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Journée internationale des assistants de langues (JIAL)

23 November 2023 at 05:36

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OrganisĂ©e par France Éducation International, la premiĂšre Ă©dition de la JournĂ©e Internationale des Assistants de Langues aura lieu le jeudi 7 dĂ©cembre 2023.

Cette journĂ©e a pour objectif de faire connaĂźtre le programme d’échanges d’assistants de langues, de le rendre plus attractif et de fĂ©dĂ©rer une communautĂ© d’alumni. Elle aura lieu ensuite chaque premier jeudi du mois de dĂ©cembre.
Des actions, des ateliers de dĂ©couverte interculturelle, peuvent ĂȘtre organisĂ©s en Ă©tablissements (impliquant Ă©lĂšves, familles, personnel Ă©ducatif).

Plus d’informations : cliquez ici

 

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Redoublement, groupes de niveaux : des annonces pour le 5 décembre

23 November 2023 at 05:29

Une image contenant microphone, Visage humain, habits, personne Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement C’est du salon des maires que Gabriel Attal a fait sa derniĂšre annonce : l’annonce d’une sĂ©rie d’annonces le 5 dĂ©cembre prochain pour « Ă©lever le niveau ». Et pour un plan si ambitieux, il promet de lever le « tabou du redoublement » et de crĂ©er des groupes de niveaux en mathĂ©matiques et en français. Des promesses trĂšs loin des prĂ©conisations scientifiques en la matiĂšre.

Le choix de la date est loin d’ĂȘtre anodin. En effet, c’est le 5 dĂ©cembre que l’OCDE dĂ©voilera les rĂ©sultat de l’enquĂȘte PISA. Des rĂ©sultats qui confirmeront, sans nul doute, la place de mauvaise Ă©lĂšve de la France qui est un des pays qui rĂ©ussit le moins Ă  attĂ©nuer l’impact du milieu socio-Ă©conomique sur les rĂ©sultats scolaires.

Et quant à la formation des professeurs, cela attendra janvier a expliqué le ministre.

 

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Vaux-le-Vicomte attend les familles pendant les vacances

23 November 2023 at 05:25

À travers une programmation festive et familiale, Vaux-le-Vicomte propose aux visiteurs de devenir le temps d’une journĂ©e, les hĂŽtes de Nicolas Fouquet. Tous les salons sont mis en scĂšne, et des animations sont particuliĂšrement rĂ©servĂ©es aux jeunes visiteurs, des automates exceptionnels Ă©merveilleront petits et grands.

 

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Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Le spectacle, Il Ă©tait une fois
ou quand l’imaginaire prend vie
attend les familles pour leur faire dĂ©couvrir une nouvelle version des contes de Perrault oĂč les personnages veulent prendre leur destin en main et tenter de changer le cours des contes.

Dans les jardins, une chasse aux trĂ©sors est destinĂ©e aux enfants Ă  partir de 3 ans, et sur la façade du chĂąteau une projection monumentale, Le roi arrive demain !, invite Ă  vivre une journĂ©e fiĂ©vreuse Ă  l’époque de Nicolas Fouquet.

Toute l’annĂ©e, les professeurs peuvent organiser des visites libres ou opter pour des visites guidĂ©es thĂ©matiques et des ateliers adaptĂ©s aux niveaux des Ă©lĂšves, de la maternelle au lycĂ©e, et aux programmes scolaires d’histoire, de français et d’arts plastiques. Un parcours sonore immersif invite aussi les jeunes, Ă  partir de 6 ans, Ă©quipĂ©s d’un casque et d’un narrateur, Ă  un voyage sonore en trois dimensions pour dĂ©couvrir l’histoire du Grand siĂšcle et l’histoire du chĂąteau. Toutes les scĂšnes ont Ă©tĂ© tournĂ©es dans les piĂšces mĂȘmes oĂč se dĂ©roule l’histoire que l’on Ă©coute, et grĂące Ă  des balises situĂ©es sur le parcours de visite, les scĂšnes se dĂ©clenchent automatiquement. Toutes les activitĂ©s se rĂ©servent impĂ©rativement : nathalie@vaux-le-vicomte.fr Il est possible de venir en visite de repĂ©rage, avant la sortie scolaire prĂ©vue. Un dossier pĂ©dagogique de 80 pages est Ă  la disposition des enseignants du primaire et du secondaire.

 

Béatrice Flammang

Le chĂąteau de Vaux-le-Vicomte

Le dossier pédagogique

 

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AgnĂšs Florin : Une approche globale pour le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole

23 November 2023 at 05:25

On n’amĂ©liorera pas le bien ĂȘtre Ă  l’Ecole sans toucher Ă  ses fondamentaux. C’est une des conclusions de la deuxiĂšme journĂ©e de la confĂ©rence de comparaisons internationales organisĂ©e par le Cnesco le 22 novembre. AgnĂšs Florin, prĂ©sidente du Cnesco revient sur cette journĂ©e qui a mis en avant les changements opĂ©rĂ©s dans plusieurs pays pour amĂ©liorer le bien ĂȘtre. MalgrĂ© l’annonce de cours d’empathie, la France semble encore bien Ă©loignĂ©e d’une Ă©volution qui nĂ©cessiterait un engagement rĂ©el de tous les acteurs de l’Ecole.

 

La premiĂšre journĂ©e de la confĂ©rence de comparaisons internationales du Cnesco sur le bien ĂȘtre Ă  l’Ecole avait posĂ© la question des indicateurs et du niveau des programmes. La seconde journĂ©e apporte une rĂ©ponse :pour changer l’Ecole, il faut un rĂ©el changement systĂ©mique qui demande du temps, de l’argent et de la volontĂ©. C’est ce que montrent les exemples prĂ©sentĂ©s le 22 novembre. Margaret Barry (universitĂ© de Galway) montre comment la promotion du bien ĂȘtre psychologique dans les Ă©coles irlandaises a nĂ©cessitĂ© une approche globale dĂ©clinĂ©e au niveau des Ă©tablissements mais aussi de chaque classe. Cela nĂ©cessite l’engagement des enseignants mais aussi des parents. Bong Joo Lee prĂ©sente l’exemple sud corĂ©en. Dans ce pays, en tĂȘte du classement Pisa, l’obsession pour la compĂ©tition scolaire se fait aux dĂ©pens du temps de jeu et des relations familiales. Le pays se retrouve champion du mal ĂȘtre scolaire. Au point que le gouvernement rĂ©ussit Ă  casser depuis 2016 la compĂ©tition scolaire, imposant des semestres sans examen oĂč les Ă©lĂšves mĂšnent leurs projets. En Italie, Annalaura Nocentini retrace l’émergence d’un programme de lutte contre le harcĂšlement, testĂ© en Toscane puis gĂ©nĂ©ralisĂ© aprĂšs une dizaine d’annĂ©es de tests et d’aller retours entre chercheurs et praticiens. Ce programme repose sur des Ă©lĂšves rĂ©fĂ©rents qui forment, sous controle des enseignants, leurs camarades. France Gravelle prĂ©sente une enquĂȘte unique sur le bien ĂȘtre des personnels de direction en France et au QuĂ©bec. L’épuisement professionnel de ces personnels tient Ă  la charge de travail mais aussi Ă  l’absence de soutien de la hiĂ©rarchie, au sentiment d’ĂȘtre “entre l’arbre et l’écorce” pour imposer des rĂ©formes prĂ©cipitĂ©es. Ces exemples montrent Ă  la fois qu’il est possible de faire avancer la cause du bien ĂȘtre Ă  l’Ecole. Mais que cela nĂ©cessite des changements systĂ©miques profonds.

 

AgnĂšs Florin, connait-on des pays sui ont amĂ©liorĂ© le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole ?

Oui on en a plusieurs. On a vu lors de la seconde journĂ©e de la confĂ©rence l’exemple de l’Italie, de l’Irlande ou encore l’école dehors au Danemark. Ce sont des pays qui initient des politiques ambitieuses.

 

Comment font-ils ?

Ce qui apparait c’est une conception plus globale qui traverse les pratiques quotidiennes dans l’accueil des enfants et des familles et dans les gestes quotidiens de la classe. On a des mĂ©ta analyses qui montrent les effets positifs du dĂ©veloppement des compĂ©tences psychosociales sur le sentiment de bien-ĂȘtre et la rĂ©duction des problĂšmes de comportement. L’impact sur les rĂ©sultats scolaires n’est pas encore attestĂ© car c’est un effet indirect. Mais ce dĂ©veloppement amĂ©liore le sentiment de capacitĂ© des Ă©lĂšves et contribue Ă  leur satisfaction en ce qui concerne leur vie en classe. Cela renforce l’estime de soi.

Tout cela renforce l’idĂ©e d’une approche globale du bien ĂȘtre Ă  l’Ecole. On sait qu’il y a un lien entre le bien-ĂȘtre des Ă©lĂšves et celui des enseignants avec des rĂ©percussions sur leur vie personnelle.

 

En 2017, le CREN et le Cnesco ont tenu une premiÚre conférence sur ce sujet. Quelles évolutions voyez-vous ?

En 2017 on avait Ă©laborĂ© des ressources et un rapport national avec des notes d’experts. Ce qui a Ă©voluĂ© c’est que la thĂ©matique du bien-ĂȘtre est rentrĂ©e dans les textes officiels. Il est admis que l’éducation doit contribuer Ă  la rĂ©alisation de soi et l’épanouissement de la personne. Cela apparait dans la note de rentrĂ©e par exemple. On se prĂ©occupe du management, de l’amĂ©nagement des cours de rĂ©crĂ©ation et des locaux scolaires. On voit se dĂ©velopper la classe dehors.

 

La France est-elle bien placĂ©e pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole ?

Nous avons des semaines de 4 jours dans le 1er degrĂ© avec des journĂ©es trop longues et aussi des effectifs particuliĂšrement lourds. Je vois aussi la diffĂ©rence avec l’Italie pour l’école inclusive : en Italie depuis les annĂ©es 1970 on a des enseignants spĂ©cialisĂ©s dans les Ă©coles plutĂŽt que quelques heures d’AESH. Je suis aussi sensible Ă  la situation des enfants face Ă  l’évaluation. Dans l’école française il y a une grande peur des Ă©valuations. On reste centrĂ© sur les fondamentaux comme si le reste n’avait pas de valeur pour les enfants. On devrait pouvoir apprendre Ă  l’école les compĂ©tences pour la vie enseignĂ©es dans d’autres pays : comprendre son fonctionnement psychologique, sa maniĂšre d’apprendre, prendre soin de sa santĂ©, prendre la parole


 

G Attal annonce des cours d’empathie Ă  la prochaine rentrĂ©e. Votre confĂ©rence montre l’importance des compĂ©tences psycho sociales. Qui pourrait faire ces cours ?

On considĂšre qu’il ne faut pas ces cours mais insĂ©rer un travail sur l’empathie dans tous les cours. Il s’agit d’apprendre Ă  percevoir et comprendre les Ă©motions d’autrui. Cela relĂšve de jeux de dĂ©couverte qui peuvent se faire dans toutes les disciplines. Et c’est beaucoup plus efficace quand cela fait partie des gestes professionnels des enseignants. Apprendre Ă  reconnaitre ses Ă©motions peut se faire dĂšs le plus jeune Ăąge. Aujourd’hui l’enquĂȘte de SantĂ© France montre que 13% des enfants ont probablement un trouble mental, notamment dĂ©pressif. On devrait s’en prĂ©occuper. Et c’est Ă  l’Ecole que c’est le plus Ă©vident. L’Ecole doit jouer un role important dans la prĂ©vention du mal-ĂȘtre.

 

G Attal est venu ouvrir la confĂ©rence , ce qui montre un certain engagement. Il a parlĂ© d’une â€œĂ©cole du bonheur”. Auriez vous une prĂ©conisation prioritaire pour aller dans cette direction ?

Les enseignants ont besoin de reconnaissance y compris salariale. Les propos sur le bonheur ont pu surprendre mais le mot est utilisĂ© par les Ă©conomistes qui par exemple veulent inclure le bonheur dans le PIB. Etre heureux Ă  l’Ecole renvoie aussi Ă  un programme de l’Unesco, celui des Happy Schools. C’est uen façon de cibler une approche globale. Pour cela il faut bien sur plus qu’un cours d’empathie une heure par semaine. Il faut vraiment une prise de conscience de la question et voir comment dans chaque Ă©tablissement on peut faciliter le bien ĂȘtre des Ă©lĂšves et des enseignants. Cela suppose d’entendre les points de vue des uns et des autres, d’examiner les aspects locaux, comme la qualitĂ© des bĂątiments et l’amĂ©nagement du temps ou encore la marge de manoeuvre donnĂ©e aux Ă©lĂšves pour choisir des activitĂ©s. On a vu qu’en CorĂ©e du Sud un aspect du bien-ĂȘtre est de donner plus de libertĂ© aux jeunes.

 

La conférence proposait aussi de nombreux ateliers. Quand allez vous publier la synthÚse des travaux et des préconisations ?

Les vidĂ©os des plĂ©niĂšres seront en ligne dĂ©but dĂ©cembre. AprĂšs on publiera les rapports de cadrage internationaux et nationaux, les notes d’experts. La collation des ateliers se fera dans le premier trimestre 2024. On a aussi tout un travail sur les confĂ©rences jumelles. La confĂ©rence initie tout une dynamique de formation initiale et continue avec des Inspe et des Ă©coles acadĂ©miques de formation continue dans une dizaine d’acadĂ©mies. Par exemple aujourd’hui un atelier participatif a eu lieu avec l’EAFC de Dijon et 200 enseignants. En Martinique une confĂ©rence jumelle est dĂ©calĂ©e. C’est la nouveautĂ© de cette confĂ©rence de comparaisons internationales.

 

Propos recueillis par François Jarraud

La confĂ©rence sur le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole

La premiÚre journée de la Conférence

Sa présentation par A. Florin

La conférence de 2017

 

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APLV : journĂ©e d’étude

23 November 2023 at 05:23

Une image contenant Police, symbole, Graphique, logo Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement L’association des Professeurs de Langues vivantes vous propose de participer Ă  sa journĂ©e d’étude samedi 25 novembre.

OrganisĂ©e conjointement avec le Snes-FSU, elle traitera de l’enseignement des langues au collĂšge aujourd’hui et demain.

Trois tables rondes porteront sur l : es aspects institutionnels et le collĂšge de demain, les stratĂ©gies actionnelles et l’acquisition des savoirs et les dispositifs innovants et les apprentissages informels.

Plus d’informations et inscription ici

 

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Snes-FSU : « Échec et pacte »

23 November 2023 at 05:23

Pacte enseignant Pap Ndiaye, alors ministre de l’Éducation, promettait au moins 30% de professeur·es pacté·es Ă  la rentrĂ©e 2023 (plus prĂ©cisĂ©ment au mois d’octobre 2023).

Dans un article publiĂ© sur son site, le Snes-FSU revient sur cette promesse. Le syndicat affirme que 75 % des professeurs n’ont pas signĂ© le Pacte selon les chiffres du ministĂšre. « La campagne #NonAuPacte lancĂ©e par le SNES-FSU au printemps dernier a donc portĂ© ses fruits » écrit le Snes-FSU. « On notera que depuis ces premiers chiffres ministĂ©riels, dans les acadĂ©mies, les rectorats ont diffusĂ© des chiffres utilisant une autre unitĂ© : l’administration ne parle plus en % de professeurs qui ont signĂ© le Pacte mais en % de briques consommĂ©es. Et comme un professeur peut prendre plusieurs briques, les chiffres frĂ©missent
Vous avez dit tour de passe-passe ? ».

Quant au RDC – Remplacement de courte durĂ©e – lorsqu’il est mis en place, le Snes-FSU, tĂ©moignages Ă  l’appui, montre que bien souvent, l’enjeu pĂ©dagogique est loin d’ĂȘtre une prioritĂ©. « Le pacte en Dordogne c’est : un professeur de mathĂ©matiques remplacĂ© par un professeur d’espagnol
 devant des Ă©lĂšves germanistes ». L’article prĂ©sente un florilĂšge d’exemples plus farfelus les uns que les autres


Un article Ă  lire ici

 

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À la dĂ©couverte du lycĂ©e professionnel

23 November 2023 at 05:23

Alors que la rĂ©forme du lycĂ©e professionnel s’installe malgrĂ© l’opposition unanime des syndicats de la voie professionnelle, Caroline Renson, professeure de Lettres-Histoire au lycĂ©e professionnel (PLP) Condorcet de Montreuil en Seine Saint-Denis, revient sur l’histoire du lycĂ©e professionnel, une histoire presque centenaire.

 

Une image contenant personne, mur, intĂ©rieur Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Le lycĂ©e professionnel , devenu « la cause nationale » d’ Emmanuel Macron lors de son passage Ă  Saintes en mai 2023 suscite toutes les convoitises des politiques libĂ©rales. Sous prĂ©texte de faire correspondre la carte des formations au marchĂ© de l’emploi, conception adĂ©quationniste qui n’a jamais convaincu les chercheurs dont François Dubet (lire ici), c’est maintenant ValĂ©rie PĂ©cresse qui dans le « choc de dĂ©centralisation » qu’elle souhaite pour la rĂ©gion Ile-de France aimerait bien transformer les lycĂ©es pro en « établissements publics locaux d’enseignement rĂ©gional sous pilotage de la rĂ©gion ».

La dĂ©nomination est piquante et rappelle de loin, celle des Ă©coles municipales professionnelles Ă  l’époque oĂč l’enseignement professionnel n’était pas encore rattachĂ© au systĂšme Ă©ducatif national. La genĂšse des L.P est une histoire presque centenaire qui rĂ©vĂšle les combats successifs de RĂ©publicains humanistes convaincus qu’apprendre un mĂ©tier se faisait tant Ă  l’atelier que sur les bancs de l’école.

En France, les premiĂšre Ă©coles techniques sont fondĂ©es au XVIIIe siĂšcle par les communes, les ordres religieux, les compagnons et l’Etat. Mais c’est surtout au XIXĂšme siĂšcle qu’apparaissent rĂ©ellement les premiĂšres structurations d’un enseignement technique, supervisĂ©es ou non par l’Etat.

Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, s’il existe bien des grandes Ă©coles de formation pour les ingĂ©nieurs (Conservatoire des Arts et mĂ©tiers, École centrale des arts et manufactures
) ou pour le Commerce (École supĂ©rieure de commerce) chargĂ©es de former du personnel d’encadrement pour accompagner l’essor industriel, le systĂšme de formation de la main-d’Ɠuvre est plutĂŽt disparate. Il se dĂ©veloppe selon des initiatives locales soutenues par des entreprises privĂ©es ou des collectivitĂ©s territoriales et particuliĂšrement en fonction des besoins locaux.

La loi Guizot du 28 juin 1833 est significative d’une volontĂ© politique d’accompagner l’enseignement technique (pour le commerce et l’industrie) plus prĂ©cocement dans le cursus scolaire. Elle prĂ©voit l’ouverture d’une École primaire supĂ©rieure (E.P.S.) dans les chefs-lieux de dĂ©partement et les villes de plus de 6 000 habitants. En ce qui concerne les modĂšles d’éducation Ă  l’apprentissage des mĂ©tiers proposĂ©s au XIXe siĂšcle, la typologie offerte par StĂ©phane LembrĂ© dans son histoire de l’enseignement technique questionne « l’enjeu des ateliers dans l’apprentissage » selon quatre modĂšles distincts : « l’atelier dans l’école », instaurĂ© par les congrĂ©gations religieuses, dispense un enseignement gĂ©nĂ©ral le matin et un enseignement technique l’aprĂšs-midi ; « l’école dans l’usine », un enseignement de trois ans articulĂ© Ă  l’enseignement primaire particuliĂšrement apprĂ©ciĂ© par le patronat ; « l’école par alternance », dans laquelle les enfants sont Ă  l’école le matin puis chez un patron l’aprĂšs-midi. « l’école d’apprentis» oĂč les enseignements thĂ©oriques et pratiques sont dispensĂ©s dans les mĂȘmes locaux. Autrement dit, les formations des apprentis questionnent tout autant la place des enseignements thĂ©oriques et pratiques, le lieu oĂč ils sont dĂ©livrĂ©s, que leur lĂ©galitĂ© dĂ©finie par les lĂ©gislations sur le travail des enfants. DĂšs cette premiĂšre partie du XIXe siĂšcle se dessinent dĂ©jĂ  les axes autour desquels l’identitĂ© de l’enseignement professionnel va se dĂ©ployer. Quels modĂšles de formation vont se dĂ©velopper ? Quelle place pour l’enseignement technique dans le dĂ©veloppement du systĂšme Ă©ducatif français ?

La pĂ©riode des annĂ©es 1880 Ă  la PremiĂšre Guerre mondiale se caractĂ©rise par le dĂ©veloppement d’un rĂ©seau d’écoles techniques dans un contexte de mise en place de la RĂ©publique qui va gĂ©nĂ©raliser la scolarisation. La loi du 11 dĂ©cembre 1880 vise Ă  offrir un cadre lĂ©gislatif unifiĂ© pour des Ă©coles Ă  crĂ©er ou dĂ©jĂ  existantes. Elle permet l’ouverture des Écoles nationales professionnelles ( la premiĂšre Ă  Vierzon en 1883, Écoles des mĂ©tiers d’arts Boulle et Estienne ouvertes Ă  Paris en 1886 et 1887
) qui serviront de modĂšle aux futures Écoles manuelles d’apprentissage ( E.M.A). En 1892 l’enseignement technique est placĂ© sous le seul contrĂŽle du ministĂšre du Commerce, et commence Ă  se dĂ©velopper. Les 12 Écoles primaires supĂ©rieures sont alors rebaptisĂ©es École pratique de commerce et d’industrie ( EPCI). En 1895, le ministĂšre du Commerce met en place la Direction de l’enseignement technique ( D.E.T), premiĂšre administration française en charge de la formation. Cependant, les dĂ©bats autour du contenu et du lieu des formations des ouvriers ne cessent pas. Ils opposent les membres de l’Association française pour le dĂ©veloppement de l’enseignement technique (A.F.D.E.T., constituĂ©e en 1902 autour du ministĂšre du Commerce) qui prĂŽnent le transfert de toutes les formations techniques au ministĂšre du Commerce, aux dĂ©fenseurs de l’instruction publique (constituĂ©s en 1900 autour du ministĂšre de l’Instruction publique par l’Association amicale des fonctionnaires des E.P.S.) qui souhaitent un enseignement professionnel davantage encadrĂ© par l’enseignement gĂ©nĂ©ral en privilĂ©giant des sections professionnelles dans les Écoles primaires supĂ©rieures et en renforçant des cours complĂ©mentaires. Ainsi Ă  la veille de la PremiĂšre Guerre mondiale, l’enseignement technique, principalement encadrĂ© par le ministĂšre du Commerce dans les E.P.C.I., reste l’objet des attentions rĂ©publicaines qui souhaitent le voir se dĂ©velopper au sein des Écoles primaires supĂ©rieures.

