vidéo, etc.), qui peut être entreprise dans toutes les disciplines (histoire, français, langues, arts, éducation physique et sportive, etc.). Quelle que soit la forme d’expression choisie, ce projet est transmis sous la forme d’un fichier numérique selon les modalités techniques et le calendrier précisés dans le règlement figurant ci-après.

Le concours

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Décrypter le conflit Israël Hamas

20 October 2023 at 05:00

” Souvent moins violentes que les images ou les caricatures, les cartes peuvent servir à documenter l’évolution des événements et à prendre du recul en mettant en perspective dans le temps et dans l’espace. L’instrumentalisation politique de certaines cartes invite cependant à faire preuve de recul critique face à un conflit complexe et multidimensionnel, où l’émotion l’emporte souvent sur l’analyse.” Le blog Cartographies numériques met en évidence des façons différentes de cartographier le conflit. Il donne des pistes pour mettre ces cartes en perspective. Il ouvre des pistes de réflexion pour enseigner ce conflit.

Sur Cartographies numériques

 

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L’Expresso du 19 octobre 2023

19 October 2023 at 06:45

L’Expresso du 19 octobre 2023

- Le fait du jour -

La commission de l’éducation de l’Assemblée nationale rétablit les postes supprimés au budget 2024, soit 1709 pour le 1er degré et 481 pour le second. Elle revalorise aussi les médecins et infirmières de l’Education nationale et, beaucoup plus modestement, les AESH et les professeurs stagiaires. Ces amendements soulignent les limites d’un budget présenté comme “historique”…

Le Sénat a adopté le 16 octobre le projet de loi de programmation des finances publiques pour les années 2023 à 2027. Ce texte décide une réduction de 5% du nombre des fonctionnaires. Appliqué à l’Education nationale, cela entrainerait la suppression de 43 000 postes.   Un projet modifié par le Sénat Déposé en septembre…

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Yves Reuter, chercheur, signe un court texte à la mémoire de Dominique Bernard, dont les funérailles ont lieu aujourd’hui.   Un enseignant de plus assassiné. J’ose espérer que tous ceux qui parlaient des enseignants comme des islamo-gauchistes auront la pudeur de se taire à l’avenir. J’ose espérer que tous ceux qui les encensent aujourd’hui prendront…

- Le système -

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L’AECSE s’est réunie jeudi 12 octobre afin de discuter du projet de réforme de la formation initiale des professeurs. L’Association des enseignant·e·s et chercheur·e·s en sciences de l’éducation s’étonne que les enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants n’aient pas été invités « à participer aux discussions récemment engagées sur les évolutions envisagées »…

- Les disciplines -

Etre debout «stehen», résister «widerstehen», comprendre «verstehen». Enseigner avec les mots, nos outils pour transmettre. Des mots pour dire et lire le monde. Des armes que l’on aimerait toutes-puissantes. Pour Djéhanne Gani, enseignante d’allemand, langue de déclinaisons, c’est la déclinaison sémantique de « stehen », se tenir debout, que lui a inspiré la situation de…

- La classe -

Une image contenant Visage humain, personne, habits, homme Description générée automatiquement

Mais qui sont donc les coordonnateurs et coordonnatrices de réseaux ? Pierre angulaire des réseaux d’éducation prioritaire, leurs missions restent méconnues et la reconnaissance de l’institution à leur égard tarde à venir. Lors de la rencontre organisée par l’Observatoire des Zones Prioritaires, mercredi 11 octobre, plusieurs coordonnateurs sont venus témoigner de leur expérience professionnelle.   Les…

- Le système -

Les associations de spécialistes invitent à écrire aux parlementaires

« Avec le rétablissement des écrits de spécialité en juin, demandé par l’ensemble de la communauté éducative, le Ministère semblait enfin avoir pris en compte la réalité du terrain et les importantes difficultés d’application de la réforme du lycée en vigueur depuis 2018. Dès lors, les annonces bien tardives du 28 septembre sonnent comme une douche…