Les rivalitĂ©s entre l’A.F.D.E.T. et les dĂ©fenseurs de l’instruction publique Ă  propos de la place et du contenu des formations de l’enseignement technique tendent Ă  prendre fin avec la Loi Astier (nom du prĂ©sident de la Commission parlementaire du commerce et de l’industrie en 1905). votĂ©e en juillet 1919, puis le transfert des diffĂ©rentes Ă©coles professionnelles au sous-secrĂ©tariat de la D.ET devenue Direction GĂ©nĂ©rale de l’enseignement technique du ministĂšre de l’Instruction publique. Edmond LabbĂ© et Hypollyte Luc en seront les deux directeurs gĂ©nĂ©raux en 1920 et 1933. Ces deux hommes ont d’une certaine maniĂšre contribuĂ© Ă  forger une identitĂ© spĂ©cifique aux enseignements professionnels qu’ils voulaient centralisĂ©s dans un ministĂšre de l’instruction publique et non limitĂ©s Ă  de simples formations techniques qui rĂ©pondaient aux besoins de l’industrie et du commerce. Dans un rapport Ă  l’inspection gĂ©nĂ©rale de l’enseignement technique, Edmond LabbĂ© explique dĂšs 1912 que l’enseignement professionnel doit autant former des ouvriers que des Ă©lecteurs Ă©clairĂ©s et des citoyens. En 1926 , cette conception est rĂ©affirmĂ©e par Edouard Herriot, alors ministre de l’instruction publique qui affirme dans une circulaire au personnel de l’enseignement technique « Vous n’oublierez pas non plus que vous ĂȘtes des Ă©ducateurs et qu’en formant des producteurs, vous devez former des citoyens et des hommes ». Former l’homme, le citoyen, le travailleur sera d’ailleurs un axe important du plan Langevin-Wallon d’aprĂšs-guerre, et une conception qui sera maintenue dans les diverses formes institutionnelles de l’enseignement professionnel. On doit en effet Ă  Hypolite Luc, restĂ© Ă  la direction de l’enseignement technique sous le rĂ©gime de vichy d’avoir renforcĂ© le pouvoir de la D.E.T et ƓuvrĂ© Ă  l’unification de l’enseignement technique. Ainsi, entre 1941 et 1944, tous les centres de formation professionnelle sont rattachĂ©s Ă  la D.E.T , les E.N.P deviennent des lycĂ©es techniques, les E.P.C.I sont transformĂ©s en collĂšges techniques et les Ă©coles primaires supĂ©rieures Ă©voluent en collĂšges modernes. À la libĂ©ration la filiĂšre de l’enseignement technique se verra officiellement administrĂ©e par le Conseil supĂ©rieur de l’enseignement technique, rattachĂ© au Conseil supĂ©rieur de l’enseignement public. Les Centres d’apprentissage vont ĂȘtre renforcĂ©s et dotĂ©s d’Écoles normales nationales d’apprentissage (E.N.N.A.) chargĂ©es de former les maĂźtres d’atelier ainsi que les maĂźtres d’enseignement gĂ©nĂ©ral.

La suite de l’histoire de l’enseignement professionnel est plus connue. La rĂ©forme Berthoin de 1959 vise Ă  une unification du systĂšme Ă©ducatif et fixe un systĂšme d’orientation distribuĂ© en cinq paliers. L’enseignement technique court est alors dispensĂ© dans des CollĂšges d’enseignement technique (C.E.T) devenus des lycĂ©es d’enseignement professionnel (LEP) en 1976. En novembre 1985, la rĂ©novation de la voie professionnelle aboutit Ă  la crĂ©ation du baccalaurĂ©at professionnel et transforme les L.E.P. en L.P. (LycĂ©e professionnel) dans le but de leur confĂ©rer une « égale dignité » avec les lycĂ©es classiques et technologiques.

Depuis 2022, il semble que l’histoire des LP fasse un grand bond en arriĂšre . En juillet , les lycĂ©es professionnels ne sont plus exclusivement administrĂ©s par l’éducation nationale, et sont placĂ©s sous la tutelle de Carole Grandjean, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e auprĂšs du ministre du Travail, du Plein emploi et de l’Insertion et du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, chargĂ©e de l’Enseignement et de la Formation professionnels. VoilĂ  donc les LP sortis du giron exclusif de l’Éducation nationale. Plus rĂ©cemment, en demandant un Ă©largissement des compĂ©tences rĂ©gionales en matiĂšre d’éducation, et en voulant transformer les LP en Ă©tablissements publics locaux d’enseignement rĂ©gional, la prĂ©sidente de la rĂ©gion Île-de-France s’apprĂȘte Ă  nous faire revenir un siĂšcle en arriĂšre. C’est Ă  dire, au temps des formations professionnelles disparates et durant lequel on se questionnait sur les visĂ©es de l’enseignement professionnel Ă  des fins seulement utilitaristes .

 

Caroline Renson

 

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Les accidents du travail en formation par apprentissage

23 November 2023 at 05:23

Christian Sauce, enseignant en lycĂ©e professionnel pendant plus de trente ans, se voit comme un « lanceur d’alerte ». Depuis plusieurs annĂ©es, il sensibilise les enseignants sur ce qui se joue dans l’enseignement professionnel et l’apprentissage. Aujourd’hui, il livre aux lecteurs et lectrices du CafĂ© pĂ©dagogique son analyse des liens entre apprentissage et accident de travail.

 

Une image contenant personne, Visage humain, habits, plein air Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Personne n’a pu Ă©chapper au bilan quantitatif de l’apprentissage. Il est parfaitement rĂ©sumĂ© dans un article de Ouest-France (03/03/2023) : “Un million d’apprentis par an. L’objectif fixĂ© au dĂ©but du premier quinquennat d’Emmanuel Macron paraissait presque irrĂ©aliste. La France s’en rapproche pourtant Ă  grands pas : fin dĂ©cembre 2022, on comptait 980.000 apprentis, un effectif en hausse de 14 % sur un an. C’est plus du double du niveau de 2017.” Certes, des mauvaises langues vous diront que ce bilan chiffrĂ© est loin d’ĂȘtre surprenant puisque cette main d’Ɠuvre est quasi gratuite pour les employeurs la premiĂšre annĂ©e du contrat, ce qui gĂ©nĂšre d’ailleurs un certain nombre de dĂ©rives ! Mais ne pinaillons pas : la France est trĂšs proche du million d’apprentis !

Mais qui parle d’apprentis parle de travailleurs, de salariĂ©s et non pas d’élĂšves en formation en lycĂ©es professionnels puis en stages en entreprises pendant un nombre consĂ©quent de semaines. L’apprenti en formation est sous la responsabilitĂ© d’un chef d’entreprise, l’élĂšve et stagiaire de lycĂ©e professionnel est sous celle de l’Éducation nationale et de ses reprĂ©sentants dans l’établissement oĂč il est affectĂ©. Cela change tout !

L’apprenti recrutĂ© se retrouve le plus souvent en entreprises avec les mĂȘmes conditions de travail que les salariĂ©s en CDD/CDI de ladite entreprise. Certes, il doit bĂ©nĂ©ficier lĂ©galement d’un maĂźtre d’apprentissage mais c’est trĂšs loin d’ĂȘtre le cas. En moyenne, 27 % des apprentis n’ont pas de tuteurs dont 38 % en CAP pour des jeunes de 15/18 ans (source : L’étudiant) ! C’est inadmissible, d’autant plus que tous les employeurs perçoivent des aides publiques pour recruter des apprentis. Et malheureusement, ce qui doit arriver arrive : des milliers de jeunes sont victimes d’accidents du travail dont certains extrĂȘmement graves ! Entrons dans le dĂ©tail grĂące aux organismes qui recensent ces accidents !

En ce qui concerne la sinistralitĂ© des apprentis hors secteur agricole, c’est L’Assurance Maladie. Pour l’annĂ©e 2021, elle en recense 15966 : 12094 accidents du travail (AT) et 3872 accidents de trajet (ATT). Ils ont entraĂźnĂ© la perte de 563.883 journĂ©es de travail, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas de simples bobos. Pour l’annĂ©e 2020, annĂ©e Covid : 12.328 (9;503 AT, 2.825 ATT). Pour 2019 : 13.411 (10.301 AT, 3.110 ATT). Soit 31.898 accidents du travail et 9.807 accidents de trajet en 3 ans ! Le plus grave est qu’ils ont provoquĂ© la mort de 39 apprentis : 10 en entreprises, 29 sur le trajet pour aller au travail !

En ce qui concerne le secteur agricole, c’est la MSA qui recense la sinistralitĂ© au travail des apprentis. Nous disposons de statistiques pour la pĂ©riode 2012 – 2016 : 3.180 accidents d’apprentis agricoles (2.800 AT, 380 ATT). Ils ont entraĂźnĂ© la mort de 22 apprentis !

La formation par apprentissage, qualifiĂ©e d’excellente et de voie royale par de nombreux adultes, blesse gravement des milliers de nos adolescents et en tue une quinzaine par an. Dans l’indiffĂ©rence quasi gĂ©nĂ©rale. Pire, cela s’aggrave avec l’augmentation constante du nombre d’apprentis :+ 17,5 % d’accidents du travail et + 24,5 % d’accidents de trajet entre 2019 et 2021(hors secteur agricole). Preuve que tout le monde se moque du qualitatif ! L’important est de faire du chiffre. Il est mĂȘme envisagĂ© d’abaisser Ă  17 ans l’ñge d’obtention du permis de conduire pour pouvoir exploiter encore plus tĂŽt cette main d’Ɠuvre gratuite !

Pour conclure, je m’adresse Ă  tous les personnels de l’Éducation nationale. Certains sont trĂšs favorables Ă  l’idĂ©e d’ouvrir des sections d’apprentissage (souvent concurrentielles) dans les lycĂ©es professionnels. A l’avenir, pensez Ă  ces quelques titres de la presse avant de dĂ©cider de ce qui est bon pour les enfants des autres : « Dans l’Aude, un apprenti boulanger a eu la main Ă©crasĂ©e dans une machine Ă  5 h du matin » ; « Un apprenti de 18 ans sĂ©rieusement blessĂ© dans un atelier de mĂ©tallerie Ă  Saint-AndrĂ© de Cubzac » ; « Nanterre : un jeune apprenti (15 ans) brĂ»lĂ© dans un accident du travail » ; « Rive-de-Gier : le bras d’un jeune apprenti boucher happĂ© par une broyeuse » ; « Albiac : la main d’un apprenti agricole de 17 ans prise dans un semoir » ; « IsĂšre : un apprenti de 16 ans dans un Ă©tat grave aprĂšs une chute de 8 mĂštres sur un chantier » ; « Biscarrosse : coincĂ© sous un engin de levage, l’apprenti forestier de 20 ans est dĂ©cĂ©dĂ© » ; « Saint-Phal : un apprenti bĂ»cheron de 17 ans est dĂ©cĂ©dĂ©. Une branche de 10 mĂštres de long lui est tombĂ©e sur la tĂȘte »; “Cher : un apprenti meurt dans un accident de tracteur.” !

 

Christian Sauce

Pour information : la sinistralité des 630.000 élÚves et stagiaires des lycées professionnels et des EREA est trÚs faible. 129 accidents du travail en 2021, 31 accidents de trajet. 0 décÚs !

 

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RĂ©forme du lycĂ©e professionnel : toujours plus d’entreprise et moins de cours

23 November 2023 at 05:20

Mercredi 22 novembre, Carole Grandjean, ministre dĂ©lĂ©guĂ©e chargĂ©e de l’enseignement et de la formation professionnelle, prĂ©sentait le parcours de terminale des lycĂ©ens de la voie professionnelle. Au programme de la scolaritĂ© des Ă©lĂšves du lycĂ©e professionnel, des heures de cours en moins et toujours plus d’entreprise.

 

Une image contenant microphone, Visage humain, habits, personne Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement AnnoncĂ©e par le PrĂ©sident lui-mĂȘme en mai dernier, la rĂ©organisation du lycĂ©e professionnel, « pour faire mieux rĂ©ussir les Ă©lĂšves » selon la ministre, se poursuit. Une rĂ©forme qui poursuit trois objectifs, rappelle-t-elle, « rĂ©duire le nombre de dĂ©crocheurs, mieux accompagner les jeunes dans l’insertion dans l’emploi et dans les Ă©tudes supĂ©rieures pour ceux qui font le choix de la poursuite d’études ». Carole Grandjean a tenu Ă  saluer la qualitĂ© de ses Ă©changes avec les organisations syndicales d’éducation qui ont permis de faire Ă©voluer le projet du gouvernement, « le dialogue social, c’est la force du compromis. Nous avons entendu les demandes d’une meilleure d’articulation entre les pĂ©riodes de stage et de cours, la nĂ©cessitĂ© de repenser la place du chef-d’Ɠuvre ou encore celle de plus d’EPS ».

 

203 heures de cours en moins

Alors que les Ă©lĂšves de lycĂ©e professionnel bĂ©nĂ©ficient de 2 520 heures de cours aujourd’hui– enseignements professionnels et gĂ©nĂ©raux, un Ă©lĂšve qui entrera en seconde professionnelle Ă  la prochaine rentrĂ©e aura 203 heures de cours en moins.

En seconde et premiĂšre, cela se traduit par deux de cours en moins par semaine.

L’annĂ©e de terminale se composera d’un bloc commun de 30 semaines de septembre Ă  mai avec 22 semaines de cours – « une augmentation des savoirs fondamentaux de 10% ». Une augmentation qui s’effectuera Ă  moyens constants a oubliĂ© de prĂ©ciser la ministre puisque c’est au dĂ©triment de l’accompagnement personnalisĂ©, du chef d’Ɠuvre et de la co-intervention.

À ces 22 semaines, s’ajouteront 6 semaines de stage en entreprise – « organisĂ©es Ă  l’échelle des Ă©tablissements dans le respect des filiĂšres mĂ©tiers des jeunes » a dĂ©clarĂ© Carole Grandjean. Enfin, deux semaines d’examens clĂŽtureront le bloc commun.

« En terminale, les Ă©lĂšves auront 1 heure et demie de cours en plus par semaine » a tenu Ă  prĂ©ciser la ministre. Une affirmation qui est loin de reflĂ©ter la future rĂ©alitĂ© d’un Ă©lĂšve de terminale de lycĂ©e professionnel. Si, en effet, il bĂ©nĂ©ficiera de 31 heures et demie de cours au lieu des trente heures actuelles, ce sera sur 22 semaines et non plus les 26 actuelles. 4 semaines de classes, c’est 120 heures de cours, 1 heure 30 de cours en plus par semaine, reprĂ©sentent 33 heures de cours
 Les Ă©lĂšves de lycĂ©e professionnels auront donc 87 heures de cours en moins malgrĂ© les 1h30 de plus hebdomadaires.

 

Six semaines de cours pour les élÚves qui poursuivront des études, mais avec quels moyens ?

La fin de l’annĂ©e de terminal est constituĂ©e du « bloc personnalisé » qui s’appuie sur le projet de l’élĂšve. Ce bloc dure six semaines de fin mai Ă  dĂ©but juillet. « Les jeunes auront deux possibilitĂ©s. S’ils ont un projet d’insertion professionnelle, ils effectueront six semaines de stages pour que ce stage devienne en quelque sorte leur premier emploi”. Un premier job rĂ©munĂ©rĂ© 100 euros la semaine
” S’ils font le choix de la poursuite d’études, ils auront 6 semaines de prĂ©paration aux Ă©tudes supĂ©rieures ». « Je souhaite que nous puissions ĂȘtre agiles, nous sommes au service de la rĂ©ussite des jeunes », a affirmĂ© Carole Grandjan lorsqu’elle a Ă©tĂ© interrogĂ©e sur le risque qu’un Ă©lĂšve change d’avis dans son choix de parcours – prĂ©paration au supĂ©rieur ou Ă  l’entrĂ©e sur le marchĂ© du travail.

Quant aux Ă©preuves du baccalaurĂ©at, elles auront lieu pour la plupart en mai sauf celles de PrĂ©vention SantĂ© Environnement et du chef d’Ɠuvre, renommĂ©e « oral de projet » qui auront lieu en juin. C’est un recul pour la ministre qui souhaitait que les Ă©preuves soient positionnĂ©es en mars.

Si le report des Ă©preuves est une victoire pour les organisations syndicales, c’est une victoire en demi-teinte. « Les Ă©preuves du baccalaurĂ©at auront lieu aux alentours du 6 mai. On a gagnĂ© un peu plus d’un mois. La mobilisation et l’annonce de la grĂšve l’ont fait reculer », nous a dĂ©clarĂ© Sigrid GĂ©rardin, secrĂ©taire gĂ©nĂ©rale du Snuep-FSU. « Mais la ministre n’a pas renoncĂ© Ă  son projet de moins d’école et plus d’entreprise. Les Ă©lĂšves perdent 203 heures de cours sur la totalitĂ© de leur scolaritĂ© en lycĂ©e ».

Autre sujet d’inquiĂ©tude de la responsable syndicale, le mode de financement des six semaines du bloc personnalisĂ© de poursuite d’études. «  Avec quels moyens ces heures supplĂ©mentaires seront-elles financĂ©es ? ». Une question Ă  laquelle la ministre n’a d’ailleurs pas rĂ©pondu lorsqu’elle a Ă©tĂ© interrogĂ©e par un journaliste lors de la confĂ©rence de presse. « Cette rĂ©forme est en contradiction totale avec les dĂ©clarations de Gabriel Attal qui clame vouloir Ă©lever le niveau. Les jeunes de la voie professionnelle perdent l’équivalent de sept semaines de cours ». « Nous sommes dans la continuitĂ© de Blanquer qui a fait perdre 10 semaines de cours aux lycĂ©ens professionnels. Cette rĂ©forme poursuit le saccage du lycĂ©e professionnel », dĂ©nonce Sigrid GĂ©rardin.

 

Lilia Ben Hamouda

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Défi ecosystem : Sensibilisez vos classes de cycles 2 & 3 à la seconde vie des équipements électriques

23 November 2023 at 05:20

Une image contenant habits, intérieur, table, personne

Description générée automatiquement Le Défi ecosystem est un projet pédagogique clé en main, composé de 8 activités à réaliser en classe pour sensibiliser les élÚves du CP à la 6e à la réparation, au don et au recyclage des appareils électriques et électroniques et des ampoules.

Comment ça fonctionne ?

  1. Vous inscrivez votre classe sur le site www.ledefi.eco
  2. Nous vous envoyons gratuitement un kit pédagogique : Découvrir le kit
  3. Vous réalisez en classe des activités ludiques et pédagogiques :

Conçues pour s’inscrire dans le programme de l’Education nationale, elles sont modulables et adaptables Ă  votre projet de classe, au temps que vous souhaitez y consacrer
 En savoir plus sur les activitĂ©s

  1. Vous validez les défis réalisés sur le site.

Le projet repose sur une mĂ©canique solidaire avec les ONG Electriciens sans frontiĂšres et l’Ecole du Bayon : les activitĂ©s validĂ©es alimentent un compte de dĂ©fis relevĂ©s par l’ensemble des classes inscrites :

1 000 défis validés = 1 projet solidaire financé par ecosystem

Inscriptions sur www.ledefi.eco

 

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Eustory, un concours sur le sport entre la France et l’Allemagne

23 November 2023 at 05:20

Une image contenant texte, capture d’écran, carte de visite, personne Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement À destination des Ă©lĂšves français et allemands de la 4Ăšme Ă  la terminale, la thĂ©matique choisie pour l’édition 2023/24 propose de plonger dans le passĂ© sportif commun de nos deux pays et/ou d’explorer l’histoire sportive du pays voisin.

Ce concours est une opportunité de mettre en lumiÚre des moments clés, des figures emblématiques et des événements sportifs qui ont façonné nos sociétés actuelles et notre passé commun.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au lundi 18 mars 2024 sur le site internet d’Eustory 

 

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Le SĂ©nat en passe de changer l’EMC

23 November 2023 at 05:10

Le SĂ©nat examine en sĂ©ance le 23 novembre la proposition de loi Cabanel “tendant Ă  renforcer la culture citoyenne”. L’objectif est de modifier l’enseignement moral et civique (EMC) pour le limiter Ă  la connaissance des institutions et, si possible, la rĂ©vĂ©rence envers leurs membres. Un projet rĂ©actionnaire, entamĂ© par la rĂ©forme des programmes de 2018 et qui sera probablement votĂ©.

 

Le retour de l’instruction civique

Le texte prĂ©sentĂ© en sĂ©ance ne comprend que 7 articles. Le premier dĂ©cide que ” l’enseignement moral et civique a pour objet d’amener les Ă©lĂšves Ă  devenir des citoyens responsables et conscients de leurs droits et de leurs devoirs. Il comporte, Ă  tous les stades de la scolaritĂ©, une formation aux valeurs de la RĂ©publique et Ă  la laĂŻcitĂ©. Son objectif est de permettre aux futurs citoyens de connaĂźtre le fonctionnement des institutions françaises et europĂ©ennes. Il vise Ă©galement Ă  leur faire comprendre les enjeux internationaux, sociĂ©taux et environnementaux du monde contemporain.”

Les autres articles visent Ă  faciliter le vote par procuration et surtout Ă  autoriser l’envoi de tracts Ă©lectoraux par voie Ă©lectronique aux Ă©lections lĂ©gislatives, des conseils dĂ©partementaux, municipaux et du parlement europĂ©en. Un dernier article facilite l’exercice des fonctions d’élu pour les Ă©tudiants.

 

Un projet qui vient de loin

Cette proposition de loi rĂ©sulte du rapport de la Mission d’information du SĂ©nat, pilotĂ©e par StĂ©phane Piednoir (LR) et Henri Cabanel (RDSE) en juin 2022. Quelques mois aprĂšs un rapport dĂ©nonciateur de la Cour des Comptes sur l’EMC, ils demandaient un recadrage de l’EMC. ” “Il faut recentrer l’EMC sur ce qu’elle Ă©tait au dĂ©part, sur le fonctionnement des institutions avec des documents plus valorisants pour ceux qui pratiquent la dĂ©mocratie au quotidien“, demandaient les deux sĂ©nateurs. Plus question de dĂ©bats sur les dĂ©fis que doit affronter la sociĂ©tĂ© pour former les futurs citoyens. Les deux sĂ©nateurs demandaient le retour Ă  un enseignement du fonctionnement des institutions comme au bon vieux temps. Ce retour Ă  l’instruction civique allait dans le sens de la réécriture des programmes d’EMC par JM Blanquer en 2018 et des voeux de S. Ayada, alors prĂ©sidente du Conseil supĂ©rieur des programmes en janvier 2022 : “il est temps de revenir Ă  une instruction civique classique oĂč on n’est pas en lutte contre tous les maux de la sociĂ©tĂ©â€œ.

 

Les amendements

Des amendements ont Ă©tĂ© dĂ©posĂ©s par le PS pour nuancer le texte en ajoutant Ă  cette “culture citoyenne” “les enjeux du renforcement de la cohĂ©sion nationale, de la mixitĂ© sociale, de l’égalitĂ© femme-homme ainsi que de la lutte contre les prĂ©jugĂ©s sexistes et homophobes et Ă  celle contre la violence au sein des couples“. Un autre amendement demande au gouvernement un rapport sur l’EMC organisĂ© en lieu et place de l’enseignement religieux obligatoire en Alsace Moselle pour les Ă©lĂšves dispensĂ©s. Gageons que ces amendements ont peu de chance de passer avec la majoritĂ© de droite du SĂ©nat. La laĂŻcitĂ© a des limites


 

François Jarraud

La proposition de loi

Sa présentation en mars 2023

La mission Piednoir Cabanel

Le rapport de la Cour des Comptes

 

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L’Expresso du 22 novembre 2023

22 November 2023 at 06:55

AprĂšs Rennes, Roubaix, Dax, Lyon, OrlĂ©ans, Nantes, Bordeaux, Paris
 le Forum des Enseignantes et Enseignants Innovants revient et fera souffler le vent de la crĂ©ativitĂ© dans les Salons de Blossac Ă  Poitiers du 8 au 9 dĂ©cembre 2023.   Deux jours de pause pour oublier, un peu, combien les temps sont difficiles pour les profs,


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Le Forum des Enseignants Innovants, initiĂ© par le CafĂ© pĂ©dagogique en 2008, constitue un Ă©vĂ©nement dans le paysage Ă©ducatif français. Ce rendez-vous a pour vocation de mettre en lumiĂšre les pratiques pĂ©dagogiques novatrices et de favoriser les Ă©changes entre les acteurs de l’éducation.   Depuis ses dĂ©buts, le FEI tĂ©moigne de l’évolution constante des dĂ©marches


L’Expresso du 22 novembre 2023

- Le fait du jour -

Que faut-il faire pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre des enseignants et des Ă©lĂšves dans les Ă©coles et Ă©tablissements ? Est-ce un problĂšme systĂ©mique ou d’établissement ? Le Cnesco rĂ©unit les 21 et 22 novembre une confĂ©rence de comparaisons internationales, dont le CafĂ© pĂ©dagogique est partenaire, sur le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole. Si l’objectif semble admis par tout


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L’AFEF – Association Françaises pour l’Enseignement du Français – lance un appel Ă  rĂ©sister Ă  la dĂ©construction de l’école. Pour ce faire, elle propose un premier temps d’échange Ă  tous les acteurs et actrices de l’école le mercredi 13 dĂ©cembre prochain. Viviane Youx, prĂ©sidente de l’association explique aux lecteurs et lectrices l’objet de cet appel.


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Les prioritĂ©s, le ministre de l’Éducation nationale les multiplie depuis sa nomination Ă  la rue de Grenelle. Claude LeliĂšvre, historien, revient sur cet enchainement d’annonces.   Cela n’a pas manquĂ© : Gabriel Attatl s’est empressĂ© au premier jour du salon Educ@tech d’ajouter un cinquiĂšme Ă©lĂ©ment Ă  sa liste des fondamentaux et Ă  sa longue liste


Le Cafe pĂ©dagogique vous propose de redĂ©couvrir les pĂ©pites des prĂ©cĂ©dents Forum des enseignantes et enseignants Innovants. Et si c’était vous pour le FEI12?   Jessica Lamaze a conçu ce projet innovant pour sa classe de CM1 en section internationale Britannique Ă  l’Ecole Ă©lĂ©mentaire Europe Adriatique de Reims. Son but Ă©tait de sensibiliser ses Ă©lĂšves


- Les disciplines -

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Dans ses chroniques, Maitresse C partage le quotidien de sa classe. Aujourd’hui, elle raconte aux lecteurs et lectrices du CafĂ© pĂ©dagogique son projet de prĂȘt de jeux avant les vacances d’automne.   C’est bientĂŽt les vacances mais c’est pas encore l’hiver. Les frimas du matin sont pourtant lĂ  pour nous rappeler que ça vaut la


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Jean Perbet est professeur des Ă©coles depuis 25 ans, PEMF depuis 12 ans et militant au GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle). Comme tous les enseignants et enseignantes, il a Ă©tĂ© invitĂ© Ă  remplir l’enquĂȘte « exigence des savoirs ». Un exercice auquel il s’est pliĂ© mais auquel il reproche de ne pas laisser la possibilitĂ© de formuler


- L'élÚve -

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- La classe -

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3-8 ans Pour faire un livre il faut
 des mots, mĂȘme si parfois on s’en passe. Et puis, du papier. Deux livres pour parler de mots et de papier. L’un poĂ©tique, qui donne envie de le prolonger Ă  l’infini. L’autre, petit documentaire concis et prĂ©cis pour tout savoir sur ce support pas si banal.  


- Le systĂšme -

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Le FNEC FP-FO appelle Ă  une grĂšve et Ă  une manifestation le jeudi 25 janvier 2024 pour dire « Stop au chaos et Ă  la mise en danger des personnels et des Ă©lĂšves dans les Ă©tablissements scolaires, non Ă  l’inclusion systĂ©matique et forcĂ©e, non Ă  l’Acte 2 de l’École inclusive ». Ce que dĂ©nonce le syndicat,


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C’est le nom du nouveau site rĂ©alisĂ© par le mouvement du Nid prĂ©sentĂ© Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale des droits de l’enfant. Une boĂźte Ă  outil pour prĂ©venir le risque prostitutionnel et qui choisit de s’adresser spĂ©cifiquement aux collĂ©giens et collĂ©giennes.   Alors que le risque prostitutionnel se situe dĂ©sormais Ă  l’ñge de 13


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Les enseignantes et enseignants rĂ©fĂ©rents Ă  la scolarisation des Ă©lĂšves en situation de handicap (ERSEH) ont leurs assises nationales. Les ERSEH, qui font le lien entre les familles, l’équipe Ă©ducative et l’ensemble des professionnels qui accompagnent l’élĂšve en situation de handicap, contribuent « à la mise en place des moyens nĂ©cessaires pour permettre aux Ă©lĂšves en


- Les disciplines -

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Le Festival d’AngoulĂȘme propose aux classes de l’école primaire – pour les Ă©lĂšves de 5 Ă  10 ans, et aux classes spĂ©cialisĂ©es quel que soit l’ñge des participants de rĂ©aliser une bande dessinĂ©e dont le thĂšme est libre. Le concours s’adresse aux Ă©lĂšves des Ă©tablissements scolaires français, en France et Ă  l’étranger, de la grande


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L’acadĂ©mie de Tours met Ă  disposition des professeur·es des Ă©coles un dossier thĂ©matique autour des styles musicaux avec des fiches de prĂ©sentation des diffĂ©rents styles de musique. Et il y a en a pour tous les gouts : punk, swing, classique, soul, reggae ou encore le hip hop
 Il revient aussi sur la place de la


L'édito

L’École, toujours debout

Aujourd’hui, cela fait trois ans. Trois ans que l’infĂąme a frappĂ© notre Ă©cole en plein cƓur. Trois ans que le terrorisme a attaquĂ© ce qui fait notre RĂ©publique. Alors que nous pleurons encore Samuel Paty, il y a trois jours, l’infĂąme a Ă  nouveau frappĂ©. Dominique Bernard est mort, assassinĂ© par un ancien Ă©lĂšve. Un


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Les disciplines

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Le Film de la semaine : « La Venus d’argent » d’HĂ©lĂ©na Klotz

22 November 2023 at 05:27

D’oĂč vient la force d’attraction de la Haute Finance auprĂšs d’une jeune ambitieuse, Ă©tudiante brillante et originaire d’une famille modeste ? Pour son deuxiĂšme long mĂ©trage aprĂšs « L’Age atomique » en 2012, trĂšs remarquĂ© et laurĂ©at entre autres du Prix Jean Vigo, HĂ©lĂ©na Klotz, scĂ©nariste (ici avec Emily Barnett et NoĂ© DebrĂ©) et rĂ©alisatrice –à la suite de dĂ©buts en 2003 dans la crĂ©ation sonore pour le théùtre- met en scĂšne avec maestria « La Venus d’argent » et offre Ă  Claire Pommet (la chanteuse Pomme et actrice impressionnante) son premier rĂŽle Ă  l’écran.

Fille de gendarme, habitant avec son petit-frĂšre et sa petite-sƓur dans une caserne en banlieue parisienne, Jeanne Francoeur, solitaire sans amour (malgrĂ© l’insistance sentimentale d’un militaire et amie d’enfance), rĂȘve de franchir la frontiĂšre sociale invisible et de pĂ©nĂ©trer le milieu fermĂ© des traders. Une voie insolite pour se rĂ©inventer et conquĂ©rir sa liberté ? La cinĂ©aste nous propose en tout cas une fiction Ă©trange et dĂ©rangeante, dessinant sous nos yeux le portrait d’une jeune femme ‘moderne’, en guerriĂšre farouche, transgressant les assignations sexuelles et sociales, dans une solitude affective infinie, aux confins d’un monde dĂ©shumanisĂ©.

 

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Du scooter Ă  la Rolls Royce, une quĂȘte paradoxale de libertĂ©

CadrĂ©e de dos en plan large, filant dans la nuit du pĂ©riphĂ©rique, une silhouette casquĂ©e Ă  bord d’un scooter. Temps d’arrĂȘt devant un magasin de luxe. La jeune conductrice en fracasse la vitre (et se blesse Ă  la poitrine en commettant l’effraction). Elle s’empare d’un costume d’homme, future tenue pour pĂ©nĂ©trer dans l’inconnu. Avec, Ă  mĂȘme la peau et visible Ă  l’Ɠil nu, cette blessure ouverte qu’elle nettoie rĂ©guliĂšrement et dissimule par des bandages qui Ă©crasent ses seins et composent, avec sa coupe de cheveux au carrĂ©, une allure androgyne.
Chez elle, dans la chaleur de la nuit, en banlieue parisienne, elle retrouve son point d’ancrage (la petite-sƓur et le petit-frĂšre cĂąlinĂ©s) et son pĂšre gendarme et veuf (GrĂ©goire Colin) ; sa chambre d’enfance et d’étudiante en Ă©conomie (don deux ans Ă  Saint-Cyr), Ă  la fois cocon et Ă©touffoir de grands aspirations. Et le copain de longue date, militaire souvent en mission en Afrique francophone (Niels Schneider), visiblement attachĂ© Ă  celle qui nous paraĂźt le tenir Ă  distance en raison d’une premiĂšre expĂ©rience amoureuse traumatique, jamais explicitĂ©e.

Dans la lumiĂšre crĂ©meuse et blafarde du jour, dans les derniers Ă©tages des tours de La DĂ©fense, Jeanne, chemise blanche et costume gris, traits impĂ©nĂ©trables, fourbit ses premiĂšres armes. De simple stagiaire d’une entreprise de trading oĂč elle se fait vite remarquer par son agilitĂ© Ă  observer et Ă  traquer graphiques chiffrĂ©s et affichages des flux de capitaux virtuels comme par sa capacitĂ© Ă  manier le langage codĂ© des professionnels Ă  son embauche par FarĂšs (Sofiane Zermani, Ă©galement rappeur connu sous le nom de Fianso), ‘ponte’ de la sociĂ©tĂ© World Aid, Ă  la maĂźtrise corporelle et mentale ostensible, Jeanne devient en un temps record une battante et virtuose dans un domaine oĂč semblent rĂ©gner virilisme notoire et absence d’affects.

Elle dĂ©couvre brutalement une soirĂ©e pour initiĂ©s organisĂ©e dans son hĂŽtel particulier par Elia (Anna Mouglalis),‘mĂ©cĂšne’ corruptrice Ă  la voix rauque, capable d’ébranler Ă©motionnellement son invitĂ©e comme une apparition envoutante et vĂ©nĂ©neuse. La professionnelle aguerrie se glisse aussi aux cĂŽtĂ©s du conducteur auto-satisfait Ă  bord d’une Rolls silencieuse, fendant l’espace comme si les passagers Ă©taient protĂ©gĂ©s par une bulle sans attache avec le commun des mortels. Et pourtant, l’hĂ©roĂŻne, sous sa carapace neutre et asexuĂ©e, n’est pas Ă  l’abri d’un retournement de situation ni d’autres sĂ©ismes intimes, propres Ă  des reflux et des flux de dĂ©sir auxquels elle ne s’attend pas. Impossible d’en dĂ©voiler davantage tant l’issue ouverte de cette histoire de conquĂ©rante vulnĂ©rable se veut, dans sa forme, au diapason de la transformation en cours et de son opacitĂ© irrĂ©ductible.

 

D’un monde à la l’autre, une mise en scùne rigoureusement tenue

Ainsi HĂ©lĂ©na Klotz construit-elle, avec le concours de son directeur de la photographie, Victor Seguin, un univers froid et mĂ©tallique, fait de grandes baies vitrĂ©es et d’espaces vides et blancs sans vis-Ă -vis, un univers ritualisĂ© jusqu’à la deshumanisation engendrĂ© par la toute puissance de l’argent. Et circulant entre cet espace sans Ăąme (les tours de la DĂ©fense, voire l’hĂŽtel particulier et ses recoins capitonnĂ©s) et le lieu de ses origines (la chambre d’enfance, les barres d’immeuble), la jeune hĂ©roĂŻne androgyne, coiffĂ©e et habillĂ©e Ă  la garçonne,  tente de se construire un destin, comme  un Julien Sorel ou un Martin Eden du XXI Ăšme siĂšcle selon les vƓux de la cinĂ©aste, dans la volontĂ© vraiment dĂ©terminĂ©e, faussement impassible, de dĂ©passer les identitĂ©s de classe et de genre, dans un mouvement de fluiditĂ© en accord avec les tendances lourdes d’une Ă©poque oĂč chacune (et chacun) est tenue de devenir l’hĂ©roĂŻne de sa propre vie (au dĂ©triment souvent des liens avec les autres et des fondements du contrat social), tout en voulant garder le contrĂŽle sur ses Ă©motions, ses Ă©lans amoureux et sa sexualitĂ©.

« La Venus d’argent » nous confronte donc Ă  une fiction dĂ©rangeante sur un pari fou d’émancipation, celui d’une jeune femme d’aujourd’hui comptant sur ses propres forces dans un milieu hostile,  comme s’il suffisait d’en connaĂźtre la langue (ici celle de l’argent et des ses agents) pour trouver sa place en territoire â€˜Ă©tranger’. Aussi, portĂ©e par les partis-pris musicaux audacieux du compositeur Ulysse Klotz, en dĂ©calage saisissant avec les images et leur montage, la fiction troublante questionne sans mĂ©nagement l’exigence de libertĂ©.

 

Samra Bonvoisin

« La Venus d’argent », film d’HĂ©lĂ©na Klotz-sortie le 22 novembre 23 ; sĂ©lection officielle, Toronto International Film Festival

 

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Les styles de musiques

22 November 2023 at 05:22

Une image contenant capture d’écran, texte, conception, graphisme

Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement L’acadĂ©mie de Tours met Ă  disposition des professeur·es des Ă©coles un dossier thĂ©matique autour des styles musicaux avec des fiches de prĂ©sentation des diffĂ©rents styles de musique. Et il y a en a pour tous les gouts : punk, swing, classique, soul, reggae ou encore le hip hop


Il revient aussi sur la place de la musique dans les programmes de cycle 2 et 3, propose des documents d’accompagnement et des jeux.

Ce dossier offre mĂȘme d’aller voir comment le cerveau traite la musique.

Un dossier à découvrir ici

 

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J’suis pas bonne en maths moi non plus

22 November 2023 at 05:20

Dans ses chroniques, Maitresse C partage le quotidien de sa classe. Aujourd’hui, elle raconte aux lecteurs et lectrices du CafĂ© pĂ©dagogique son projet de prĂȘt de jeux avant les vacances d’automne.

 

Une image contenant arbre, plein air, sol, parc Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement C’est bientĂŽt les vacances mais c’est pas encore l’hiver. Les frimas du matin sont pourtant lĂ  pour nous rappeler que ça vaut la peine de mettre l’écharpe molletonnĂ©e ou le bonnet fourrĂ©. Non, le temps s’affiche dĂ©jĂ  hivernal, les matins gris souris et les sourires crispĂ©s.

Les vacances sont pour les enseignants ce que le chocolat est au pain : attendues avec impatience, souvent mirifiĂ©es, dĂ©gustĂ©es sans modĂ©ration, dĂ©vorĂ©es avec prĂ©cipitation et qui laisse un goĂ»t doucereux et inachevĂ© dans la bouche et une Ă©trange amertume. Alors on en est lĂ , sur le perron de l’école dans l’attente de ce moment que l’on voudrait inoubliable et qui n’est bien souvent qu’une mise en reflet de nos instants quotidiens.

Pour ces vacances, je propose aux enfants et donc Ă  leurs parents d’emmener un jeu de sociĂ©tĂ© Ă  la maison. La question du choix se pose :

choix de l’élĂšve ? qui veut profiter du jeu pour lui tout seul sans devoir supporter le collectif,

choix des parents ? qui veulent prendre un peu de temps et qui pour une fois se dégageront de leurs obligations sans un regard pour leur passé,

choix de la maĂźtresse ? qui veut faire travailler une compĂ©tence pas encore atteinte et qui se dĂ©leste des valises de culpabilitĂ© qu’elle promĂšne au hasard de ses classes.

Quelques-uns rĂ©pondent par l’affirmative, d’autres refusent, certains ont d’autres chats Ă  fouetter, comme ces lettres qu’on a oubliĂ©es d’envoyer et qu’au soir de nos vies, on se rappelle ces moments fugaces oĂč la vie aurait pu se conjuguer ailleurs.

La maman d’E. me rĂ©pond par mail, me signalant :

Bonsoir

Tout d’abord merci pour cette belle attention oui nous sommes intĂ©ressĂ©s E. et moi .

Encore merci et bonne soirée à demain

Je m’y attendais un peu Ă  cette rĂ©ponse, de la part de cette maman. Elle est soucieuse de la rĂ©ussite de son fils. Elle me demande de l’informer si j’avais quelque inquiĂ©tude. Elle s’inquiĂšte, cette maman trop alerte. Elle pressent que l’école ne va pas garantir les mĂȘmes trajectoires Ă  son fils qu’aux autres enfants.

Alors oui ! Par Jules Ferry ! PrĂȘtez-nous un jeu de sociĂ©té ! Que l’on apprenne un peu plus Ă  dĂ©faut de comprendre ou de dĂ©coder les usages et habitus qui font que l’on rĂ©ussit Ă  l’école.

J’en parle avec « mon  ASEM ».

Les doubles guillemets sont nĂ©cessaires : c’est Mon ASEM, celle qui fait que les journĂ©es de classe seront plus douces ou pas, celle qui fait que les enfants(petits) seront chouchoutĂ©s un peu plus, quand la maĂźtresse, figure tutĂ©laire, se plie Ă  son rĂŽle, tance et contraint. J’ai beaucoup de chance, Mon ASEM donc, appartient Ă  la famille fort peu nombreuse « des bonnes fĂ©es ». Je lui dis, y compris devant les Ă©lĂšves. Ca lui fait plaisir. Elle me le rend bien.

ASEM donc car notre pays a le goĂ»t des acronymes et je me demande toujours ce que les enfants comprennent quand dĂšs leur plus jeune Ăąge, on leur dit que leur Ă©cole est en REP, que PISA n’a pas rendu de bons commentaires, qu’il faut remplir leur PAI pour qu’ils arrivent Ă  un horaire dĂ©calĂ© suite Ă  un rendez vous mĂ©dical, et qu’ils ont APC Ă  15h


Mon ASEM valide le fait de prĂȘter des jeux.

Le lendemain, les élÚves emportent leurs jeux.

Je dis à la maman d’E que j’ai choisi un jeu qui aidait à compter.

« Ah me dit-elle, c’est bien !!! Oui c’est vrai qu’il n’est pas trĂšs bon pour compter. Ça va nous faire du bien ! J’suis pas bonne en maths, moi aussi ! »

Je la regarde, mon sourire gĂȘnĂ© affichĂ© sur mon visage. Cette femme qui s’avoue « pas bonne en maths (elle non plus) » n’hĂ©site pas Ă  clamer son incompĂ©tence en la matiĂšre. Je suis touchĂ©e par son honnĂȘtetĂ©, sa franchise, son absence de pudeur mĂȘme pas impudique.

Elle me sourit. Je ne saurai jamais si elle devine ou comprend ma gĂȘne.

D’un sonore « Bonnes vacances maĂźtresse et merci encore ! », elle quitte la classe.

Y’a des jours, je les aime ces parents !

 

Maitresse C.

 

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Peut-on amĂ©liorer le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole ?

22 November 2023 at 05:20

Que faut-il faire pour amĂ©liorer le bien-ĂȘtre des enseignants et des Ă©lĂšves dans les Ă©coles et Ă©tablissements ? Est-ce un problĂšme systĂ©mique ou d’établissement ? Le Cnesco rĂ©unit les 21 et 22 novembre une confĂ©rence de comparaisons internationales, dont le CafĂ© pĂ©dagogique est partenaire, sur le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole. Si l’objectif semble admis par tout le monde, G. Attal promettant mĂȘme “le bonheur” Ă  l’école, la recherche est loin d’ĂȘtre unanime sur le chemin. A l’OCDE et la Finlande qui mettent en avant des rĂ©formes de systĂšme, B. Galand rĂ©pond en montrant Ă  quel point la mise en Ɠuvre est difficile. Une seule certitude Ă  la fin de cette premiĂšre journĂ©e : le problĂšme est particuliĂšrement grave en France. Le Cnesco poursuit l’enquĂȘte aujourd’hui


 

Le constat échappe à G. Attal

Commençons par le constat. Marie-NoĂ«l Vercambre-Jacquot, de la Fondation d’entreprise pour la santĂ© publique, publie les rĂ©sultats de l’enquĂȘte internationale i-Best (11 pays). La France et la Belgique se distinguent par un mal-ĂȘtre enseignant particuliĂšrement Ă©levĂ©, la moitiĂ© des professeurs manifestant de l’angoisse ou Ă©tant dĂ©pressif. Les enseignants français dĂ©clarent le plus que qu’ils se sentent dĂ©valorisĂ©s dans la sociĂ©tĂ© et par la hiĂ©rarchie et d’ĂȘtre laissĂ©s Ă  l’écart des dĂ©cisions. Ils sont particuliĂšrement insatisfaits de leur salaire, des possibilitĂ©s d’évolution et de formation.