- La classe -

Une image contenant texte, capture d’écran, Police Description générée automatiquement

Les 21 et 22 novembre 2023, le Cnesco organise une conférence de comparaisons internationales qui portera sur la question du bien-être à l’école. La conférence s’intéressera notamment à la problématique suivante : « Comment les écoles et les établissements scolaires peuvent-ils favoriser le bien-être de leurs élèves et de leurs personnels ? » Cette conférence,…

- L'élève -

Une image contenant texte, capture d’écran, affiche Description générée automatiquement

Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme propose aux jeunes des ateliers pendants les vacances d’automne. Le mardi 24 octobre, de 14h à 15h30, l’atelier Petit vampire en ombres et lumière invite les enfants de 4 à 7 ans à découvrir l’univers Petit Vampire de Joann Sfar, a créé à leur tour des personnages et…

Une image contenant intérieur, sol, musée, art Description générée automatiquement

Le samedi 4 et le dimanche 5 novembre 2023, de 11h à 17h, le Centre Pompidou invite les familles à deux journées festives et créatives : Une programmation exceptionnelle qui réserve de nombreuses surprises à partager. En particulier, l’exposition-atelier « Magicienne de la terre » leur est ouverte. La Galerie des enfants est transformée, jusqu’au 22 avril 2024,…

- Les disciplines -

Accueil | éduscol | Ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse - Direction générale de l'enseignement scolaire

Sur le site Eduscol plusieurs ressources sont proposés aux enseignants de LLCER. En Allemand, Anglais, Anglais contemporain et Espagnol, le site propose des ressources par thématiques abordées en Première et Terminale. Pour plus d’informations: ici  

Une image contenant Police, symbole, logo, cercle Description générée automatiquement

Et si vous partiez vous formez aux États-Unis pendant l’été ? La commission franco-américaine Fulbright France propose une bourse à deux enseignants français dans le cadre du séminaire d’été « Study of the U.S. Institutes for Secondary School Educators and Administrators » aux Etats-Unis, programme rendu possible grâce au soutien de l’Ambassade des Etats-Unis en France…

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L’Institut Goethe de Munich a publié le 27 septembre 2023 sa décision de fermeture prochaine des Instituts Goethe de Bordeaux, Lille et Strasbourg. L’ADEAF déplore le mauvais signal que l’Allemagne envoie à la France alors que celle-ci peine à recruter des enseignants d’allemand et que l’apprentissage de l’allemand ne cesse de régresser tant auprès des…

L'édito

L’École, toujours debout

Aujourd’hui, cela fait trois ans. Trois ans que l’infâme a frappé notre école en plein cœur. Trois ans que le terrorisme a attaqué ce qui fait notre République. Alors que nous pleurons encore Samuel Paty, il y a trois jours, l’infâme a à nouveau frappé. Dominique Bernard est mort, assassiné par un ancien élève. Un…

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Stehen – Widerstehen – Verstehen

19 October 2023 at 06:36

Etre debout «stehen», résister «widerstehen», comprendre «verstehen».

Enseigner avec les mots, nos outils pour transmettre. Des mots pour dire et lire le monde. Des armes que l’on aimerait toutes-puissantes. Pour Djéhanne Gani, enseignante d’allemand, langue de déclinaisons, c’est la déclinaison sémantique de « stehen », se tenir debout, que lui a inspiré la situation de l’École, et de ses professeurs, debout.

 

«STEHEN»

L’Ecole est debout «stehen», elle fait face. En allemand, «stehen» signifie «se tenir debout», «être». On y a l’image d’un corps en position verticale. Et ce corps qui se tient debout, qui fait face, aujourd’hui, m’évoque celui de mon collègue Dominique Bernard, qui s’était levé ce matin-là («aufstehen» en allemand) pour transmettre des connaissances, pour éduquer notre jeunesse à l’esprit et à la pensée critique et libre.