Une situation qui ne semble pas perçue par Gabriel Attal. Le ministre est venu en personne ouvrir la confĂ©rence du Cnesco
 pour y dĂ©velopper le thĂšme du bonheur. “Le premier objectif de la politique c’est de crĂ©er les conditions du bonheur dans le sociĂ©tĂ©â€œ, explique-t-il. “C’est le cƓur du projet de l’école. Je revendique pas seulement le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole mais le bonheur Ă  l’Ecole“.

 

 

La sĂ©grĂ©gation scolaire est l’ennemi du bien-ĂȘtre

Prenons-le au mot. Comment Ă©tablir ce bien-ĂȘtre ? Deux interventions mettent en avant des rĂ©ponses systĂ©miques qui ne vont pas toujours satisfaire le ministre. Ruochen Li, de l’OCDE, montre, Ă  partir de Talis et Pisa, que la satisfaction des enseignants est liĂ©e au type d’établissement oĂč ils travaillent. Les professeurs qui travaillent dans des Ă©tablissements Ă  recrutement privilĂ©giĂ© montrent un plus haut niveau de satisfaction que les autres. La rĂ©partition des Ă©lĂšves et des enseignants, deux donnĂ©es systĂ©miques, influent donc sur le bien-ĂȘtre. R. Li en tirent deux conclusions oĂč il ne cite pas la France mĂȘme si elle est clairement visĂ©e. La premiĂšre c’est que les systĂšmes Ă©ducatifs sĂ©grĂ©gatifs gĂ©nĂšrent davantage de mal-ĂȘtre enseignant sans amĂ©liorer les rĂ©sultats des Ă©lĂšves. La comparaison entre la Lettonie et la Finlande, deux pays nordiques, Ă©tablit cela nettement. Seconde conclusion : affecter les enseignants inexpĂ©rimentĂ©s dans les Ă©tablissements difficiles, une particularitĂ© que la France partage avec quelques autres pays dĂ©veloppĂ©s, gĂ©nĂšre du mal-ĂȘtre. Pour rĂ©duire le mal-ĂȘtre enseignant, on peut jouer sur l’affectation des Ă©lĂšves et des enseignants, suggĂšre R. Li. G. Attal envisage d’augmenter la sĂ©grĂ©gation scolaire en crĂ©ant des classes de niveau. Quant Ă  changer le mode d’affectation des enseignants cela ne serait possible qu’à travers des amĂ©nagements de carriĂšre qui semblent inatteignables


 

L’école gratuite gage du bien-ĂȘtre ?

C’est l’exemple finlandais que Kirsi PyhĂ€ltö, de l’universitĂ© d’Helsinki, met en avant pour sa rĂ©ussite sur le terrain du bien-ĂȘtre Ă  l’école. Pour elle le bien-ĂȘtre impacte Ă  la fois les rĂ©sultats des Ă©lĂšves et le sentiment de satisfaction des enseignants. Et il peut ĂȘtre renforcĂ© par une approche systĂ©mique associant des Ă©lĂ©ments pratiques et pĂ©dagogiques. Sur le plan pĂ©dagogique, cela passe par une pĂ©dagogie coopĂ©rative promouvant les interactions sociales et la sĂ©curitĂ© socio-Ă©motionnelle des Ă©lĂšves, ce qu’on ose Ă  peine Ă©voquer en France par le mot “bienveillance”. Le versant pratique c’est une Ă©cole oĂč la scolaritĂ© est rĂ©ellement gratuite (y compris les transports, la cantine, le matĂ©riel d’apprentissage). Et oĂč l’élĂšve a un accĂšs facile Ă  de l’aide : psychologues, infirmiĂšres, enseignants spĂ©cialisĂ©s et assistants sociaux font partie du personnel scolaire. “C’est plus simple si l’approche est systĂ©mique et globale, si elle couvre toute la journĂ©e, toute la semaine et si tout le monde y participe“, explique Kirsi PyhĂ€ltö.

Benjamin Cleveland, Melbourne School of Design, et Ed Baines, University College London, montrent d’autre aspects systĂ©miques. Le premier prĂ©sente un programme australien pour ouvrir les Ă©coles Ă  leur communautĂ©. Le second dĂ©montre l’importance des pauses pour le bien-ĂȘtre des Ă©lĂšves, notamment pour dĂ©velopper leur autonomie et leur socialisation. Or la tendance actuelle est Ă  rĂ©duire les temps de pause (une heure en moins dans le secondaire en Angleterre) et Ă  les encadrer davantage.

 

Insaisissable bien-ĂȘtre


AprĂšs ces interventions, ça y est ! Nous tenons les chemins du bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole ! Il est Ă  portĂ©e de mains. Et bien non ! Car BenoĂźt Galand, UCL, brise nos certitudes Ă  partir de l’expĂ©rience belge. Suite au “Pacte pour un enseignement d’excellence” (2014) dans le systĂšme Ă©ducatif francophone de Belgique, l’amĂ©lioration du bien-ĂȘtre et du climat scolaire est retenu comme objectif principal par de nombreux Ă©tablissements scolaires. Une enquĂȘte est lancĂ©e en 2019 pour Ă©laborer des indicateurs de bien-ĂȘtre, collecter des donnĂ©es et faire des recommandations. La premiĂšre difficultĂ© c’est d’élaborer des indicateurs tant le bien-ĂȘtre a une dimension subjective, et de dĂ©finir des Ă©chelles. L’équipe y arrive et montre par exemple que les Ă©lĂšves ont un fort sentiment de satisfaction dans leurs relations avec leurs camarades et les professeurs. C’est ce qui est appris Ă  l’école qui a le plus faible taux de satisfaction. Du cotĂ© des enseignants, des minoritĂ©s importantes sentent “vidĂ©s” chaque semaine et mĂȘme “au bout du rouleau” pour un professeur sur sept. Mais que faire de ces indicateurs ? “Transposer des indicateurs systĂ©miques au niveau local n’est pas pertinent“, explique B. Galand. Le bien-ĂȘtre varie peu d’un Ă©tablissement Ă  l’autre. Dans chaque Ă©tablissement la majoritĂ© des personnes (Ă©lĂšves comme personnels) rapportent un niveau modĂ©rĂ© Ă  Ă©levĂ© de bien-ĂȘtre et quelques personnes se sentent trĂšs mal. Il est donc plus efficace de dĂ©pister ces personnes et de leur apporter de l’aide, y compris pĂ©dagogique, que faire un programme local. Par suite, les indicateurs ne sont pas nĂ©cessairement adĂ©quats pour les acteurs locaux. Et on prend le risque, en se focalisant sur eux, d’avoir des stratĂ©gies de surface et de normaliser sans effet majeur.

 

La confĂ©rence de comparaison internationale du Cnesco nous laisse avec ces interrogations. Le 22 novembre d’autres pistes sont Ă©tudiĂ©es. Comment promouvoir le bien-ĂȘtre psychologique ? Comment adapter les enseignements ? Comment lutter contre le harcĂšlement ? On mesure le chemin parcouru depuis la confĂ©rence organisĂ©e par le Cnesco et le Cren en 2017. Le chemin du bien-ĂȘtre se dessine peu Ă  peu. Les clĂ©s du bonheur restent Ă  trouver


 

François Jarraud

La confĂ©rence sur le bien-ĂȘtre Ă  l’Ecole

Sa présentation par A. Florin

La conférence de 2017

Un dossier de 2014

La France le pays oĂč le bien-ĂȘtre compte le moins

O Zanna sur l’empathie

 

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Et si votre classe participait au concours de la BD scolaire ?

22 November 2023 at 05:13

Une image contenant texte, Dessin animĂ©, illustration, affiche Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Le Festival d’AngoulĂȘme propose aux classes de l’école primaire – pour les Ă©lĂšves de 5 Ă  10 ans, et aux classes spĂ©cialisĂ©es quel que soit l’ñge des participants de rĂ©aliser une bande dessinĂ©e dont le thĂšme est libre. Le concours s’adresse aux Ă©lĂšves des Ă©tablissements scolaires français, en France et Ă  l’étranger, de la grande section de maternelle Ă  la terminale. Les Ă©tablissements et classes spĂ©cialisĂ©s (IME, SEGPA, CLIS, ULIS, etc) peuvent Ă©galement participer.

« C’est l’occasion de “se prouver Ă  soi-mĂȘme qu’on peut finir une bande dessinĂ©e” conseille Jasmine, 12 ans, participante de l’édition 2022-2023 du Concours de la BD scolaire » peut-on lire sur le site du festival d’AngoulĂȘme. « “J’étais fiĂšre de moi et surprise Ă  la fois” se remĂ©more Camille, 11 ans, lorsqu’elle a dĂ©couvert qu’elle faisait partie de la liste des Petits Fauves d’Argent 2023 ».

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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Exigence des savoirs ? Mais de quels « savoirs » parle-t-on ?

22 November 2023 at 05:13

Jean Perbet est professeur des Ă©coles depuis 25 ans, PEMF depuis 12 ans et militant au GFEN (Groupe Français d’Éducation Nouvelle). Comme tous les enseignants et enseignantes, il a Ă©tĂ© invitĂ© Ă  remplir l’enquĂȘte « exigence des savoirs ». Un exercice auquel il s’est pliĂ© mais auquel il reproche de ne pas laisser la possibilitĂ© de formuler une parole libre. Il a dĂ©cidĂ© de la livrer cette parole aux lecteurs et lectrices du CafĂ© pĂ©dagogique. « Vous avez besoin de nos rĂ©ponses Ă  votre questionnaire ? Nous on a besoin de vous au quotidien ! On a besoin de votre courage politique, de votre pensĂ©e complexe, de votre intelligence et que vous mettiez vous-mĂȘmes en Ɠuvre une exigence des savoirs qui soit une exigence intellectuelle, de respect de soi et des autres » Ă©crit-il.

 

Une image contenant Visage humain, habits, personne, Menton

Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Les professeurs des Ă©coles ont Ă©tĂ© invitĂ©s rĂ©cemment (25/10/23) par leur ministĂšre Ă  rĂ©pondre Ă  un questionnaire en ligne sur « l’exigence des savoirs ». Je suis allĂ© voir ce questionnaire et ai tentĂ© de le complĂ©ter. Je note toutefois qu’il n’y a pas d’espace « libre » oĂč nous pourrions exprimer des points qui ne sont pas orientĂ©s par le questionnaire. Que les questions concernent essentiellement la question de l’instruction (comment aider les Ă©lĂšves Ă  mieux apprendre les savoirs scolaires ?) mais, Ă©galement, la restauration de l’autoritĂ© enseignante (comment rendre les Ă©lĂšves plus obĂ©issants et les parents plus dociles ?).

Tout d’abord, qu’appelons-nous « savoirs » ? Pour ma part, j’ai Ă©tĂ© fortement influencĂ© dans mon parcours par les travaux du groupe ESCOL, de Bernard Charlot en particulier et du GFEN sur le rapport au Savoir. J’invite les potentiels lecteurs de cet article Ă  la lecture d’ouvrages sur la question. Pour ma part, j’en retiens que ce qui est au centre de l’école c’est le rapport au Savoir des Ă©lĂšves. Chacun d’eux a un rapport singulier. Mais le « savoir » ne se rĂ©sume pas Ă  l’instruction des Ă©lĂ©ments du programme. Bernard Charlot prĂ©cise dans son livre « élĂ©ments pour une thĂ©orie du rapport au Savoir » qu’il entend « Savoir » (avec un grand S) de façon large. Dans le « Savoir » Ă  enseigner, il y a certes les savoirs scolaires (la lecture, la numĂ©ration de position etc..) mais Ă©galement le rapport Ă  soi-mĂȘme et le rapport aux autres.

Je ne fais pas ce mĂ©tier d’enseignant uniquement pour transmettre des savoirs scolaires ! Pourquoi ? Parce que j’ai rencontrĂ© nombre d’élĂšves dans mes classes primaires ou d’adolescents et d’adultes dans la formation ou dans mon quotidien qui maĂźtrisent un grand nombre de savoirs scolaires, qui ont « rĂ©ussi » leurs Ă©tudes et qui pourtant ne sont pas trĂšs heureux dans leur vie. Manque de confiance en soi, difficultĂ© Ă  vivre sous le regard des autres, Ă  se dĂ©centrer de soi, etc. Je ne veux pas instruire pour construire des dĂ©pressifs soumis !

Je ne fais pas non plus ce mĂ©tier en visant uniquement les savoirs scolaires et le rapport Ă  soi-mĂȘme ! Pourquoi ? Parce que notre monde est pĂ©tri de personnes trĂšs instruites et diplĂŽmĂ©es qui n’ont aucun scrupule Ă  utiliser leurs « savoirs » et leur confiance en elles pour exploiter les autres et la planĂšte pour des questions de pouvoir et d’argent !

Ainsi, sans la dimension du rapport aux autres, quel sens y a-t-il Ă  enseigner aujourd’hui ? Que chacun ait un bon mĂ©tier ? De l’argent ? MĂȘme si c’est au dĂ©triment de l’ensemble de l’humanité ? Les grands « dirigeants » (politiques et Ă©conomiques) de ce monde sont des gens instruits et confiants en eux ; non ? Quand on parle d’ « échec scolaire » on imagine tout de suite les personnes qui sortent sans diplĂŽmes du systĂšme scolaire ou ces jeunes qui incendient des voitures. Et si l’échec scolaire Ă©tait avant tout l’échec de ceux qui rĂ©ussissent et qui conduisent le monde Ă  sa perte pour des raisons de pouvoir et d’argent ?

Il me semble essentiel de dĂ©finir ce qu’on appelle « savoir » et qu’à cette occasion, on s’interroge sur le sens mĂȘme de notre mĂ©tier.

Dans mon quotidien de professeur des Ă©coles, je prends en compte et j’essaye d’accompagner les enfants que je croise sur ces trois aspects du « Savoir ».

Alors comme je n’ai pas eu la possibilitĂ© dans ce questionnaire de donner rĂ©ellement mon point de vue, le voici sous une autre forme :

J’aimerais une refonte complĂšte des programmes scolaires oĂč soient prises en compte ces trois dimensions du rapport au « Savoir ». J’aimerais une formation exigeante sur ces trois aspects (Ă  l’heure actuelle les formations sont essentiellement didactiques ou « moralisatrice » (harcĂšlement, laĂŻcitĂ©)). J’aimerais que l’on puisse « exiger » non pas seulement des Ă©lĂšves et des professeurs mais de la part des personnes qui ont rĂ©ussi scolairement et dirigent le monde, une exemplaritĂ© dans leur rapport aux autres ! Questionner Ă  ce sujet les mĂ©dias, les rĂ©seaux sociaux, les choix Ă©conomiques et politiques, les stratĂ©gies de communication manipulatrices. N’est-ce pas interrogeant de constater que notre actualitĂ© quotidienne est si riche en situations oĂč des gens instruits et diplĂŽmĂ©s ont des comportements ou des actes qui mettent en danger autrui et le monde en gĂ©nĂ©ral ?

Il y a plus de 100 ans au sortir de la premiĂšre guerre mondiale, des Ă©ducateurs de tout bord inventaient l’Education Nouvelle avec cette idĂ©e « Comment Ă©duquer pour que les Hommes ne se conduisent plus de façon « inhumaine » et ne cherchent plus Ă  s’entretuer en cas de dĂ©saccords ? »

A l’heure actuelle, que peut ĂȘtre une Ă©ducation « nouvelle » dans cette sociĂ©tĂ© nouvelle et inĂ©dite (bien Ă©loignĂ©e de celle du dĂ©but du siĂšcle dernier !) ? Dans une sociĂ©tĂ© oĂč l’information circule si vite et contient tout et n’importe quoi. Une sociĂ©tĂ© oĂč la place des mĂ©dias est si importante mais oĂč portant, le rapport critique Ă  ces mĂ©dias est dĂ©faillant (par exemple nombre de personnes pensent rĂ©ellement qu’une information transmise sur CNews est digne de confiance !!!). Une sociĂ©tĂ© oĂč chaque jour des dirigeants de ce monde sont en procĂšs avec la justice pour des raisons diverses et variĂ©es.

L’exigence des « savoirs » exige une politique forte et complexe qui ne ciblerait pas seulement le monde enseignant ! Comment Ă©duquer sereinement actuellement ? Comment restaurer une quelconque autoritĂ© enseignante alors que les mĂ©dias, rĂ©seaux sociaux invitent sans cesse aux expressions les plus triviales ? Que les intĂ©rĂȘts financiers nous poussent sans cesse vers plus d’activitĂ©s « pulsionnelles » oĂč priment le « tout tout de suite » et le « moi d’abord » ?

Que peut faire l’école si la sociĂ©tĂ© ne change pas fondamentalement et que les hommes politiques ne saisissent pas cette complexitĂ© et ne mĂšnent pas des politiques fortes (pas des rĂ©formettes de surface pour faire du buzz). Par exemple : comment redonner de la mixitĂ© sociale au pays ? Cette question est pour moi un bon exemple : On peut remanier sans cesse les programmes ou faire croire que les enseignants sont Ă©coutĂ©s, mais que faire devant la ghettoĂŻsation des espaces du pays ?

Je demande donc Ă  nos dirigeants en rĂ©ponse Ă  leur questionnaire sur l’exigence des savoirs de ne pas cloisonner la rĂ©flexion au monde scolaire, de rĂ©flĂ©chir dans la complexité ! Tant qu’on laissera s’installer des ghettos urbains (favorisĂ©s Ă©galement par une Ă©cole Ă  deux tĂȘtes (publique et privĂ©e sous contrat), tant qu’on laissera impunĂ©ment certains mĂ©dias et personnes sur les rĂ©seaux dire n’importe quoi sur leurs « chaĂźnes », tant que nos « modĂšles » de rĂ©ussite scolaire seront aussi peu des « modĂšles » pour l’avenir 
à quoi bon penser que changer des programmes scolaires pourrait ĂȘtre utile ?

Ne nous mĂ©prenons pas : je ne pense pas qu’il y ait des « mĂ©chants » qui conduisent le monde Ă  sa perte volontairement et que moi (en tant que gentil) dĂ©nonce des personnes en particulier. Je pense qu’ĂȘtre exigeant au niveau des savoirs est une chose complexe et que chacun de nous pourrait s’interroger plus sur son exemplaritĂ© (Ă  partir de quelques « principes » de base par exemple : « ne fais pas Ă  autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse » et « agis vis-Ă -vis des autres comme tu aimerais qu’on agisse envers toi ». Non pas de façon moralisatrice. Juste s’interroger sans cesse Ă  ce sujet. Nous sommes tous concernĂ©s.

Ainsi, aimerait-on que ses proches ou ses enfants soient employĂ©s abusivement pour fabriquer des vĂȘtements Ă  bas prix qu’ils ne porteront jamais, que ses propres enfants soient employĂ©s dans des mines pour extraire des mĂ©taux prĂ©cieux (pour nos tĂ©lĂ©phones portables) ? Que sa maison soit polluĂ©e afin de permettre d’avoir plus de profit ? Que ses parents se nourrissent d’aliments « dopĂ©s » avec des produits chimiques et intoxiquent leurs corps ainsi ? Que ses propres enfants soient utilisĂ©s pour faire la guerre Ă  des personnes qu’ils ne connaissent pas et qui ont eux aussi leurs propres enfants ?

Cet Ă©crit est une interpellation d’ordre politique : « Comment voulez-vous que l’on ait de l’espoir en l’éducation nationale et en ses visĂ©es quand on voit le monde actuel ? Ou alors Ă©duquons franchement Ă  la rĂ©volution pour changer ce monde. Dirigeants de ce pays, prenez position s’il vous plaĂźt ! Restaurez vous-mĂȘme l’autoritĂ© d’une Ă©ducation publique exemplaire ! Comment puis-je demander Ă  mes Ă©lĂšves d’ĂȘtre exemplaires dans leur rapport Ă  autrui, d’ĂȘtre pertinents dans leurs argumentations, de faire preuve d’esprit critique mais Ă  la fois d’écoute constructive et bienveillante alors qu’ils baignent dans un quotidien oĂč le monde adulte fournit sans cesse des exemples Ă  ne pas suivre ? Vous souhaitez restaurer l’autoritĂ© du monde enseignant ? Commencez par soutenir rĂ©ellement vos employĂ©s contre la dĂ©magogie et les abus des mĂ©dias « faciles ». Faites des dĂ©pĂŽts de plainte institutionnels pour nous prĂ©munir du prĂȘt Ă  penser et des bruits de couloirs nĂ©fastes Ă  l’exercice de notre profession. Ne vous comportez pas comme des gĂ©nĂ©raux frileux qui envoient leurs soldats au front en restant tranquillement protĂ©gĂ©s Ă  l’arriĂšre !

Vous avez besoin de nos rĂ©ponses Ă  votre questionnaire ? Nous on a besoin de vous au quotidien ! On a besoin de votre courage politique, de votre pensĂ©e complexe, de votre intelligence et que vous mettiez vous-mĂȘmes en Ɠuvre une exigence des savoirs qui soit une exigence intellectuelle, de respect de soi et des autres.

Nous avons besoin de chacun de nous pour tenter d’allier le pessimisme de la raison avec l’optimisme de la volontĂ©. Nous avons besoin de personnes engagĂ©es, qui veulent amĂ©liorer le monde et d’une formation qui y conduise explicitement ! VoilĂ  ce que j’aurais aimĂ© pouvoir rĂ©pondre.

 

Jean Perbet

 

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Y’a quoi dans ma banane ?

22 November 2023 at 05:12

C’est le nom du nouveau site rĂ©alisĂ© par le mouvement du Nid prĂ©sentĂ© Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale des droits de l’enfant. Une boĂźte Ă  outil pour prĂ©venir le risque prostitutionnel et qui choisit de s’adresser spĂ©cifiquement aux collĂ©giens et collĂ©giennes.

 

Une image contenant dessin, bateau, clipart, illustration

Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Alors que le risque prostitutionnel se situe dĂ©sormais Ă  l’ñge de 13 ans, cela reste une rĂ©alitĂ© relativement mĂ©connue avec pourtant, selon l’estimation de plusieurs associations et organismes dont le centre de victimologie, 7000 Ă  10000 mineur·es concerné·es.

Aussi, c’est Ă  l’occasion de la journĂ©e internationale des droits de l’enfant, ce lundi 20 novembre que le mouvement du nid a prĂ©sentĂ© un nouvel outil pour aider les collĂ©giennes et collĂ©giens Ă  repĂ©rer les situations de violence, de danger et convaincre les victimes Ă  demander de l’aide.

Toujours Ă  portĂ©e de main dans un sac-banane virtuel, les supports et ressources proposĂ©es font appel Ă  l’imagination mais surtout Ă  la participation du jeune public. L’objectif est de les aider Ă  construire des relations affectives et sexuelles libres, Ă©galitaires et sans violence et de pouvoir activer des « anticorps » de dĂ©fense pour des situations de confrontation Ă  des violences sexistes et sexuelles.

Y’a quoi dans cette banane ?

Quatre type de ressource sont disponibles sur la plateforme en ligne :

  • Un portable qui mĂšne vers trois histoires interactives pour comprendre dans le dĂ©tail oĂč commence la violence.
  • Une manette pour entrer dans un jeu immersif oĂč les jeunes s’exercent Ă  repĂ©rer diffĂ©rentes situations d’emprise et de violence.
  • Une BD sensible pour inviter Ă  sortir de l’isolement, apprendre Ă  demander de l’aide et Ă  refaire confiance
  • Enfin un agenda pratique avec des tĂ©moignages Ă  lire et Ă  Ă©couter et des liens vers des numĂ©ros d’aide.

Le Mouvement du Nid est un association reconnue d’utilitĂ© publique qui vient en aide aux personnes en situation de prostitution. Le Mouvement du Nid dispose d’un agrĂ©ment de l’Éducation nationale et intervient dans le cadre de l’éducation Ă  la sexualitĂ© pour promouvoir l’égalitĂ© femmes hommes et faire reculer l’ensemble des violences sexistes et sexuelles.

Vers la plateforme interactive « dans ma banane  »

Le mouvement du Nid

 

Laurent Bernardi

 

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Rubrique littéraire : Des mots et du papier

22 November 2023 at 05:12

3-8 ans

Pour faire un livre il faut
 des mots, mĂȘme si parfois on s’en passe. Et puis, du papier. Deux livres pour parler de mots et de papier. L’un poĂ©tique, qui donne envie de le prolonger Ă  l’infini. L’autre, petit documentaire concis et prĂ©cis pour tout savoir sur ce support pas si banal.

 

Une image contenant texte, livre, dessin humoristique, fiction

Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquementLes mots sont des trĂ©sors, d’Emma Robert, ill. Romain LubiĂšre, Ed. Cipango

Trois mots qui enclenchent une petite poésie de trois vers : telle est la structure de ce joli livre.

Toucan, Phénix, Condor : Les mots sont des oiseaux. / Je voyage à leurs cÎtés/ vers des mondes inconnus.

Chalutier Brigantin GoĂ©lette : Les mots sont des bateaux./J’affronte Ă  leur bord / des eaux bleues dĂ©chainĂ©es.

Chut Murmure Silence : Les mots sont des secrets./je me cache avec eux / dans un jardin mystérieux.

Et ainsi au fil des pages les mots sont couleurs, fleurs, Ă©toiles, paysages, musiques, trĂ©sors
 Les illustrations offrent un Ă©crin merveilleux Ă  ces mots qui dansent. Les crayonnĂ©s entrainent dans des dĂ©cors aux couleurs lumineuses. L’enfant qui ouvre le livre aux premiĂšres pages s’endort sur les derniĂšres, le livre Ă  la main, avec la mĂȘme douceur qui a traversĂ© tout l’ouvrage. Une douceur et un plaisir des mots, les nouveaux, les difficiles, les habituels mais qui, mis ensemble, forment en eux mĂȘme une aventure
 Tous ces mots donnent envie de s’essayer Ă  son tour au choix de trois mots pour les faire sonner ensemble.

 

Une image contenant texte, roue, Véhicule terrestre, véhicule

Description générée automatiquementUn tour du monde en papier, de Martina Manya, Ed. Rue du Monde

Rue du Monde nous emmĂšne une nouvelle fois autour du monde, pour raconter comment on fabrique du papier, puis l’histoire du papier, et du voyage de cette invention Ă  travers les siĂšcles et les continents. Un petit album au texte trĂšs synthĂ©tique et au graphisme efficace et rĂ©jouissant. Des formes dĂ©coupĂ©es dans des papiers colorĂ©s racontent une histoire qui devient absolument comprĂ©hensible mĂȘme par des tout-petits. Du nuage Ă  la feuille de papier, on savoure l’art de la mise en page associĂ© Ă  l’utilisation de lettrages diffĂ©rents pour cibler les mots importants. Deux petits personnages Ă  vĂ©lo quittent l’usine de papier pour aller voir les Egyptiens et leur papyrus, la Chine et le Japon avant de revenir en Europe. Un message Ă©colo aussi puisque s’il faut couper un arbre pour faire du papier, on en replante d’autres. Un documentaire Ă  mettre dans toutes les bibliothĂšques, tout prĂšs des livres, nom d’un petit papier !

 

 

 

Marianne Baby

 

 

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ERSEH : premiÚres assises nationales

22 November 2023 at 05:06

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Description générée automatiquement Les enseignantes et enseignants référents à la scolarisation des élÚves en situation de handicap (ERSEH) ont leurs assises nationales.

Les ERSEH, qui font le lien entre les familles, l’équipe Ă©ducative et l’ensemble des professionnels qui accompagnent l’élĂšve en situation de handicap, contribuent « à la mise en place des moyens nĂ©cessaires pour permettre aux Ă©lĂšves en situation de handicap d’étudier dans les mĂȘmes conditions que leurs camarades ». Ils ont Ă©galement un rĂŽle de mĂ©diateur entre tous les partenaires au sein de l’école, de la famille, des centres de soins, de la MDPH (maison dĂ©partementale des personnes handicapĂ©es).

L’association ADER13 (association dĂ©partementale des Enseignants rĂ©fĂ©rents) a pour but la reconnaissance, la valorisation et la dĂ©fense de la fonction et de l’exercice du mĂ©tier d’enseignant rĂ©fĂ©rent pour la scolarisation des Ă©lĂšves handicapĂ©s. Elle ambitionne aussi de faciliter les Ă©changes et la mise en commun de rĂ©flexions et de pratiques professionnelles

Les assises nationales auront lieu le samedi 23 mars.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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École inclusive : une grĂšve pour dire non Ă  l’Acte 2 de l’école inclusive

22 November 2023 at 05:06

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Le FNEC FP-FO appelle Ă  une grĂšve et Ă  une manifestation le jeudi 25 janvier 2024 pour dire « Stop au chaos et Ă  la mise en danger des personnels et des Ă©lĂšves dans les Ă©tablissements scolaires, non Ă  l’inclusion systĂ©matique et forcĂ©e, non Ă  l’Acte 2 de l’École inclusive ».

Ce que dĂ©nonce le syndicat, c’est la mise en place des PAS (PĂŽles d’Appui Ă  la Scolarité ) qui permettrait Ă  l’institution de dĂ©cider du nombre d’heures d’accompagnement nĂ©cessaires aux Ă©lĂšves en situation de handicap. InstituĂ©s par un article dans le projet de loi de finance 2024, ils sont en passe d’ĂȘtre effectifs grĂące au 49-3.

« L’acte 2 de l’École inclusive annoncĂ© par le prĂ©sident Macron confirme qu’il veut aller jusqu’au bout de la destruction des structures spĂ©cialisĂ©es et adaptĂ©es, plaçant tous les personnels, les Ă©lĂšves et les familles dans des situations insupportables et maltraitantes. La mise en place des PĂŽles d’Appui Ă  la ScolaritĂ© (PAS) a dĂ©jĂ  Ă©tĂ© imposĂ©e Ă  l’AssemblĂ©e nationale avec l’article 49-3. Les PAS permettraient Ă  l’Éducation nationale de mettre la main sur les notifications MDPH de maniĂšre Ă  rĂ©duire encore l’accompagnement dĂ» aux Ă©lĂšves !

Les économies sur le dos des services publics, des élÚves les plus fragiles et des personnels, ça suffit ! ».

Plus d’informations ici

 

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Afef : École en danger, rĂ©sistons tous ensemble

22 November 2023 at 05:06

L’AFEF – Association Françaises pour l’Enseignement du Français – lance un appel Ă  rĂ©sister Ă  la dĂ©construction de l’école. Pour ce faire, elle propose un premier temps d’échange Ă  tous les acteurs et actrices de l’école le mercredi 13 dĂ©cembre prochain. Viviane Youx, prĂ©sidente de l’association explique aux lecteurs et lectrices l’objet de cet appel.

 

Une image contenant Visage humain, personne, sourire, habits Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquementVous lancez un appel Ă  rĂ©sister. De quoi s’agit-il?

Il s’agit, pour l’AFEF, de mobiliser le plus grand nombre d’acteurs de l’éducation afin de rĂ©flĂ©chir ensemble Ă  l’état de l’école, parce que nous croyons Ă  la force du collectif. Notre rĂ©flexion sera plus nourrie et approfondie si nous nous rĂ©unissons : associations de spĂ©cialistes, syndicats, chercheurs, formateurs, professeurs, parents d’élĂšves, inspecteurs, chefs d’établissement, tous les acteurs de la communautĂ© Ă©ducative
 À l’instar du sĂ©minaire de rĂ©flexion que nous avions initiĂ© en novembre 2020 sur le numĂ©rique Ă©ducatif et qui avait rassemblĂ© un large collectif autour d’une rĂ©flexion de grande puissance, nous souhaitons rassembler Ă  nouveau un collectif pour repenser l’école et rĂ©affirmer les valeurs de l’humanisme.

 

Le terme de rĂ©sistance est assez fort. L’état de l’école est-il si inquiĂ©tant ?

Les enseignants et enseignantes souffrent, depuis plusieurs annĂ©es. L’assassinat terroriste de Dominique Bernard, aprĂšs celui de Samuel Paty, a encore accentuĂ© leur mal-ĂȘtre. Il s’agit d’une lame de fond qui se creuse d’annĂ©e en annĂ©e. Les personnels d’éducation dans leur ensemble se sentent dĂ©valorisĂ©s, ils ont Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement attaquĂ©s depuis plusieurs annĂ©es par un autoritarisme qui a considĂ©rablement rĂ©duit le rĂŽle des corps intermĂ©diaires, et une politique d’économies qui prive le systĂšme des moyens nĂ©cessaires Ă  son fonctionnement. L’UniversitĂ© est dans un Ă©tat catastrophique qui creuse les inĂ©galitĂ©s sociales et envoie ceux qui ont les moyens vers des institutions privĂ©es. Le nombre de dĂ©missions de professeurs et de stagiaires augmente, des postes d’enseignants ne sont pas pourvus, le mĂ©tier n’attire plus. La formation est fortement menacĂ©e. Il est urgent de repenser le cƓur du mĂ©tier d’enseignant, et les valeurs de l’école.

 

L’un des points du sommaire est « Le diagnostic docteur! Avant de proposer faire l’état des lieux s’impose ». Qu’en est-il ?

Nous assistons Ă  une valse de programmes et de mesures jamais Ă©valuĂ©s. Les Ă©valuations nationales ne sont pas conçues pour aider les enseignants et enseignantes Ă  ajuster les apprentissages Ă  leurs Ă©lĂšves. Les programmes des cycles 2-3-4 de 2015 ont Ă©tĂ© en partie réécrits en français et mathĂ©matiques, sans Ă©valuation prĂ©alable, par dĂ©cision ministĂ©rielle, et par exemple « l’étude de la langue » qui avait Ă©tĂ© pensĂ©e dans une progression tout au long du socle commun a perdu toute sa cohĂ©rence. Les travaux de la recherche, indispensables pour penser la didactique des disciplines et la pĂ©dagogie, sont ignorĂ©s, mĂ©prisĂ©s. Une réécriture de programmes ne peut pas se faire dans la prĂ©cipitation, sans Ă©valuation, par une simple consultation par questions fermĂ©es des enseignants. La consultation des associations par la DGESCO et l’Inspection gĂ©nĂ©rale s’est montrĂ©e ouverte et bien renseignĂ©e, mais nous ne savons pas si les dĂ©cisions politiques tiendront compte des rapports de la Mission « Exigence des savoirs ».

 

Que reprochez-vous Ă  la maniĂšre de faire du ministre?

Nous sommes partagĂ©s. Nous constatons une plus grande Ă©coute, sans comprendre quels effets pourront avoir nos demandes et observations. Le questionnaire pour les enseignants et enseignantes, envoyĂ© prĂ©cipitamment, ne respecte aucune condition d’un remplissage et d’un traitement efficaces. Et si nous partageons certaines idĂ©es gĂ©nĂ©rales annoncĂ©es par le ministre, comme une attention Ă  l’écriture, la lutte contre les inĂ©galitĂ©s sociales Ă  l’école, les annonces rapides, apparemment destinĂ©es au grand public, posent des dictats, sur des classes de niveau par exemple, dont nous ignorons si sera possible une discussion appuyĂ©e sur la recherche.

Vous invitez enseignants, enseignantes, associations Ă  se saisir de cet appel pour un grenelle alternatif de l’école. Qu’en escomptez-vous?

Nous cherchons Ă  constituer un collectif qui pourra ĂȘtre force de contreproposition. Durant cette annĂ©e scolaire, ce collectif Ă©laborera des propositions pour une Ă©cole humaniste. L’AFEF propose un texte « École en danger : rĂ©sistons, tous ensemble ! » accessible en ligne.

Le premier rendez-vous aura lieu en ligne le 13 dĂ©cembre, le collectif rĂ©uni dĂ©cidera de la suite du processus et d’autres dates de rendez-vous.

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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L’Expresso du 21 novembre 2023

21 November 2023 at 06:45

AprĂšs Rennes, Roubaix, Dax, Lyon, OrlĂ©ans, Nantes, Bordeaux, Paris
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@Philippe Bazin, Calais 2022

Quelques heures aprĂšs l’attentat d’Arras, Sophie Djigo professeur de philosophie dans l’acadĂ©mie de Lille, Ă©tait la cible de cyberharcĂšlement et de menaces de mort de la part de la fachosphĂšre. Son tort ? avoir menĂ© un projet interdisciplinaire sur le thĂšme de l’exil et des frontiĂšres avec une sortie pĂ©dagogique Ă  Calais et des ateliers pour permettre aux Ă©tudiants de rencontrer des bĂ©nĂ©voles au contact quotidien des migrants. C’était en janvier dernier, et dĂ©jĂ  elle avait fait les frais d’une campagne de calomnie sur les rĂ©seaux sociaux.

Dans un article, le Huffingtonpost dĂ©crit l’enchainement des Ă©vĂšnements le vendredi 13 octobre dernier. « Ce vendredi 13 octobre, il est midi et seize minutes quand Damien Rieu, cadre chez ReconquĂȘte ! en charge de la propagande numĂ©rique, publie un tweet visant Ă  la fois l’enseignante et la journaliste qui lui a donnĂ© la parole. « Il y a 24 heures, la Voix du Nord et [Laurie Moniez] offraient une pleine page Ă  une prof militante LFI dirigeante d’une association pro migrants pour expliquer que le danger Ă  l’école, c’était les Parents vigilants de ReconquĂȘte. Aujourd’hui, un fan du Hamas frappe un lycĂ©e Ă  Arras », tweete ce proche de Marion MarĂ©chal Soit moins d’une demi-heure aprĂšs la premiĂšre alerte AFP sur l’attaque commise par Mohammed M., diffusĂ©e Ă  11 h 49. Ce samedi 14 octobre dans la matinĂ©e, ce message avait Ă©tĂ© vu plus de 350 000 fois, selon le compteur de vues affichĂ©es sur la publication. Puis c’est le compte de Pierre Sautarel, aux commandes du navire amiral de la fachosphĂšre, Fdesouche, qui publie un tweet similaire, avec la mĂȘme capture de l’article : plus de 480 000 vues. Une viralitĂ© qui a entraĂźnĂ© son lot de commentaires orduriers, voire de menaces Ă  l’encontre de l’enseignante, comme l’a rapportĂ© LibĂ©ration. Ce samedi, il suffit de taper le nom de Sophie Djigo dans la barre de recherche de X (ex-Twitter) ou de consulter les citations de la publication de Damien Rieu pour constater que de nombreuses menaces sont toujours en ligne. « Sophie Djigo Ă©tait encore sous le choc de ce qui venait de se dĂ©rouler au lycĂ©e Gambetta d’Arras lorsqu’elle a dĂ©couvert ce torrent de haine. Elle nous indique avoir procĂ©dĂ© Ă  un signalement auprĂšs des forces de l’ordre et dit accuser le coup », Ă©crit LibĂ©ration ».

Plusieurs syndicats, dont la FSU, le SNES-FSU, soutiennent l’enseignante.

 

L’article du Huffingtonpost

 

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L’Expresso en vacances

20 October 2023 at 05:07

Une image contenant plein air, ciel, plage, rive Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Du 21 octobre au 5 novembre, votre Expresso prend des vacances. Cependant nous restons actifs quotidiennement sur notre fil Twitter. Et nous continuons Ă  suivre l’actualitĂ©.

 

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Jean-Paul Delahaye : « Une Ă©cole commune
 et pas seulement pour ceux qui vont bien »

20 October 2023 at 05:00

C’était il y a 15 jours, le 5 octobre, lors de la journĂ©e des enseignants, le ministre de l’Éducation promettait un « choc des savoirs » et annonçait une mission de huit semaines pour tout rĂ©former : recrutement des enseignants au niveau bac pour une formation au sein « d’écoles normales du XXIe siĂšcle », fin des cycles, gĂ©nĂ©ralisation les classes de niveau, labellisation les manuels scolaires
 Jean-Paul Delahaye, ancien DGESCO, nous livre son analyse de ces annonces. Selon lui, ces annonces ne rĂšglent pas la question des inĂ©galitĂ©s qui « ne nuisent pas Ă  tout le monde » . Comment ne pas voir qu’il existe une vĂ©ritable lutte de classe dans notre systĂšme Ă©ducatif ? » interroge-t-il. « Cette situation, mesurons-le, met en danger la cohĂ©sion de notre pays ». Il rĂ©pond aux questions du CafĂ© pĂ©dagogique.

 

Une image contenant Visage humain, personne, sourire, habits

Description générée automatiquementQue vous inspirent les annonces du 5 octobre dernier de Gabriel Attal ?

Une sĂ©rie d’annonces ne fait pas une politique d’ensemble et communiquer n’est pas rĂ©former, il faut donc attendre un peu avant de se prononcer. Ce que je peux dire, Ă  ce stade, c’est qu’on court le risque que les huit semaines prĂ©vues par le ministre pour prĂ©parer des mesures ne laissent pas beaucoup de temps pour faire partager le diagnostic sur l’état de notre Ă©cole Ă  l’ensemble des citoyens et singuliĂšrement aux familles populaires. Et sans diagnostic partagĂ©, il est difficile de construire du consensus ensuite. Ce sont les enfants des familles populaires que l’on retrouve massivement parmi les Ă©lĂšves en difficultĂ©, ces familles ont des choses Ă  nous dire sur l’école, Ă©coutons-les, notamment grĂące aux associations qui les reprĂ©sentent le mieux comme ATD Quart-Monde ou le Secours Populaire par exemple. Ces familles ne veulent pas d’un traitement Ă  part de leurs enfants, elles veulent une Ă©cole commune, conçue pour tous dans le cadre de la scolaritĂ© obligatoire, et pas seulement pour ceux qui vont bien. Compte tenu des problĂšmes que nous rencontrons, une rĂ©forme de l’école ne peut plus sortir toute ficelĂ©e d’un seul travail d’experts, aussi compĂ©tents soient-ils. Les pays qui s’en sortent mieux que nous dans la lutte contre les inĂ©galitĂ©s ont su construire sur la durĂ©e un consensus politique et se rassembler autour de leur Ă©cole et de ses personnels

En d’autres termes, il faut davantage de dĂ©bat politique sur l’école et sans doute moins d’emprise technocratique, surtout quand cette emprise prend une coloration scientiste et autoritaire comme on a pu le voir ces derniers temps.

 

Un débat politique qui se ferait sur quelles bases ?

Il faut se poser des questions qui placent les sujets essentiels au bon endroit.

Donne-t-on la prioritĂ© Ă  l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral ou aux intĂ©rĂȘts particuliers ? Est-ce qu’on valorise le collectif pour faire ensemble ou des parcours individuels qui se rapprocheraient d’un sauve-qui-peut gĂ©nĂ©ral ? Est-ce qu’on scolarise ensemble pendant la scolaritĂ© obligatoire ou est-ce qu’on laisse faire un cĂŽte Ă  cĂŽte qui est d’ores et dĂ©jĂ  un face Ă  face mortifĂšre ?

DĂ©veloppe-ton des savoirs pour Ă©manciper et qui fassent sens pour tous les Ă©lĂšves ou empile-t-on des disciplines qui se disputent les meilleures places pour servir Ă  la sĂ©lection sociale ? Est-ce qu’on promeut la coopĂ©ration et le commun qui rĂ©unissent ou favorise-t-on la compĂ©tition et la sĂ©lection prĂ©coce qui divisent, une Ă©cole de la culture qui rassemble ou une Ă©cole qui fracture ? On pourrait continuer cette Ă©numĂ©ration mais on voit bien que selon qu’on privilĂ©gie telle ou telle option, on ne construit pas la mĂȘme Ă©cole et on n’a donc la mĂȘme sociĂ©tĂ© Ă  l’arrivĂ©e. Vous voyez qu’on est assez loin de la question de l’uniforme Ă  l’école.

 

Comment expliquez-vous qu’il soit aussi difficile de rĂ©former dans le sens que vous indiquez ?

Regardons les choses en face : les inĂ©galitĂ©s Ă  l’école ne nuisent pas Ă  tout le monde. Globalement, elles ne nuisent pas aux enfants des milieux favorisĂ©s, aux enfants d’enseignants, de journalistes, de cadres supĂ©rieurs et des Ă©lites dirigeantes. Le plus dĂ©solant sans doute, c’est que certaines politiques mises en Ɠuvre rĂ©pondent aux demandes des Ă©lites sociopolitiques, quel que soit par ailleurs leur positionnement politique, Ă  droite, au centre ou Ă  gauche. Celles-ci veulent conserver leur position dominante dans le systĂšme Ă©ducatif et ont un comportement qui vise plus Ă  restaurer d’anciennes pratiques pour protĂ©ger leurs enfants qu’à refonder pour tous (redoublement, classes de niveau, examen de passage en sixiĂšme tant qu’on y est
).