Le verbe «Stehen» m’évoque aussi aujourd’hui ces vers de Paul Celan (1920-1970), poète de langue allemande :

«STEHEN, im Schatten
Des Wundenmals in der Luft»

«Tenir debout, dans l’ombre

du stigmate des blessures en l’air » (traduction de Jean-Pierre Lefebvre)

Oui, on (se) tient debout, meurtris, souvent dans l’ombre, et aujourd’hui, assombris par les forces obscurantistes qui s’opposent à nos mission d’éducation et d’émancipation mais qui les justifient et les rendent nécessaires, d’autant plus et plus que jamais. Assombris et dans l’ombre, nous travaillons avec nos élèves, malgré les attaques et feux lancés, ces éclairages décalés par rapport à notre réalité, contrefeux par rapport à nos besoins, nos analyses. Ces contrefeux nous attaquent aussi, car nous aimerions dire la beauté de notre métier, ses réelles difficultés et la vision de l’École que nous voulons: je souhaiterais une école qui rende de la dignité et de la joie à tous ceux qui l’habitent, qui y apprennent, qui y enseignent. Je souhaiterais renouer avec la joie de l’apprendre, loin des polémiques, comme des passions tristes ou assassines.

 

«WIDERSTEHEN»

Se lever (aufstehen), se tenir debout (stehen), c’est résister (widerstehen,littéralement en allemand être debout, contre, comme l’exprime le préfixe «wider»). L’École se tient debout, elle est un lieu de forces vives et engagées au service de l’émancipation de nos élèves, et elle combat les idéologies obscurantistes. A ce titre, l’École est attaquée pour ce qu’elle est et incarne: l’École publique, laïque forme des esprits éclairés, lutte contre les fanatismes et stigmatisations, elle est un lieu de transmission de savoirs émancipateurs, dans un esprit d’ouverture et de rationalité, un lieu d’apprendre et de vivre-ensemble.

Transmettre, éduquer à l’esprit et pensée libres, n’est-ce pas aussi résister aux pressions et à la culture ambiante, celle de la culture de l’instantané et de l’urgence du « tout et tout de suite», des «fake news», du zapping, du déni de la science ?

Comprendre, «verstehen» en allemand, demande du temps. L’éducation a besoin de temps, le temps de l’apprendre, de comprendre. L’École résiste à l’aliénation de l’accélération dont parle si bien le sociologue allemand Hartmut Rosa. L’éducation est résistance à la barbarie, à l’inhumanité, à la déshumanisation, à la perte d’humanité et ne doit-elle pas nous relier au monde, à soi et à l’autre?

 

«Verstehen»

La discipline que j’enseigne, l’allemand, demande du temps. Et enseigner ma discipline, déjà, c’est une forme de résistance face à l’hégémonie ou domination d’autres langues, c’est aussi un combat, pour avoir des élèves. C’est une discipline menacée pour diverses raisons. Mais au-delà de la langue que j’enseigne, apprendre demande de la patience. Enseigner demande du temps. De la patience. Dans une époque où tout s’accélère, doit aller vite. Où on zappe. Où l’intelligence artificielle peut traduire instantanément, il faut alors résister à la tentation de la facilité, de l’adéquation algorithmique, car une langue, n’est pas uniquement la concordance d’un mot à l’autre, mais c’est apprendre une culture, une manière de voir le monde, dans sa pluralité, et ainsi de mieux comprendre le sien au regard d’un autre. La confrontation, la comparaison linguistique et culturelle enrichissent le rapport à sa langue maternelle. Comprendre l’autre demande du temps, de la patience. L’École ne doit-elle pas être pas ce lieu du temps d’appréhension et de compréhension de l’autre, qui résiste par essence?

Tenir debout et résister: L’École est debout, c’est un «stehen» de résistance, d’acharnement, de sa raison d’être intrinsèque.

Djéhanne Gani

 

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