Le problĂšme, c’est que les bĂ©nĂ©ficiaires potentiels d’une politique Ă©ducative plus juste n’ont pas les moyens de se faire entendre. Les milieux populaires ne pĂšsent pas sur les politiques scolaires. Mais ils ne sont pas aveugles et ils voient clairement les injustices Ă  l’Ɠuvre dans notre Ă©cole. Comment ne pas voir qu’il existe une vĂ©ritable lutte de classe dans notre systĂšme Ă©ducatif ? Cette situation, mesurons-le, met en danger la cohĂ©sion de notre pays. Si nous n’allons pas rĂ©solument vers davantage de justice en faveur des plus dĂ©munis, nous courons le risque de voir surgir des mouvements sociaux qui ne se borneront pas Ă  l’occupation de quelques ronds-points. Personne ne peut le souhaiter

Et nous ne rĂ©pondrons pas Ă  cette demande d’égalitĂ© sans un effort collectif de solidaritĂ© et, sans doute plus encore, de fraternitĂ©. Cela ne relĂšve pas de la seule responsabilitĂ© de l’école. C’est Antoine de Saint-ExupĂ©ry qui disait « Une dĂ©mocratie doit ĂȘtre une fraternitĂ©, sinon c’est une imposture ».

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

Dans le Café pédagogique

Sur les annonces du 5 octobre

 

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 et pas seulement pour ceux qui vont bien » est apparu en premier sur Le CafĂ© pĂ©dagogique.

La présidente du jury du CAPES de philosophie remerciée

20 October 2023 at 05:00

Sylvia Giocanti, professeure des universitĂ©s, Ă©tait prĂ©sidente du jury de Capes-Cafep de philosophie depuis trois ans. Elle aurait dĂ» assurer la prĂ©sidence encore un an, il est d’usage que les jurys se renouvellent tous les quatre ans. Pourtant, en juillet dernier, elle a reçu un courrier l’informant que l’institution mettait fin Ă  ses fonctions. Elle rĂ©pond aux questions du CafĂ© pĂ©dagogique.

 

Vous avez été évincée de la présidence du jury de Capes-Cafep de philosophie


En effet, j’ai reçu un courrier en juillet m’informant que je ne prĂ©siderai plus au jury de ces concours. Il y est fait Ă©tat de ma « volontĂ© de m’écarter de l’application des consignes de l’administration visant au bon dĂ©roulement des concours ». Il m’est aussi reprochĂ© d’avoir « procĂ©dĂ© Ă  la promulgation par ordre alphabĂ©tique (et non de mĂ©rite) des rĂ©sultats des concours en matinĂ©e sans attendre la publication du ministĂšre, en violation des dispositions du dernier alinĂ©a de l’article 18 de l’arrĂȘtĂ© du 25 janvier 2021 fixant les modalitĂ©s d’organisation des concours ». Les publications des rĂ©sultats – sur le site du ministĂšre et en prĂ©sentiel – doivent ĂȘtre simultanĂ©es. Le jury avait envoyĂ© les documents Ă  16 heures la veille, j’avais confirmĂ©, Ă  la demande du ministĂšre, que je promulguerais les rĂ©sultats Ă  10 heures, horaire fixĂ© de longue date. Les candidats et candidates Ă©taient prĂ©sents pour entendre les rĂ©sultats, mais aussi pour rencontrer les membres du jury et comprendre les raisons de leur Ă©chec, pour ceux qui ne l’ont pas rĂ©ussi. Le ministĂšre connaissait notre organisation, ils ne m’ont pas informĂ©e que les rĂ©sultats ne seraient mis en ligne qu’à 15 heures. J’y vois une forme de stratagĂšme pour me mettre en difficultĂ©.

Ne recevant pas les listes signĂ©es par le ministĂšre, j’ai attendu une heure puis j’ai promulguĂ© les rĂ©sultats en prĂ©cisant bien que c’était sous rĂ©serve de l’officialisation du ministĂšre. Il n’y a eu aucune erreur, bien heureusement.

Mais la raison rĂ©elle, c’est le reproche qui m’est fait de m’écarter Ă  « plusieurs reprises de l’application des consignes de l’administration visant au bon dĂ©roulement des concours »

 

Quels sont donc ces écarts qui vous sont reprochés ?

On me reproche mon indĂ©pendance, qui appartient normalement Ă  toute prĂ©sidence de jury de concours. On me demande, on nous demande, une application des textes sans aucune marge de libertĂ© dans l’interprĂ©tation mĂȘme de ces textes.

Par exemple, selon l’administration, lors des entretiens professionnels des candidats, on devrait exclure toute Ă©valuation de type disciplinaire, en lien donc avec les compĂ©tences en philosophie. Leur idĂ©e c’est qu’il y a contradiction entre l’évaluation des savoirs et l’évaluation professionnelle. Pour eux, la professionnalitĂ© se rĂ©sume Ă  l’attitude Ă  avoir en classe avec les Ă©lĂšves.

Lors de l’épreuve professionnelle, on interroge les candidats sur la conduite Ă  tenir si un Ă©lĂšve remet en cause certains principes, tels que la laĂŻcitĂ© ou l’égalitĂ©. Face Ă  la contestation possible des valeurs de la rĂ©publique – dĂ©clinĂ©e dans plusieurs situations, l’institution attend des futurs enseignants qu’ils convoquent les diffĂ©rents textes rĂ©glementaires – au sens de la loi et de l’établissement, pour une application sans rĂ©flexion. Elle attend d’eux qu’ils dĂ©ploient des attitudes toutes prĂȘtes en tant que fonctionnaire. Ils refusent qu’il y ait Ă©galement une analyse philosophique de ces situations. Pour l’institution, c’est un Ă©cart. La posture institutionnelle est Ă  l’encontre mĂȘme du principe d’éducation.

On attend donc des professeurs qu’ils appliquent les directives, qu’ils prĂȘtent allĂ©geance, qu’ils montrent qu’ils obĂ©issent Ă  la loi de l’État et au rĂšglement de l’établissement. Ils refusent les initiatives personnelles qui viennent de la discipline (enseignĂ©e) elle-mĂȘme. Finalement, le simple fait d’analyser, de discuter, c’est faire preuve d’insoumission, c’est se rebeller.

En tant que jury, on trouve cela inacceptable. Pour sortir du conflit, il ne s’agit pas seulement de faire un rappel Ă  l’ordre, mais aussi d’expliquer, de rĂ©pondre de maniĂšre avisĂ©e aux objections

 

Mais pourquoi ne pas appliquer les directives ?

Si on demande Ă  un professeur des universitĂ©s de prĂ©sider un jury de concours, c’est parce que justement c’est une personne indĂ©pendante, non infĂ©odĂ©e Ă  l’institution. Avoir un universitaire permet, d’une part, d’avoir une caution scientifique du point de vue disciplinaire et d’autre part, dans le cadre d’une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, d’avoir un esprit critique qui s’exerce par rapport Ă  l’institution. La mission n’est pas celle d’une pure obĂ©issance.

Je dĂ©pends d’un autre ministĂšre, pour moi assurer la prĂ©sidence, c’est faire preuve de dĂ©vouement, c’est servir l’institution autrement que par l’adoption d’une attitude de soumission.

 

Propos recueillis par Lilia Ben Hamouda

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La formation, c’est du temps de travail POUR et AVEC nos Ă©lĂšves

20 October 2023 at 05:00

DĂšs sa confĂ©rence de rentrĂ©e, Gabriel Attal annonçait que plus une seul heure de cours ne serait perdue Ă  cause de la formation des enseignants. Cette annonce, faite Ă  quelques jours de la rentrĂ©e, est venue chambouler l’organisation des plans de formations dĂ©cidĂ©s longtemps Ă  l’avance. Une annonce faite en dĂ©pit des trĂšs nombreuses recherches qui rappellent que la souffrance au travail et, donc le manque d’attractivitĂ© des mĂ©tiers du professorat, est aussi liĂ©e au manque de formation. Cette annonce, elle ne passe pas pour Daniel*, professeur de français en Seine-Saint-Denis, et formateur depuis 10 ans. Cette annĂ©e, il a dĂ©cidĂ© de refuser d’animer des temps de formation. Il explique les raisons de ce refus.

 

Une image contenant habits, personne, Visage humain, intĂ©rieur Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement Formateur d’enseignantes et d’enseignants (de la maternelle Ă  l’universitĂ©) depuis bientĂŽt 10 ans, professeur de français en Seine Saint-Denis depuis bientĂŽt 20 ans, tĂ©moin du fait que des collĂšgues ont repris goĂ»t au mĂ©tier et ont retrouvĂ© le sens de leur travail aprĂšs avoir vĂ©cu des formations, je vais pourtant ĂȘtre contraint de refuser d’en animer.

En effet, Ă  l’occasion de cette rentrĂ©e 2023, nous avons appris que les formations devront avoir lieu en dehors du temps professionnel. L’objectif est qu’« à l’horizon de la rentrĂ©e 2024, 100 % des formations [soient] assurĂ©es en dehors du temps de face-Ă -face pĂ©dagogique ». C’est pourtant contraire au travail des enseignantes et enseignants, comme aux missions des personnes qui les forment.

 

Pourquoi ce refus ?

Avant tout, les enseignants ne sont pas « face-Ă -face » par rapport aux Ă©lĂšves. Dans une classe, la prioritĂ© nationale est de former des citoyens, c’est-Ă -dire « de l’école au lycĂ©e, [
] s’adresse[r] Ă  des citoyens en devenir qui prennent conscience de leurs droits, de leurs devoirs, de leurs responsabilitĂ©s ». Nous sommes donc, en classe (comme en formation), AVEC nos Ă©lĂšves. Chaque jour, nous cherchons la meilleure maniĂšre de mettre en place des situations d’apprentissage qui permettent Ă  chaque Ă©lĂšve d’acquĂ©rir des connaissances en s’appuyant sur le groupe. Cela contribue Ă  constituer la classe en un collectif de recherche qui formule et institutionnalise, avec l’aide du professeur, les savoirs et rĂšgles Ă  apprendre. C’est ce qui permet Ă  chaque Ă©lĂšve de dĂ©passer ses confusions, ses lacunes, de dĂ©velopper compĂ©tences et culture.

Si nous pensions que le groupe classe n’était pas nĂ©cessaire, il suffirait, comme nous l’avons prĂ©cisĂ©ment connu pendant les confinements rĂ©cents, que chaque Ă©lĂšve soit seul devant une machine. Nous avons pu constater Ă  quel point cela a Ă©tĂ© dĂ©structurant pour les Ă©lĂšves tant au niveau des apprentissages que des liens sociaux.

Il en est de mĂȘme pour les enseignants. Nous avons besoin, nous aussi, d’ĂȘtre rĂ©unis, en groupe, en prĂ©sences issues d’horizons diffĂ©rents, d’approches disciplinaires diffĂ©rentes –voire de terrains d’exercice diffĂ©rents–, pour nourrir et mettre en questionnement nos pratiques pĂ©dagogiques et trouver les meilleures maniĂšres d’enseigner pour nous et nos Ă©lĂšves.

Ainsi, quand des enseignants se forment, ils sont, effectivement, physiquement absents de leurs cours. Cependant, ils travaillent POUR et AVEC leurs Ă©lĂšves en tĂȘte. Ils sont mentalement prĂ©sents avec leurs classes. Et, quand ils reviennent en cours, ils sont davantage prĂȘts Ă  aborder les difficultĂ©s des Ă©lĂšves par d’autres biais.

Ceci implique un double constat.

Pour ĂȘtre sĂ©rieusement formĂ©s : les enseignantes et enseignants ont besoin d’ĂȘtre formĂ©s en groupes et en prĂ©sence (pas en trinĂŽmes, binĂŽmes, face Ă  face ou Ă  distance) et les enseignantes et enseignants ont besoin d’un temps spĂ©cifique (et pas aprĂšs leurs heures de cours, entre deux cours, les jours de fins de semaine ou les jours de vacances).

Être en prĂ©sence, en groupe, dans un temps prĂ©vu, permet de vivre, partager et analyser des situations grĂące auxquelles il est possible d’« élaborer l’expĂ©rience », de « provoquer le dialogue » et d’ouvrir des possibles.

Ne pas tenir compte de ces constats, c’est non plus former les enseignants, mais tout juste, et dans le meilleur des cas, les informer. C’est aussi aller Ă  l’encontre des principes Ă©tudiĂ©s lors de la certification nationale de Formateur AcadĂ©mique (CAFFA) et des raisons pour lesquelles je suis devenu formateur.

 

Pourquoi je suis devenu formateur ?

En 2005, lors de mon entrĂ©e dans le mĂ©tier, ce sont les formations, c’est-Ă -dire des formatrices et des formateurs intervenant pendant le temps professionnel, qui m’ont permis d’avoir le temps de devenir un (meilleur) enseignant pour et avec les Ă©lĂšves.

En entrant dans le mĂ©tier, j’ai plongĂ© dans la complexitĂ© de l’enseignement. J’ai Ă©tĂ© dĂ©passĂ© par la multitude de choix qui fait le quotidien de notre activitĂ©. J’ai immĂ©diatement constatĂ© qu’« enseigner, c’est prendre des dĂ©cisions », sans cesse, avant, pendant et mĂȘme aprĂšs les cours. Dans ce tourbillon, un repĂšre solide : la formation. Formation de l’acadĂ©mie de CrĂ©teil ; formation en lisant notamment les Cahiers pĂ©dagogiques, revue conseillĂ©e par une formatrice de CrĂ©teil et, plus particuliĂšrement, formation animĂ©e par des reprĂ©sentantes et reprĂ©sentants du mouvement de recherche et de formation en Ă©ducation – reconnu d’utilitĂ© publique : le Groupe Français d’Éducation Nouvelle (GFEN). Elles et ils Ă©taient venus faire vivre Ă  l’équipe pĂ©dagogique dont je faisais partie, sur le temps des heures de cours, des dĂ©marches pour nourrir et interroger nos positionnements.

Ce temps prĂ©cieux m’a permis de me construire quelques repĂšres –toujours Ă  actualiser– pour effectuer mes choix, de trouver les prioritĂ©s cohĂ©rentes avec les cadres de l’institution et des programmes. Surtout, cela m’a permis –et me permet encore– dans mes cours, d’embarquer les Ă©lĂšves dans des travaux d’exploration littĂ©raire, de les engager dans l’écriture et la prise de parole, d’étudier la langue française avec eux. J’ai pu mettre en place des activitĂ©s qui font sens pour eux comme pour l’enseignant, et qui les font progresser dans leur conquĂȘte de la culture Ă©crite.

Quand on m’a proposĂ© de devenir formateur, j’ai acceptĂ© parce que j’expĂ©rimentais les effets de ces apports dĂ©terminants et fondamentaux dans mes classes.

J’ai constatĂ© que, pour faire Ă©voluer nos pratiques et nos positionnements, il nous faut vivre nous-mĂȘmes des moments de travail ensemble qui permettent de dĂ©couvrir qu’il y a d’autres maniĂšres possibles de mettre en Ɠuvre les mĂȘmes programmes, et lesquelles, parmi ces autres maniĂšres, ont du sens et parvenir Ă  faire vivre aux Ă©lĂšves ce que nous avons vĂ©cu : une dĂ©couverte, redĂ©couverte, des questions et savoirs, parfois millĂ©naires, que nous transmettons et leur histoire.

C’est ce que je fais vivre, depuis des annĂ©es, Ă  des enseignantes, des enseignants, des personnels de direction et d’encadrement, des inspectrices et des inspecteurs, des collĂšgues de la maternelle jusqu’à l’universitĂ©, en passant par les lycĂ©es professionnels et techniques, les IUFM, puis ESPE puis INSPE.

Cette année, je devais encore le faire.

Je voudrais encore le faire.

 

Une décision ministérielle qui contredit les priorités nationales et académiques

Il y a un rĂ©el problĂšme d’effectif d’enseignants. Mais supprimer la formation sur le temps de travail, pour la dĂ©placer sur des temps oĂč les enseignants ne doivent pas ĂȘtre pris dans leur journĂ©e de travail, ce n’est pas rĂ©soudre tout ou partie de ce problĂšme, c’est l’accentuer.

Les personnels formĂ©s ne seront pas disponibles, seront tout juste informĂ©s de maniĂšres d’exercer leur mĂ©tier. Nous savons bien, pourtant, que « chacun ne reçoit pas en partage une expĂ©rience prĂȘte Ă  l’usage ». Les enseignantes et enseignants ont besoin d’un lieu et d’un temps pour comprendre et prendre conscience de possibles permettant d’étendre la palette de leurs outils et gestes professionnels. Il leur faut traverser d’autres pratiques qui interrogent nos pratiques quotidiennes, qui poussent Ă  penser et voir diffĂ©remment ce qui est proposĂ© Ă  chaque Ă©lĂšve toujours singulier, chaque classe toujours unique.

Ces dĂ©fis, chaque fois nouveaux, se prĂ©sentent en termes de difficultĂ©, de rapport Ă  l’apprentissage. Mais si un sentiment d’impuissance Ă  faire progresser les Ă©lĂšves persiste, le nombre de personnels dĂ©mobilisĂ©s continuera Ă  augmenter. Le problĂšme d’effectif ne fera, en fait, qu’empirer.

Chercher Ă  rĂ©soudre le manque d’enseignants en modifiant la forme des temps de formation est une destruction du contenu –et du sens mĂȘme– de ces formations. Le message de ces formations est directement atteint par l’altĂ©ration du medium qui est annoncĂ©.

Nous le savons au moins depuis 1964, quand Marshall Mc Luhan Ă©crivait : « le mĂ©dium, c’est le message ». Supprimer les temps de travail longs durant le temps professionnel, indispensables pour objectiver les difficultĂ©s rencontrĂ©es, au profit d’« extension du calendrier » et d’« hybridation des formations » va accentuer la distance entre enseignants. Dans les faits, c’est dĂ©truire leur formation continue.

Seul le temps long, inclus dans le temps de travail professionnel, permet de se former, de rĂ©flĂ©chir Ă  ses pratiques, d’en vivre de nouvelles. Car c’est accepter un temps oĂč nous prenons le risque de changer, d’évoluer.

Ce qui nous est imposĂ© est d’ailleurs contraire aux conclusions du Grenelle de l’éducation, qui insistaient pourtant sur l’importance de la formation.

Cela contredit aussi les prioritĂ©s acadĂ©miques de CrĂ©teil qui mettent judicieusement en avant « la maĂźtrise et le partage des savoirs, la construction de trajectoires de rĂ©ussite, l’ouverture sur le monde, la qualitĂ© de la vie professionnelle ».

Dans le cadre de temps de travail inclus dans le temps professionnel, les formations peuvent rester des moments de transformation de notre rapport à ce métier qui évolue sans cesse, pour et avec les élÚves.

C’est cela, notre travail Ă  nous, enseignantes et enseignants ; pour que nos Ă©lĂšves (re)trouvent des mobiles d’apprentissage, se mettent au travail et puissent dĂ©velopper leur pensĂ©e, agir dans et pour notre monde qui change.

 

Daniel*, un enseignant formateur qui ne sera plus formateur cette année

*pseudonyme

« J’enseigne, oui, j’enseigne, et quand puis-je apprendre ?

Grand Dieu, je ne suis pas aussi savantissime

que ces messieurs de la Faculté de Philosophie.

Je suis bĂȘte. Je ne comprends rien Ă  rien.

Je suis donc forcé de boucher les trous de mon savoir.

Et quand puis-je le faire ? »

Bertolt Brecht, La vie de Galilée (1955).

Traduction d’Eloi Recoing

« Les milieux ne sont pas des contenants passifs,

mais des processus actifs. »

Marchall Mc Luhan, Pour comprendre les médias (1964).

Extrait de l’introduction Ă  la deuxiĂšme Ă©dition.

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Bruno Devauchelle : L’image, une question d’éducation ?

20 October 2023 at 05:00

A l’heure oĂč l’image est constante, qu’elle distille informations et fake news, Bruno Devauchelle, chercheur spĂ©cialiste du numĂ©rique en Ă©ducation, analyse la place de son Ă©ducation dans le cursus scolaire des Ă©lĂšves, place trĂšs limitĂ©e. « Il semble nĂ©cessaire que l’image, fixe ou animĂ©e, fasse rĂ©ellement l’objet d’un travail constant en Ă©ducation, aussi bien Ă  l’école qu’en dehors. Cela commence par une sensibilisation des enseignants dĂšs leur formation initiale » Ă©crit-il.

 

Une image contenant texte, Appareil de communication, fournitures de bureau, Appareil de communications portable Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement La simple observation des usages des smartphones et de certains rĂ©seaux sociaux numĂ©riques met en Ă©vidence la place prise par l’image fixe ou vidĂ©o dans notre vie quotidienne. Le monde scolaire, arc-boutĂ© sur le lire, l’écrire et le compter, sait-il a quel point il est urgent de s’emparer de la question des images comme Ă©lĂ©ment dĂ©sormais central du dĂ©veloppement personnel et collectif ? Chaque Ă©vĂšnement est dĂ©sormais traduit par la diffusion de photos ou de vidĂ©os issues de nos smartphones, comme en tĂ©moignent les vidĂ©os de l’attentat d’Arras ou de Bruxelles. Mais, plus encore, notre vie quotidienne est dĂ©sormais accompagnĂ©e d’un aller-retour constant entre la visualisation d’images partagĂ©es ou non, et la prise de photos ou de vidĂ©os, partagĂ©es, elles aussi ou non. Ainsi que le note AndrĂ© Gunthert dans un entretien Ă  LibĂ©ration, on conserve davantage de ces photos qu’on ne les partage, mais ce partage a Ă©tĂ© amplifiĂ© dans l’espace numĂ©rique social. Or le partage public par les parents de photos de leurs enfants n’est pas sans interroger les pratiques privĂ©es publiques autour de l’image de soi, l’image des proches. De mĂȘme l’exposition de soi par les jeunes et les enfants eux-mĂȘmes confirme l’importance de pratiques qui, chez les adultes, sont trĂšs courantes, au risque de dĂ©tournements devenus de plus en plus courants
 du fait des moyens technologiques de retouche voir de modification profonde d’image et de vidĂ©o, quand ce n’est pas simplement la fabrication automatique (deep fake
).

 

La place de l’image en Ă©ducation, pas vraiment nouveau !

L’éducation Ă  l’image n’est pas nouvelle ! Et pourtant elle n’a pas dans la scolaritĂ© la place qu’elle a dans la sociĂ©tĂ© actuelle. On se rappelle cet ouvrage rĂ©guliĂšrement rééditĂ© : “petite fabrique de l’image” (Forzat JC, Garat AM, Parfait F. Magnard, 1988) dont l’objectif Ă©tait de fournir un outil au service de l’éducation Ă  l’image, qui Ă©tait prĂ©vue dans le cadre des programmes des enseignants de lettres au collĂšge. Rappelons aussi le travail de RenĂ© la Borderie dans son ouvrage de 1996 “Education Ă  l’image et aux mĂ©dias” qui fait suite Ă  un travail initiĂ© dĂšs 1964, ce qui tĂ©moigne de la permanence de la question de la place Ă  donner Ă  l’image en Ă©ducation. Rappelons encore l’histoire de l’association “Langage Total” au travers de cet article : ” Du cinĂ©-club Ă  la pĂ©dagogie du langage total” (A. Vallet, Études 1966/7 (Tome 325), pages 31 Ă  45) qui montre aussi l’importance de cette articulation Ă©cole/sociĂ©tĂ©. L’école peut-elle encore ignorer l’image, elle qui l’utilise de plus en plus au quotidien.

Si vous allez dans la plupart des salles de classe, vous y dĂ©couvrirez un vidĂ©oprojecteur ou un tableau numĂ©rique interactif. Du primaire au lycĂ©e, l’affichage en grand est dĂ©sormais permis pour les images numĂ©risĂ©es, fixes ou animĂ©es. Les plus anciens se rappellent avec nostalgie ces panneaux colorĂ©s, cartes gĂ©ographiques, historiques, ou schĂ©mas de toutes sortes destinĂ©s Ă  expliquer aux Ă©lĂšves. Les autres se rappelleront aussi les diapositives projetĂ©es sur un mur et mĂȘme dĂšs le dĂ©but des annĂ©es 60 – 70, l’utilisation des vidĂ©os pour illustrer un enseignement (l’auteur se rappelle le documentaire tĂ©lĂ©visĂ© consacrĂ© Ă  Gaston Bachelard projetĂ© en classe de philosophie en 1973). Les enseignants ont depuis toujours identifiĂ© le potentiel mobilisateur et pĂ©dagogique des supports visuels. Est-ce pour autant qu’ils en maĂźtrisent les codes et savent les analyser, les comprendre, les expliquer ?

 

Quelques repùres sur l’image et ses usages

On propose en premier lieu de (re)lire l’ouvrage “L’image partagĂ©e, La photographie numĂ©rique” d’AndrĂ© Gunthert (textuel 2015) qui fournit de nombreuses clefs de comprĂ©hension et d’analyse que l’on peut prolonger par le suivi de son blog qui actualise ce travail. On propose ensuite de s’interroger Ă  propos des pratiques “visuelles” des Ă©lĂšves. Outre la frĂ©quence de visualisation, les sources qu’ils utilisent, leurs fabrications, pour l’enseignant, il s’agit de situer la maniĂšre dont les Ă©lĂšves “vivent” avec les images pour ensuite pouvoir intĂ©grer cela Ă  leurs propres usages pĂ©dagogiques des supports visuels. On propose aussi aux enseignants de fabriquer eux-mĂȘmes des vidĂ©os et de faire des photos pour en mesurer et comprendre le passage du fait Ă  sa reprĂ©sentation. Lors de l’engouement pour les classes inversĂ©es, nous avons pu observer l’analyse critique que font des enseignants des productions de leurs collĂšgues. Nous avons pu observer combien le regard est formatĂ© par les habitudes personnelles basĂ©es sur les pratiques culturelles de l’image, en particulier liĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision. En proposant Ă  des Ă©lĂšves de lycĂ©e professionnel regarder un journal tĂ©lĂ©visĂ© traditionnel, il y a prĂšs de quarante annĂ©es, nous avons pu observer combien l’accĂšs Ă  la comprĂ©hension des contenus Ă©tait diversifiĂ© et souvent trĂšs rĂ©duit. Outre la comprĂ©hension des commentaires, cela croisait la perception des images et vidĂ©os utilisĂ©es pour illustrer les sujets abordĂ©s, ce qui amenait les Ă©lĂšves Ă  ne se souvenir que de peu de choses et d’évacuer rapidement tous les passages qui ne les intĂ©ressent pas directement (biais de conformitĂ© oblige) ou qu’ils ne comprenaient pas (biais d’ignorance).

 

Éduquer aux images : et le contexte !

Il semble nĂ©cessaire que l’image, fixe ou animĂ©e, fasse rĂ©ellement l’objet d’un travail constant en Ă©ducation, aussi bien Ă  l’école qu’en dehors. Cela commence par une sensibilisation des enseignants dĂšs leur formation initiale. Apprendre Ă  identifier nos faiblesses d’analyse personnelle est un Ă©lĂ©ment essentiel pour commencer. Par la confrontation des lectures possibles, par des mises en situation de consommation et de production pĂ©dagogique, suivis d’une approche critique de tous ces supports visuels, il s’agit d’engager l’enseignant dans une posture de distance critique avec les supports visuels. L’un des aspects les plus importants de cette approche est celui de la contextualisation du support. Image fixe ou vidĂ©o, le support visuel a une histoire un contexte, un avant et un aprĂšs, un champ et un hors champ
 et aussi une intention. Envahis que nous sommes au quotidien par la multiplicitĂ© des images, il nous arrive souvent d’en oublier la complexitĂ© mĂȘme et donc les significations possibles.

 

Le doute pour construire le sens

Vis Ă  vis des Ă©lĂšves, le questionnement des supports visuels doit ĂȘtre constant et prĂ©sent dans toutes les disciplines. D’abord parce que ces images ne sont que la “fabrication” technique de faits rĂ©els ou imaginĂ©s. Ensuite parce que la complexitĂ© d’un support visuel est toujours Ă  expliciter. Enfin parce que l’image touche aussi aux Ă©motions voir Ă  l’affect et qu’il faut accepter de reconnaĂźtre cela pour soi, car cela amĂšne Ă  des comprĂ©hensions partielles ou partiales. Chaque jour les Ă©lĂšves, les jeunes utilisent des images pour leur propre loisir et intĂ©rĂȘt en dehors des activitĂ©s scolaires. Il suffit d’observer l’usage de ces vidĂ©os courtes, de ces images de toute nature, qu’une personne regarde sur son smartphone lors des moments dits interstitiels (transports, rĂ©crĂ©ations, attentes
) pour comprendre que la premiĂšre perception est avant tout une “im-pression”. La perception initiale d’un contenu visuel est d’abord sensible, affective, bref cela touche Ă  nos Ă©motions et Ă  nos centres de prĂ©occupation et d’intĂ©rĂȘt avant mĂȘme toute forme de prise de distance et d’analyse critique. On rĂ©torquera qu’il faut vivre avec son temps et accepter cela ! Nous proposons plutĂŽt une Ă©ducation au doute, Ă  l’interrogation, mĂȘme a posteriori pour que le sensationnel ne prenne pas le dessus sur le rĂ©el !

 

Bruno Devauchelle

 

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Réécrire le rÚglement intérieur en langue égalitaire ?

20 October 2023 at 05:00

Hubertine Auclert Ă©crivait dans « Le Radical » le 18 avril 1898 « L’omission du fĂ©minin dans le dictionnaire contribue plus qu’on ne le croit Ă  l’omission du fĂ©minin dans le droit. L’émancipation par le langage ne doit pas ĂȘtre dĂ©daignĂ©e ». Aurait-elle imaginĂ© que 128 ans plus tard la question n’aurait toujours pas Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e, que la lĂ©gitimitĂ© de celle-ci serait encore discutĂ©e, jusqu’aux bancs mĂȘmes de l’AssemblĂ©e Nationale le 12 octobre 2023 ? Convaincue que la langue peut ĂȘtre un vrai levier en matiĂšre de lutte contre les discriminations, et menant de nombreux projets autour de l’égalitĂ© entre les filles et les garçons, la CitĂ© scolaire de l’Iroise Ă  Brest s’est lancĂ© le dĂ©fi de réécrire en langue Ă©galitaire son rĂšglement intĂ©rieur. Myriam Lechevalier-Bekadar, professeuse d’Histoire-GĂ©ographie au collĂšge, et Chantal Philippe, professeuse-documentaliste au lycĂ©e, reviennent, pour l’ensemble du groupe investi dans le projet, sur ce travail de rĂ©daction Ă  plusieurs mains.

 

Une image contenant ciel, plein air, arbre, bĂątiment Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquementSur quelles convictions votre projet s’appuie-t-il ?

Quand on croit aux « forces de l’écrit », on sait bien que le monde ne changera pas vraiment sans que ne changent les mots pour le dire, et donc qu’une reprĂ©sentation plus inclusive par une langue plus Ă©galitaire est un outil certes insuffisant, mais prĂ©cieux pour lutter contre l’invisibilisation des femmes, et donc pour l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes.

C’est d’ailleurs ce que ne cessent de prĂ©coniser de nombreux textes officiels depuis la « Commission de terminologie chargĂ©e d’étudier les possibilitĂ©s de la fĂ©minisation des noms de mĂ©tiers, titres et fonctions » mise en place en 1984 par Roudy, jusqu’au B.O de 2021, sous le ministĂšre Blanquer « RĂšgles de fĂ©minisation dans les actes administratifs du ministĂšre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports et les pratiques d’enseignement », en passant par le guide publiĂ© sous le gouvernement Jospin « Femmes, j’écris ton nom  », ou la Circulaire du 21 novembre 2017 relative aux rĂšgles de fĂ©minisation et de rĂ©daction des textes publiĂ©s au Journal officiel de la RĂ©publique française sous celui de Philippe.

Car si on retient parfois de certains de ces textes uniquement ce qu’ils proscrivent (essentiellement l’usage du point mĂ©dian), on oublie qu’absolument tous prescrivent l’usage d’une langue moins sexiste par le recours Ă  la fĂ©minisation des mĂ©tiers, voire Ă  l’usage de la double flexion ou de la forme Ă©picĂšne.

L’Education nationale a bien Ă©videmment un rĂŽle prĂ©pondĂ©rant Ă  jouer dans ce mouvement de dĂ©masculinisation et refĂ©minisation de la langue, et se doit, elle qui a au cƓur de sa mission la lutte contre les discriminations, de montrer l’exemple. Alors qu’attendions-nous pour nous attaquer au rĂšglement intĂ©rieur justement destinĂ© Ă  la totalitĂ© de la communautĂ© Ă©ducative (y compris aux Ă©lĂšves et aux familles) et consultable par tous et toutes ?

 

Comment le groupe s’est-il constituĂ© et comment a-t-il travaillĂ© ?

Pour comprendre notre travail, il faut remonter un peu dans le temps. Depuis plusieurs annĂ©es un certain nombre d’actions Ă©taient menĂ©es dans l’établissement autour de l’égalitĂ© filles / garçons, mais de maniĂšre assez confidentielle, un peu chacun.e dans son coin, et en ayant du mal Ă  se diffuser et Ă  crĂ©er de vĂ©ritables synergies.

A la rentrĂ©e 2016, a germĂ© alors l’idĂ©e de monter le « Groupe Mixité », avec l’aide de la rĂ©fĂ©rente acadĂ©mique de l’époque, Nicole Guenneugues. Son objectif Ă©tait de fĂ©dĂ©rer, mutualiser un peu tout ce qui se faisait, de donner aussi davantage de lĂ©gitimitĂ©, de poids, de visibilitĂ©, de cohĂ©rence, de susciter les bonnes volontĂ©s, d’impulser une dimension plus collective
Pendant un an, en rĂ©alitĂ© cela en a pris deux, le groupe s’est donnĂ© pour objectif de rĂ©diger une Charte « EgalitĂ© filles / garçons » pour formuler un certain nombre d’engagements collectifs de l’établissement.

Mais une fois dĂ©fini.es des orientations et des enjeux, il fallait aussi accompagner la mise en Ɠuvre de cette Charte. Pour mener Ă  bien ces nouveaux dĂ©fis, le groupe s’est peu Ă  peu renouvelĂ©, de nouvelles personnes se sont inscrites dans le dispositif, venant enrichir la rĂ©flexion. Se sont organisĂ©s aussi des temps de formation en direction de l’ensemble des collĂšgues. Le groupe, par exemple, a ainsi fait venir GaĂ«l Pasquier et Fanny Gallot pour une prĂ©sentation de leur livre J’enseigne l’égalitĂ© filles-garçons.

Un des articles de la Charte proposait de « Favoriser l’utilisation d’une communication sans stĂ©rĂ©otype de sexe ». Article compliquĂ© Ă  formuler et Ă  mettre en Ɠuvre, car sur ce sujet, malgrĂ© les directives ministĂ©rielles, demeurent pas mal d’incomprĂ©hension et d’idĂ©es reçues, donc d’hostilitĂ©, exprimĂ©e plus ou moins explicitement. Mais nous avons eu la chance que les chefs qui se sont succĂ©dĂ© depuis la constitution du groupe, aient tous Ă©tĂ© favorables au travail que nous menions.

A la rentrĂ©e 2022, une Ă©quipe rĂ©duite, composĂ©e de trois femmes, enseignantes, et d’un homme, conseiller principal d’éducation, s’est donc attelĂ©e, avec l’appui sans faille du Proviseur de la CitĂ© scolaire, et l’assentiment de l’ensemble du C.A, Ă  la réécriture du rĂšglement intĂ©rieur du LycĂ©e pour le mettre aux normes d’une langue plus Ă©galitaire. Nous avons commencĂ© Ă  travailler en Ă©tant convaincu.es qu’en 2 ou 3 heures de relecture le tout serait bouclĂ©. Cela a Ă©tĂ© en rĂ©alitĂ© « un peu » plus long, car bien que l’établissement soit actif sur les questions d’égalitĂ© filles/ garçons, le rĂšglement intĂ©rieur n’avait jamais Ă©tĂ© toilettĂ© sous cet angle. Il restait donc assez « archaĂŻque » : fonctions encore uniquement masculinisĂ©es ou fĂ©minisĂ©es, selon les unes et les autres, usage systĂ©matique du masculin invisibilisant totalement les femmes, aucun recours aux formes Ă©picĂšnes ou Ă  la double flexion 
 Mais tout chronophage qu’il ait Ă©tĂ©, ce travail de fourmi a aussi Ă©tĂ© beaucoup plus enthousiasmant que ce que nous imaginions, se transformant en vĂ©ritable jeu de traque. Et nous avons pu prĂ©senter le nouveau rĂšglement au C.A de juin 2023 qui l’a adoptĂ© Ă  l’unanimitĂ©.

 

Pouvez-vous donner quelques exemples de réécriture ?

Certaines situations sont simples Ă  rĂ©soudre par l’utilisation de la double flexion : « Le chef d’établissement » devient « Le chef ou la cheffe d’établissement », ou d’une forme Ă©picĂšne  « Les parents » deviennent « Les responsables ». Il faut toutefois gagner en astuce parfois pour allĂ©ger le texte d’une double flexion systĂ©matique. Par exemple « Tout Ă©lĂšve » peut bien sĂ»r devenir « Tout et toute Ă©lĂšve », mais ce redoublement systĂ©matique est lourd ; donc on va alors plutĂŽt chercher une reformulation telle que « Chaque Ă©lĂšve ».

Mais d’autres situations sont plus complexes, en particulier lorsqu’on veut Ă©viter d’utiliser le masculin comme un neutre universel, ou le laisser « l’emporter sur le fĂ©minin ». Dans ce cas on se trouve face Ă  un vĂ©ritable jeu de réécriture. Par exemple : « Les lycĂ©ens doivent ĂȘtre ponctuels pour ne pas perturber le bon dĂ©roulement du cours par correction Ă  l’égard du professeur » va devenir « Les Ă©lĂšves ont une obligation de ponctualitĂ© pour ne pas perturber le bon dĂ©roulement des cours par correction Ă  l’égard de l’équipe enseignante ». Autre exemple : « L’inscription d’un Ă©lĂšve vaut adhĂ©sion aux dispositions du prĂ©sent rĂšglement et engagement de s’y conformer pleinement. Tout membre du personnel est habilitĂ© Ă  faire respecter ce rĂšglement   » va devenir « L’inscription de chaque Ă©lĂšve vaut adhĂ©sion aux dispositions du prĂ©sent rĂšglement et engagement de s’y conformer pleinement. Toute personne appartenant au personnel est habilitĂ©e Ă  faire respecter ce rĂšglement   ».

Cette lecture nous a aussi permis de rĂ©aliser combien les mentalitĂ©s ont Ă©voluĂ© ; Ă  l’article sur les discriminations il n’était fait mention ni de la question du handicap, ni de celle de l’identitĂ© de genre, que nous avons donc ajoutĂ©es au passage.

 

Quelques regrets et quelques conseils pour ceux et celles qui voudraient se lancer dans un tel projet ?

Des regrets bien sĂ»r : ne pas avoir, par exemple, pu finaliser aussi le rĂšglement intĂ©rieur du collĂšge, ne pas avoir impliquĂ© d’élĂšves, mais cela aurait demandĂ© un temps de formation dont nous ne disposions pas, ne pas avoir prĂ©sentĂ© au moins le rĂ©sultat terminĂ© au CVL, mais lĂ  aussi le temps nous a manquĂ©, ou imaginĂ© d’idĂ©es d’exploitation par les P.P 
 Mais tout cela peut encore se construire.

Quelques suggestions mĂ©thodologiques, mais Ă  chacun.e d’inventer ses modalitĂ©s :

S’assurer des soutiens institutionnels (chef.fe d’établissement + membres du CA), avoir un argumentaire simple en tĂȘte si besoin, et s’inscrire dans une dĂ©marche plus globale afin de lĂ©gitimer plus facilement le projet.

Rester dans un cadre lĂ©gal, et parler d’écriture Ă©galitaire plutĂŽt que d’écriture inclusive, l’expression Ă©tant souvent mal comprise.

Travailler dans un 1er temps sur format papier, Ă  plusieurs (mais en Ă©quipe rĂ©duite), en prĂ©sentiel, de maniĂšre synchrone pour se mettre au fur et Ă  mesure d’accord sur la reformulation, et sur des plages horaires rĂ©duites : au bout de 2 heures ça pique vraiment les yeux !

Varier la reformulation : Ă©viter le recours systĂ©matique Ă  la double flexion qui rallonge le texte, et ne rĂšgle pas tous les problĂšmes d’accord, ne pas toujours mettre le masculin avant le fĂ©minin, ou l’inverse. L’ordre l’alphabĂ©tique est prĂ©conisĂ©, mais la variĂ©tĂ© est bienvenue


Derniers conseils : se dire qu’il y aura forcĂ©ment des oublis, mais que ce n’est pas bien grave, et surtout, surtout RESTER CALME FACE AUX OBSTACLES !

 

Propos recueillis par Claire Berest

Ecriture inclusive ; la circulaire est publiée sur le site du Café pédagogique.

Eléonore Baude : enseigner un français égalitaire, enfin sur le site du Café pédagogique.

Lien vers le guide Femmes, j’écris ton nom


 

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Conférence des terrains Innovants à Educatech le 17 novembre

20 October 2023 at 05:00

Une image contenant texte, Visage humain, habits, capture d’écran Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquement La prochaine confĂ©rence des Terrains Innovants aura lieu le 17 novembre Ă  9h30 au salon Educatech.

Vanda Luengo, professeure d’informatique Ă  la Sorbonne Nouvelle, parlera « Feedback et intelligence artificielle dans les ressources pĂ©dagogiques »

De nombreux travaux ont dĂ©jĂ  dĂ©montrĂ© l’impact positif sur l’apprentissage des rĂ©troactions (ou feedbacks) dans les environnements informatiques pour l’apprentissage humain (EIAH). Au-delĂ  de la cognition de l’apprenant, les rĂ©troactions peuvent Ă©galement impacter son Ă©tat Ă©motionnel, sa motivation ou des aspects mĂ©tacognitifs tels que son sentiment d’auto-efficacitĂ©.
A travers des exemples et retours d’expĂ©riences, nous mettrons en avant que la montĂ©e en puissance des IA gĂ©nĂ©ratives est un rĂ©el terrain de jeu pour l’écriture de rĂ©troactions Ă©laborĂ©es et personnalisĂ©es Ă  l’état de l’apprenant sur le plan cognitif, mĂ©tacognitif et Ă©motionnel.

Pour s’inscrire et bĂ©nĂ©ficier d’un badge visiteur, c’est ici

 

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Prix Samuel Paty 2023-2024

20 October 2023 at 05:00

ImageSamedi 14 octobre, le prix Samuel Paty était remis à trois classes de collÚge et trois classes de lycée dans le majestueux amphithéùtre de la Sorbonne.

Pour 2023-2024, l’APHG organisatrice de l’évĂšnement propose aux Ă©lĂšves de plancher sur le thĂšme : « La laĂŻcitĂ© Ă  l’École : un principe pour se respecter ? »

Cette Ă©dition, la troisiĂšme, est destinĂ©e aux Ă©lĂšves du cycle 3 de l’école Ă©lĂ©mentaire – CM1 et CM2, aux classes des collĂšges, aux classes des lycĂ©es gĂ©nĂ©raux et technologiques, et des lycĂ©es professionnels.

Pour plus d’informations, c’est ici

 

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L’expo de la semaine : « Explorer l’infiniment  »

20 October 2023 at 05:00

Pourquoi explorer ? Comment explorer ? Qui explore ? Jusqu’au oĂč ? Le musĂ©e des Arts et MĂ©tiers rĂ©pond Ă  toutes ces questions. Sa nouvelle exposition temporaire, « Explorer l’infiniment  » se penche sur des aventures scientifiques exceptionnelles, Ă  la dĂ©couverte de mondes lointains, fascinants, et parfois inaccessibles. Elle propose aux visiteurs de partir Ă  la dĂ©couverte de cinq domaines : les infiniment loin, profond, ancien, petit et grand. Elle prĂ©sente plus de 120 objets, tĂ©moins de dĂ©fis scientifiques hors normes. Les jeunes sont trĂšs attendus Ă  cet Ă©vĂ©nement, en famille ou avec leurs enseignants, beaucoup d’activitĂ©s leur sont particuliĂšrement rĂ©servĂ©es. Un livret d’aide Ă  la visite est disponible pour les 4-6 ans en famille, un livret est prĂ©vu aussi pour les adultes. Les enseignants peuvent organiser des visites libres gratuites de l’exposition, sur rĂ©servation.

 

Une image contenant texte, capture d’écran, affiche, art Description gĂ©nĂ©rĂ©e automatiquementCinq univers

Les sujets d’exploration Ă©tant multiples, l’exposition s’est focalisĂ©e sur cinq thĂšmes : les espaces lointains avec la figure emblĂ©matique d’un explorateur, les profondeurs des ocĂ©ans, le passĂ© de la Terre, la structure de la matiĂšre et les mondes planĂ©taires. Chaque section a une ambiance distincte avec des jeux de couleurs variĂ©s.

Le parcours embarque tout d’abord les visiteurs sur les traces de Jean-Baptiste Charcot, Ă  la dĂ©couverte des pĂŽles, environnement hostile et derniĂšre terra incognita. L’exploration se poursuit par une immersion dans les abysses sous-marins, riches en trĂ©sors et en ressources. Vient ensuite un voyage dans le temps : comment arrivons nous Ă  comprendre notre passĂ© et celui de notre planĂšte ? Cette section met l’accent sur les techniques au service de cette remontĂ©e du temps grĂące notamment Ă  la stratigraphie et explore les diffĂ©rentes façons de dater la matiĂšre. La suite du pĂ©riple, l’Infiniment petit, mĂšne dans les trĂ©fonds de la matiĂšre, sur la piste de particules Ă©lĂ©mentaires. L’une d’elles, le neutrino, pourrait dĂ©tenir la clĂ© d’une des Ă©nigmes de la physique : l’absence d’antimatiĂšre dans l’Univers. Enfin, dans l’Infiniment grand, les visiteurs sont invitĂ©s Ă  scruter le ciel, de la Lune jusqu’à Mars, frontiĂšre actuelle de l’exploration physique, et Ă  s’interroger sur la question vertigineuse de l’existence de la vie au-delĂ  de notre planĂšte. Une dizaine de dispositifs de mĂ©diation complĂšte le parcours de l’exposition.

 

Une installation artistique

Une installation artistique prolonge l’exposition dans le parcours permanent du musĂ©e des Arts et MĂ©tiers. La sculptrice Anilore Banon est sur le point de rĂ©aliser un projet hors du commun : envoyer une Ɠuvre d’art sur la Lune, un phare pour la paix. Sa sculpture, Vitae, embarque un million d’empreintes de mains symbolisant l’humanitĂ© rassemblĂ©e. Sa prĂ©sentation est accompagnĂ©e par des croquis explorant la dĂ©marche artistique de la sculptrice.

 

Autour de l’exposition

À l’occasion de l’exposition « Explorer l’infiniment  », le musĂ©e propose une programmation ludique et familiale, pour apprĂ©hender toutes les facettes de l’exploration. La saison culturelle 2023/2024 est rythmĂ©e par trois grands week-ends Ă©vĂ©nementiels et de nombreuses propositions pour les nocturnes du vendredi, en accĂšs gratuit.

Trois week-ends sont particuliĂšrement rĂ©servĂ©s aux familles, avec rencontres, ateliers, contes, visites, jeux et activitĂ©s proposĂ©s en lien avec des organismes de recherche : Les 4 et 5 novembre 2023, Explorer l’Espace, en partenariat avec le CNES, les 17 et 18 fĂ©vrier 2024, Explorer l’OcĂ©an, en partenariat avec le CNRS, les 4 et 5 mai 2024, Explorer la Terre, en partenariat ave l’Inrap.

De novembre 2023 Ă  avril 2024, une fois par mois, le musĂ©e programme un cycle de projections suivies de rencontres avec des scientifiques et des cinĂ©astes pour Ă©changer sur les grands enjeux de l’exploration, d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Des visites guidĂ©es de l’exposition sont prĂ©vues chaque week-end et tous les jours durant les vacances scolaires, elles peuvent ĂȘtre suivies d’ateliers. Le musĂ©e propose aussi aux enfants accompagnĂ©s d’un adulte, une visite atelier, En route moussaillon aux 4-6 ans, et une visite atelier, Partons en exploration ! aux 7-12 ans.

 

Pour le public scolaire

Les professeurs peuvent organiser des visites libres de l’exposition, elles sont gratuites, pour les Ă©lĂšves de moins de 26 ans et leurs accompagnateurs, mais doivent se rĂ©server sur le site du musĂ©e. Pour plus d’information, il est possible de contacter l’équipe des professeurs-relais : musee.profsrelais@lecnam.net Des dossiers documentaires sont Ă©galement Ă  la disposition des enseignants sur des objets phares du musĂ©e.

 

Béatrice Flammang

L’exposition «  Explorer l’infiniment  »

https://www.arts-et-metiers.net/musee/explorer-linfiniment

L’espace rĂ©servĂ© aux enseignants

https://www.arts-et-metiers.net/musee/scolaires

 

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Claire Dreyfus : Une enquĂȘte de terrain en rĂ©alitĂ© augmentĂ©e

20 October 2023 at 05:00

“On doit mobiliser tous ses sens pour faire apprĂ©hender l’espace”. Professeure au collĂšge Rosa Parks de Toulouse, Claire Dreyfus invite ses Ă©lĂšves Ă  un jeu de dĂ©couverte de la ville grĂące Ă  un jeu installĂ© sur leur smartphone. Une dĂ©marche qui amĂšne les Ă©lĂšves Ă  une dĂ©couverte sensorielle de leur environnement et les professeurs Ă  coopĂ©rer.

 

Un jeu de piste sur le terrain via son smartphone

A l’origine de cette dĂ©marche l’application Gaya, dĂ©veloppĂ©e par le studio montpelliĂ©rain Atlantide pour crĂ©er des jeux historiques ou des visites guidĂ©es. Claire Dreyfus, avec ses collĂšgues Valentin Sanouiller, Lucile Landragin, Karine Nguyen, Christine Hernandez et Perrine Gourio, s’en empare. De lĂ  naissent deux jeux tĂ©lĂ©chargeables. Un pour rĂ©aliser une enquĂȘte de terrain dans l’environnement du collĂšge. Et un autre, axĂ© sur les risques naturels locax, prĂ©sentĂ© au festival de gĂ©ographie de Saint DiĂ©.

“On utilise une application numĂ©rique”, rappelle Claire Dreyfus. “Mais le jeu se fait dehors, en jeu de piste, sur le terrain”. Des Ă©nigmes, incluses dans l’application, guide les Ă©lĂšves. A Saint DiĂ© par exemple, le jeu axĂ© sur le changement climatique invite Ă  visiter une cour d’école vĂ©gĂ©talisĂ©e, un ilot de fraicheur, une voie cyclable,les traces d’un glissement de terrain, des ruches, un verger pĂ©dagogique, une rĂ©sidence construite en bois – paille et une usine expĂ©rimentant des brise soleil.

 

De la géo de terrain

“L’idĂ©e de base c’est de sortir de faire de la gĂ©o de terrain”, explique Claire Dreyfus. “On s’arrĂȘte pour Ă©couter des bruits, on observe. On est en prise avec le rĂ©el”. Le numĂ©rique est lĂ  pour guider et amener le cotĂ© ludique qui peut sĂ©duire les Ă©lĂšves au point qu’ils en oublient d’avoir mal aux pieds. “C’est une entrĂ©e plus Ă©vidente pour faire sentir des activitĂ©s et toucher d’une autre maniĂšre l’habitĂ©â€.

D’aprĂšs Claire Dreyfus, l’application Gaya est facile Ă  utiliser et on peut ainsi l’adapter pour les sorties gĂ©ographiques que l’on rĂȘve faire. Selon l’ñge des Ă©lĂšves l’encadrement adulte sera plus ou moins important. Les Ă©lĂšves circulent en groupe avec un seul smartphone Ă©quipĂ© de l’application. Ils solutionnent ensemble les Ă©nigmes. Les Ă©lĂšves doivent ensuite rĂ©aliser un croquis gĂ©ographique. Ces croquis sont repris en classe entiĂšre pour un apprentissage de la cartographie et la rĂ©alisation d’une trace Ă©crite commune.

 

Coopérer en équipe

“Je suis convaincue que la dimension sensible doit ĂȘtre intĂ©grĂ©e en gĂ©ographie. On doit mobiliser tous ses sens pour faire apprĂ©hender l’espace”, nous dit Claire Dreyfus. “Cette expĂ©rience m’a confortĂ©e dans l’idĂ©e que c’est bien de sortir avec les Ă©lĂšves pour faire de la gĂ©o”.

Elle tient aussi Ă  une autre dimension de la sortie gĂ©ographique. “Cette sortie aide aussi au travail en Ă©quipe. C’est une façon de coopĂ©rer entre professeurs. Et ça aussi c’est important


 

Propos recueillis par François Jarraud

La séquence Saint Dié

 

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Histoire : De l’ennui jaillit la sĂ©quence

20 October 2023 at 05:00

“C’est d’un Ă©chec qu’est nĂ© mon dĂ©sir de crĂ©er quelque chose de ludique pour mes classes de 2nde professionnelle. Il y a deux ans, lorsque j’ai fait l’introduction du premier thĂšme d’histoire : L’expansion du monde connu, la rĂ©action des Ă©lĂšves n’était pas celle que j’attendais. Les Ă©lĂšves soufflaient, bavardaient et ne faisaient pas le travail. En faisant Ă  nouveau chez moi le travail demandĂ© aux Ă©lĂšves durant cette sĂ©ance, le constat Ă©tait sans appel : on s’ennuie. Des cartes, des cartes, des cartes. Ce n’était pas variĂ©, pas assez concret”. Quentin Torres-Rebours, professeur au lycĂ©e professionnel D Papin de La Courneuve (93) se lance dans la rĂ©alisation d’un jeu vidĂ©o sur le voyage de C Colomb. Les Ă©lĂšves naviguent dans le jeu et tiennent un journal de bord.

Sur le site de Créteil

 

 

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La flamme de l’égalitĂ© ne s’éteint pas

20 October 2023 at 05:00

“RĂ©sister Ă  l’esclavage : survivre, s’opposer, se rĂ©volter”, c’ets le thĂšme de la 9Ăšme Ă©dition du concours La flamme de l’égalitĂ©. Les Ă©lĂšves ont jusqu’au 31 mars pour s’inscrire et mener un projet sur ce thĂšme. Autour d’un travail de mĂ©moire et d’histoire, il est proposĂ© aux Ă©lĂšves de rĂ©aliser collectivement une production de forme libre (tĂ©moignage, dessin, texte lu, chanson, spectacle, exposition, BD, vidĂ©o, etc.), qui peut ĂȘtre entreprise dans toutes les disciplines (histoire, français, langues, arts, Ă©ducation physique et sportive, etc.). Quelle que soit la forme d’expression choisie, ce projet est transmis sous la forme d’un fichier numĂ©rique selon les modalitĂ©s techniques et le calendrier prĂ©cisĂ©s dans le rĂšglement figurant ci-aprĂšs.

Le concours

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Décrypter le conflit Israël Hamas

20 October 2023 at 05:00

” Souvent moins violentes que les images ou les caricatures, les cartes peuvent servir Ă  documenter l’évolution des Ă©vĂ©nements et Ă  prendre du recul en mettant en perspective dans le temps et dans l’espace. L’instrumentalisation politique de certaines cartes invite cependant Ă  faire preuve de recul critique face Ă  un conflit complexe et multidimensionnel, oĂč l’émotion l’emporte souvent sur l’analyse.” Le blog Cartographies numĂ©riques met en Ă©vidence des façons diffĂ©rentes de cartographier le conflit. Il donne des pistes pour mettre ces cartes en perspective. Il ouvre des pistes de rĂ©flexion pour enseigner ce conflit.

Sur Cartographies numériques

 

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L’Expresso du 19 octobre 2023

19 October 2023 at 06:45

L’Expresso du 19 octobre 2023

- Le fait du jour -

La commission de l’éducation de l’AssemblĂ©e nationale rĂ©tablit les postes supprimĂ©s au budget 2024, soit 1709 pour le 1er degrĂ© et 481 pour le second. Elle revalorise aussi les mĂ©decins et infirmiĂšres de l’Education nationale et, beaucoup plus modestement, les AESH et les professeurs stagiaires. Ces amendements soulignent les limites d’un budget prĂ©sentĂ© comme “historique”


Le SĂ©nat a adoptĂ© le 16 octobre le projet de loi de programmation des finances publiques pour les annĂ©es 2023 Ă  2027. Ce texte dĂ©cide une rĂ©duction de 5% du nombre des fonctionnaires. AppliquĂ© Ă  l’Education nationale, cela entrainerait la suppression de 43 000 postes.   Un projet modifiĂ© par le SĂ©nat DĂ©posĂ© en septembre


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Yves Reuter, chercheur, signe un court texte Ă  la mĂ©moire de Dominique Bernard, dont les funĂ©railles ont lieu aujourd’hui.   Un enseignant de plus assassinĂ©. J’ose espĂ©rer que tous ceux qui parlaient des enseignants comme des islamo-gauchistes auront la pudeur de se taire Ă  l’avenir. J’ose espĂ©rer que tous ceux qui les encensent aujourd’hui prendront


- Le systĂšme -

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L’AECSE s’est rĂ©unie jeudi 12 octobre afin de discuter du projet de rĂ©forme de la formation initiale des professeurs. L’Association des enseignant·e·s et chercheur·e·s en sciences de l’éducation s’étonne que les enseignants et chercheurs en charge de la formation des enseignants n’aient pas Ă©tĂ© invitĂ©s « à participer aux discussions rĂ©cemment engagĂ©es sur les Ă©volutions envisagĂ©es » 

- Les disciplines -

Etre debout «stehen», rĂ©sister «widerstehen», comprendre «verstehen». Enseigner avec les mots, nos outils pour transmettre. Des mots pour dire et lire le monde. Des armes que l’on aimerait toutes-puissantes. Pour DjĂ©hanne Gani, enseignante d’allemand, langue de dĂ©clinaisons, c’est la dĂ©clinaison sĂ©mantique de « stehen », se tenir debout, que lui a inspirĂ© la situation de


- La classe -

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Mais qui sont donc les coordonnateurs et coordonnatrices de rĂ©seaux ? Pierre angulaire des rĂ©seaux d’éducation prioritaire, leurs missions restent mĂ©connues et la reconnaissance de l’institution Ă  leur Ă©gard tarde Ă  venir. Lors de la rencontre organisĂ©e par l’Observatoire des Zones Prioritaires, mercredi 11 octobre, plusieurs coordonnateurs sont venus tĂ©moigner de leur expĂ©rience professionnelle.   Les


- Le systĂšme -

Les associations de spécialistes invitent à écrire aux parlementaires

« Avec le rĂ©tablissement des Ă©crits de spĂ©cialitĂ© en juin, demandĂ© par l’ensemble de la communautĂ© Ă©ducative, le MinistĂšre semblait enfin avoir pris en compte la rĂ©alitĂ© du terrain et les importantes difficultĂ©s d’application de la rĂ©forme du lycĂ©e en vigueur depuis 2018. DĂšs lors, les annonces bien tardives du 28 septembre sonnent comme une douche


- La classe -

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Les 21 et 22 novembre 2023, le Cnesco organise une confĂ©rence de comparaisons internationales qui portera sur la question du bien-ĂȘtre Ă  l’école. La confĂ©rence s’intĂ©ressera notamment Ă  la problĂ©matique suivante : « Comment les Ă©coles et les Ă©tablissements scolaires peuvent-ils favoriser le bien-ĂȘtre de leurs Ă©lĂšves et de leurs personnels ? » Cette confĂ©rence,


- L'élÚve -

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Le musĂ©e d’art et d’histoire du JudaĂŻsme propose aux jeunes des ateliers pendants les vacances d’automne. Le mardi 24 octobre, de 14h Ă  15h30, l’atelier Petit vampire en ombres et lumiĂšre invite les enfants de 4 Ă  7 ans Ă  dĂ©couvrir l’univers Petit Vampire de Joann Sfar, a créé Ă  leur tour des personnages et


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Le samedi 4 et le dimanche 5 novembre 2023, de 11h Ă  17h, le Centre Pompidou invite les familles Ă  deux journĂ©es festives et crĂ©atives : Une programmation exceptionnelle qui rĂ©serve de nombreuses surprises Ă  partager. En particulier, l’exposition-atelier « Magicienne de la terre » leur est ouverte. La Galerie des enfants est transformĂ©e, jusqu’au 22 avril 2024,


- Les disciplines -

Accueil | Ă©duscol | MinistĂšre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse - Direction gĂ©nĂ©rale de l'enseignement scolaire

Sur le site Eduscol plusieurs ressources sont proposĂ©s aux enseignants de LLCER. En Allemand, Anglais, Anglais contemporain et Espagnol, le site propose des ressources par thĂ©matiques abordĂ©es en PremiĂšre et Terminale. Pour plus d’informations: ici  

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Et si vous partiez vous formez aux États-Unis pendant l’été ? La commission franco-amĂ©ricaine Fulbright France propose une bourse Ă  deux enseignants français dans le cadre du sĂ©minaire d’étĂ© « Study of the U.S. Institutes for Secondary School Educators and Administrators » aux Etats-Unis, programme rendu possible grĂące au soutien de l’Ambassade des Etats-Unis en France


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L’Institut Goethe de Munich a publiĂ© le 27 septembre 2023 sa dĂ©cision de fermeture prochaine des Instituts Goethe de Bordeaux, Lille et Strasbourg. L’ADEAF dĂ©plore le mauvais signal que l’Allemagne envoie Ă  la France alors que celle-ci peine Ă  recruter des enseignants d’allemand et que l’apprentissage de l’allemand ne cesse de rĂ©gresser tant auprĂšs des


L'édito

L’École, toujours debout

Aujourd’hui, cela fait trois ans. Trois ans que l’infĂąme a frappĂ© notre Ă©cole en plein cƓur. Trois ans que le terrorisme a attaquĂ© ce qui fait notre RĂ©publique. Alors que nous pleurons encore Samuel Paty, il y a trois jours, l’infĂąme a Ă  nouveau frappĂ©. Dominique Bernard est mort, assassinĂ© par un ancien Ă©lĂšve. Un


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Les disciplines

Les derniers Expressos

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Stehen – Widerstehen – Verstehen

19 October 2023 at 06:36

Etre debout «stehen», résister «widerstehen», comprendre «verstehen».

Enseigner avec les mots, nos outils pour transmettre. Des mots pour dire et lire le monde. Des armes que l’on aimerait toutes-puissantes. Pour DjĂ©hanne Gani, enseignante d’allemand, langue de dĂ©clinaisons, c’est la dĂ©clinaison sĂ©mantique de « stehen », se tenir debout, que lui a inspirĂ© la situation de l’École, et de ses professeurs, debout.

 

«STEHEN»

L’Ecole est debout «stehen», elle fait face. En allemand, «stehen» signifie «se tenir debout», «ĂȘtre». On y a l’image d’un corps en position verticale. Et ce corps qui se tient debout, qui fait face, aujourd’hui, m’évoque celui de mon collĂšgue Dominique Bernard, qui s’était levĂ© ce matin-lĂ  («aufstehen» en allemand) pour transmettre des connaissances, pour Ă©duquer notre jeunesse Ă  l’esprit et Ă  la pensĂ©e critique et libre.

Le verbe «Stehen» m’évoque aussi aujourd’hui ces vers de Paul Celan (1920-1970), poĂšte de langue allemande :

«STEHEN, im Schatten
Des Wundenmals in der Luft»

«Tenir debout, dans l’ombre

du stigmate des blessures en l’air » (traduction de Jean-Pierre Lefebvre)

Oui, on (se) tient debout, meurtris, souvent dans l’ombre, et aujourd’hui, assombris par les forces obscurantistes qui s’opposent Ă  nos mission d’éducation et d’émancipation mais qui les justifient et les rendent nĂ©cessaires, d’autant plus et plus que jamais. Assombris et dans l’ombre, nous travaillons avec nos Ă©lĂšves, malgrĂ© les attaques et feux lancĂ©s, ces Ă©clairages dĂ©calĂ©s par rapport Ă  notre rĂ©alitĂ©, contrefeux par rapport Ă  nos besoins, nos analyses. Ces contrefeux nous attaquent aussi, car nous aimerions dire la beautĂ© de notre mĂ©tier, ses rĂ©elles difficultĂ©s et la vision de l’École que nous voulons: je souhaiterais une Ă©cole qui rende de la dignitĂ© et de la joie Ă  tous ceux qui l’habitent, qui y apprennent, qui y enseignent. Je souhaiterais renouer avec la joie de l’apprendre, loin des polĂ©miques, comme des passions tristes ou assassines.

 

«WIDERSTEHEN»

Se lever (aufstehen), se tenir debout (stehen), c’est rĂ©sister (widerstehen,littĂ©ralement en allemand ĂȘtre debout, contre, comme l’exprime le prĂ©fixe «wider»). L’École se tient debout, elle est un lieu de forces vives et engagĂ©es au service de l’émancipation de nos Ă©lĂšves, et elle combat les idĂ©ologies obscurantistes. A ce titre, l’École est attaquĂ©e pour ce qu’elle est et incarne: l’École publique, laĂŻque forme des esprits Ă©clairĂ©s, lutte contre les fanatismes et stigmatisations, elle est un lieu de transmission de savoirs Ă©mancipateurs, dans un esprit d’ouverture et de rationalitĂ©, un lieu d’apprendre et de vivre-ensemble.

Transmettre, Ă©duquer Ă  l’esprit et pensĂ©e libres, n’est-ce pas aussi rĂ©sister aux pressions et Ă  la culture ambiante, celle de la culture de l’instantanĂ© et de l’urgence du « tout et tout de suite», des «fake news», du zapping, du dĂ©ni de la science ?

Comprendre, «verstehen» en allemand, demande du temps. L’éducation a besoin de temps, le temps de l’apprendre, de comprendre. L’École rĂ©siste Ă  l’aliĂ©nation de l’accĂ©lĂ©ration dont parle si bien le sociologue allemand Hartmut Rosa. L’éducation est rĂ©sistance Ă  la barbarie, Ă  l’inhumanitĂ©, Ă  la dĂ©shumanisation, Ă  la perte d’humanitĂ© et ne doit-elle pas nous relier au monde, Ă  soi et Ă  l’autre?

 

«Verstehen»

La discipline que j’enseigne, l’allemand, demande du temps. Et enseigner ma discipline, dĂ©jĂ , c’est une forme de rĂ©sistance face Ă  l’hĂ©gĂ©monie ou domination d’autres langues, c’est aussi un combat, pour avoir des Ă©lĂšves. C’est une discipline menacĂ©e pour diverses raisons. Mais au-delĂ  de la langue que j’enseigne, apprendre demande de la patience. Enseigner demande du temps. De la patience. Dans une Ă©poque oĂč tout s’accĂ©lĂšre, doit aller vite. OĂč on zappe. OĂč l’intelligence artificielle peut traduire instantanĂ©ment, il faut alors rĂ©sister Ă  la tentation de la facilitĂ©, de l’adĂ©quation algorithmique, car une langue, n’est pas uniquement la concordance d’un mot Ă  l’autre, mais c’est apprendre une culture, une maniĂšre de voir le monde, dans sa pluralitĂ©, et ainsi de mieux comprendre le sien au regard d’un autre. La confrontation, la comparaison linguistique et culturelle enrichissent le rapport Ă  sa langue maternelle. Comprendre l’autre demande du temps, de la patience. L’École ne doit-elle pas ĂȘtre pas ce lieu du temps d’apprĂ©hension et de comprĂ©hension de l’autre, qui rĂ©siste par essence?

Tenir debout et rĂ©sister: L’École est debout, c’est un «stehen» de rĂ©sistance, d’acharnement, de sa raison d’ĂȘtre intrinsĂšque.

Djéhanne Gani

 

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